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La lutte polynésienne se prépare pour les Jeux


Tous les meilleurs lutteurs et lutteuses du Fenua étaient présents ce week-end à la salle Maco-Nena de Papeete.
Tous les meilleurs lutteurs et lutteuses du Fenua étaient présents ce week-end à la salle Maco-Nena de Papeete.

Tahiti, le 19 avril 2026 - Samedi et dimanche, au complexe Bambridge, a eu lieu une compétition de lutte libre et de lutte gréco-romaine, ainsi que de wrestling beach et de ma’ona. Un événement organisé par la FPLAJDA qui poursuit son processus de sélection en vue des Jeux du Pacifique 2027. Des initiatives qui vont permettre aux futurs représentants de se préparer dans les meilleures conditions, car l’objectif principal sera d’aller chercher l’or à Tahiti. 

 

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, la Fédération polynésienne de lutte, MMA, BJJ et disciplines associées (FPLAJDA) a organisé un rassemblement de ses lutteurs et lutteuses afin qu’ils puissent s’opposer, performer et progresser. Une volonté de tirer les athlètes du Fenua vers le haut en vue des prochains Jeux du Pacifique. Mais tout le monde ne pourra pas y participer, et ces journées de compétition, avec les championnats de Polynésie et les performances sur des tournois internationaux, compteront pour la sélection finale qui sera dévoilée début 2027. 

 
Ce week-end, nous avons rassemblé tout le monde sur cette compétition. Tous les clubs sont présents avec leurs meilleurs lutteurs. Ils vont s’affronter par catégories d’âge (U17, U20 et seniors) et de poids. C’est une compétition sous forme de tableau avec des éliminations directes pour identifier les meilleurs. Il reste encore des compétitions pour performer et nous avons déjà une pré-liste établie, grâce aux résultats aux Oceania et aux championnats de France, mais rien n’est fait. Chacun peut aller chercher sa place. Pour nous, le but est de prendre ceux qui ont le meilleur niveau pour aller chercher l’or”, un objectif que le président de la fédération, Hiro Lemaire, a fixé comme prioritaire. 

 

Toujours à la recherche du meilleur pour ses athlètes, le président a fait venir un cadre technique de la Fédération française de lutte afin de détecter, former et encadrer les forts potentiels lors de séances spécifiques. “C’était un souhait de notre part, car nous voulons mettre tous les moyens de notre côté pour mettre en place la bonne stratégie et aller le plus haut possible. Son analyse et son expérience vont nous permettre de mieux travailler et d’avoir une préparation digne de cet événement.” 

 

Des compétences pour aller chercher l’or 

 

Et cet homme providentiel n’est autre que Thierry Bourdin. Ancien lutteur de haut niveau ayant participé aux plus grandes compétitions internationales, comme les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, l’Auvergnat est devenu cadre au sein de la Fédération française de lutte après une carrière bien remplie. Présent au Fenua depuis mardi, le conseiller technique national connaît les enjeux d’une telle compétition et sait ce qu’il doit apporter à la lutte polynésienne. 

 
“Je suis déjà venu deux fois sur des stages, je commence à connaître le territoire et ses enjeux sportifs. C’est vrai que la culture de la lutte n’est pas très présente ici, comparé au MMA ou au jiu-jitsu brésilien, mais il y a vraiment de forts potentiels et des clubs qui travaillent très bien. Je suis venu ici pour partager mon expérience et optimiser le travail sur la lutte olympique.” Un regard privilégié qui va permettre aux lutteurs de grandir. “Il y a vraiment des lutteurs et des lutteuses qui ont de vraies qualités, avec beaucoup de détermination dans les combats. Après, la lutte est un long chemin vers la performance, car il faut maîtriser énormément de paramètres comme la technique, la stratégie et le mental. Mais leur état d’esprit de guerrier est déjà une valeur importante.” 

 

Et lorsque l’on parle de guerrier, un nom resurgit immédiatement : Tamaterai Hervé. Le jeune espoir de la lutte polynésienne est en train de devenir l’un des fers de lance de la future sélection. Récent vainqueur des Oceania en lutte gréco-romaine U20 (-72 kg), il a aussi assuré une magnifique médaille d’argent en lutte libre. Fraîchement rentré de métropole après sa participation aux championnats de France, Tamaterai a repris le chemin des tatamis polynésiens pour poursuivre sa quête de sélection pour les Jeux du Pacifique. 
On a déjà eu une journée comme celle-là en février et c’est toujours bien d’y participer, car il faut beaucoup travailler pour progresser et être performant. Cela nous permet aussi d’accumuler des points qui nous permettent d’être classés sur une ranking list et, selon notre position, de pouvoir postuler à la sélection. Je rentre aussi de France où j’ai pu m’entraîner en club et participer aux championnats. C’était une super expérience. Même si le niveau de la compétition était très relevé, j’ai pu voir ce que je devais travailler. Je profite donc des moments avec Thierry pour m’améliorer et progresser”, explique-t-il. 

 

Des entraînements qui vont permettre à notre jeune ‘aito d’aller batailler aux championnats du monde qui se dérouleront en août en Slovaquie. “C’est une première étape qui va vite arriver. Donc je travaille beaucoup, car j’ai pas mal de petites choses à améliorer, surtout au niveau mental quand j’aborde mes combats. Je profite de toutes les compétences que la fédération met à notre disposition et j’espère partir en stage en Géorgie pour peaufiner ma préparation.” 

 

Bien encadrés, nos athlètes iront puiser au plus profond d’eux-mêmes pour aller chercher une place dans la dernière liste et représenter au mieux le Fenua lors des Jeux du Pacifique 2027. 

 



Rédigé par Manu Rodor le Dimanche 19 Avril 2026 à 19:31 | Lu 268 fois