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La mission "aller vers" accélère l'indemnisation des victimes


Tahiti, le 3 août 2026 – Aller chercher les victimes plutôt que d'attendre qu'elles se manifestent. C'est toute la philosophie de la mission "aller vers", créée fin 2021 par le haut-commissariat pour faciliter l'accès à l'indemnisation des conséquences des essais nucléaires. Selon son rapport d'activité 2025 publié lundi, 546 dossiers complets ont été transmis l'an dernier au Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), soit près de 19 % de plus qu'en 2024.
 
 
Quatre ans après sa création, la mission "aller vers" s'est imposée comme un rouage essentiel du dispositif d'indemnisation des victimes des essais nucléaires. Mise en place à la suite de l'engagement pris par Emmanuel Macron lors de sa visite en Polynésie en juillet 2021, elle a pour objectif d'identifier les personnes susceptibles d'être indemnisées au titre de la loi Morin, de les informer et surtout de les accompagner dans la constitution de dossiers souvent complexes.

Le rapport d'activité publié lundi met en avant une nouvelle progression de son activité. En 2025, 546 dossiers complets ont été transmis au Civen, contre 460 un an plus tôt. À lui seul, ce dispositif avait déjà représenté plus de 60 % des demandes déposées auprès du comité en 2024, confirmant son rôle majeur dans l'accès des Polynésiens au mécanisme d'indemnisation.

Pour expliquer cette progression, le haut-commissariat insiste sur la philosophie même de cette mission : ne pas attendre que les victimes se manifestent, mais aller à leur rencontre. Depuis 2022, les agents se sont déplacés dans 59 îles ou communes associées, réparties sur les cinq archipels, y compris dans des atolls ne bénéficiant pas toujours d'une desserte aérienne ou maritime régulière. Près de 1 750 personnes ont ainsi été rencontrées.
 
Un accompagnement de proximité
 
L'accompagnement ne se limite d'ailleurs pas à une simple information. Les agents, tous polynésiens et parlant le reo tahiti, assistent les demandeurs dans la recherche des pièces administratives et médicales nécessaires. Grâce à des procurations, ils peuvent effectuer directement certaines démarches auprès des administrations ou des établissements de santé afin de faciliter la constitution des dossiers, avant leur transmission au Civen, seule autorité compétente pour décider d'une éventuelle indemnisation.

Dans son communiqué, le haut-commissaire Alexandre Rochatte rappelle que cette mission répond à une volonté simple : "aller directement au contact des personnes concernées, où qu'elles vivent, afin qu'aucune victime potentielle ne renonce à faire valoir ses droits faute d'information ou en raison de la complexité des démarches administratives". Il rappelle enfin que toute personne ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 et atteinte de l'une des 23 maladies reconnues par la loi Morin peut solliciter une indemnisation. Si la victime est décédée, la demande peut également être présentée par un ayant droit, dans les conditions prévues par la loi.

Cette mission pourrait toutefois bientôt s'inscrire dans un cadre renouvelé. À Paris, la proposition de loi portée par la députée Mereana Reid-Arbelot doit encore achever son parcours parlementaire. Elle prévoit plusieurs mesures destinées à simplifier et élargir l'indemnisation des victimes des essais nucléaires et de leurs ayants droit. Si le texte est définitivement adopté, la mission du haut-commissariat sera appelée à accompagner les demandeurs dans la mise en œuvre de cette réforme.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 3 Août 2026 à 12:39 | Lu 410 fois