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La prévention en action au Fare Ora de Mahaena


Plusieurs stands et conférences ont animé cette matinée de promotion de la santé (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Plusieurs stands et conférences ont animé cette matinée de promotion de la santé (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 9 octobre 2026 – Plusieurs associations et professionnels de santé étaient réunis dans les jardins du Fare Ora de Mahaena, ce vendredi matin. Les habitants de Hitia’a o te Ra pouvaient profiter de leurs démarches administratives ou médicales pour s’informer sur des sujets variés, du dépistage des maladies cardio-vasculaires aux bienfaits d’une alimentation locale et variée, recettes à l’appui.
 

Inauguré fin avril 2025, le Fare Ora de Hitia’a o te Ra, à Mahaena, a déjà rendu service à 13.500 personnes. Il a la particularité d’offrir un accès de proximité à des soins de santé et à des services administratifs. Après des débuts compliqués, il est désormais doté de deux médecins. Ce vendredi matin, le site a accueilli dans ses jardins son premier grand événement de promotion de la santé, organisé dans le cadre d’un partenariat entre le club Soroptimist de Tahiti-Papeete et la commune de Hitia’a o te Ra.
 
Les visiteurs ont pu trouver une oreille attentive auprès des bénévoles de SOS Suicide, ou encore de l’association Hei Ora pour l’accompagnement des victimes des essais nucléaires. La Fédération citoyenne polynésienne de lutte contre les drogues et la toxicomanie (FCPLDT) était également représentée pour sensibiliser face au fléau de l’ice et informer sur les modalités de prise en charge.
 


Dépistage et conseils


Mais ce sont les maladies cardiovasculaires qui étaient au cœur de ce rendez-vous. “Beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont malades, donc on encourage les gens à aller vers leur médecin. L’hygiène de vie compte beaucoup : manger équilibré, faire du sport et, si possible, arrêter la cigarette”, rappelle Sandrine, infirmière en cardiologie, sur le stand de prise de tension et de dépistage du diabète. Une thématique sur laquelle le club Soroptimist met l’accent depuis quelques années. “Notamment les symptômes chez les femmes, qui peuvent paraître plus banals”, remarque Naja Charreard, secrétaire du club philanthropique. Les participantes sont d’ailleurs reparties avec un pense-bête listant ces symptômes : au-delà de l’oppression thoracique ou des difficultés à respirer, une fatigue persistante, des troubles digestifs ou encore l’anxiété peuvent alerter, pour ne citer que quelques exemples. “En Polynésie, le nombre d’AVC explose avec des femmes de plus en plus jeunes, dès 30 ans”, constate la référente, sans oublier les infarctus du myocarde.
 
Un sujet pris au sérieux par la commune de Hitia’a o te Ra. Plusieurs élus et agents étaient d’ailleurs mobilisés. “Si on ne prend pas soin de notre santé, dont notre cœur, tout part en vrille ! On s’inquiète pour notre population et nos enfants. Malgré la pluie, on est content de la mobilisation. D’autres projets sont en cours de réflexion avec la commission de la santé, en essayant de tourner dans les quatre communes associées”, indique Tiare Vahine, sixième adjointe au maire, accompagnée de Linda Iotua, agent du guichet unique de Tiarei engagée depuis plusieurs années dans la prévention.
 
Une démarche visiblement appréciée par les administrés. “Ce n’est pas souvent que c’est organisé chez nous, donc on est venues en profiter”, confie Gelia, accompagnée de sa mère, âgée de 84 ans. Résidente de Tiarei, Danouchka, 36 ans, a vu deux avantages à cette manifestation : “Il y a plein de petites choses qu’on peut mettre en place chacun à son niveau. Ça m’a aussi permis de découvrir le Fare Ora, où on a accès à plusieurs services”.
 

L’alimentation comme alliée

Certains stands permettaient de joindre les conseils à l’exemple. Pour sa première action, la jeune association Tifai taamu ia nati, représentée par Jacqueline Pouira, n’était pas venue les mains vides : “On propose des fruits et légumes locaux à déguster avec du coco râpé. Ce n’est pas ce qui manque de Papeno’o à Hitia’a ! Manger local, c’est bon pour la santé”.
 
C’était aussi le message porté par la Direction de la santé, par la voix d’Adelaïde Tamaku. “Les eaux infusées sont des alternatives aux boissons sucrées, qu’on peut préparer soi-même ou en famille, idéalement en utilisant ce qu’on a dans son jardin”, explique l’infirmière en promotion de la santé, venue présenter deux recettes, l’une à base de quartiers d’agrumes congelés, l’autre de goyaves et aromates mixés. Et pour “mettre du vert dans son assiette”, c’est un ouvrage réalisé en 2019 par la Communauté du Pacifique Sud (CPS) qui est mis en avant pour valoriser les feuilles comestibles en cuisine. “C’est économique et bon pour la santé”, souligne-t-elle, citant les jeunes feuilles de faux-caféier et de patate douce.


Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Vendredi 9 Octobre 2026 à 17:04 | Lu 227 fois