Tahiti le 13 avril 2026. Dans un entretien exclusif à l'AFP lundi, le président des Palaos a indiqué que la Chine se montrait "très insistante" dans ses demandes pour que les Palaos abandonnent leur reconnaissance diplomatique de Taïwan.
Lors de sa visite à Auckland, en Nouvelle-Zélande, Surangel Whipps Jr, qui dirige ce micro-Etat, a alerté sur les pressions chinoises et sur le changement climatique ainsi que sur la montée des prix du pétrole qui frappent son pays.
Cet Etat de Micronésie fait partie des 12 pays qui reconnaissent Taïwan de façon officielle et s'est retrouvé il y a quelques années au coeur d'une furieuse polémique diplomatique concernant le statut de l'île revendiquée par la Chine.
Pékin a notamment interdit officieusement à ses ressortissants de se rendre dans les îles Palaos, pourtant tributaires du tourisme.
"La Chine a très clairement fait savoir que nous devions rompre avec Taïwan" a expliqué M. Whipps."Nous avons répondu : +nous n'avons pas d'ennemis, mais personne ne nous dit qui sont nos amis+."
"Je comprends leur position, et nous avons clairement fait connaître la nôtre," a déclaré le président tout en insistant: "Ceux d'entre nous qui sont alignés sur Taïwan ont les mêmes droits que ceux qui sont alignés sur la Chine et nous devrions être traités de la même façon".
Regarder ses îles disparaître
"Il y a une île aux Palaos qui fait aujourd'hui un tiers de la taille qu’elle avait en 1980, lorsque je l'ai visitée pour la première fois" s'est désolé M. Whipps, qui a également averti sur les difficultés pour de nombreuses nations de comprendre l'étendue de la menace du changement climatiques pour des pays tels que le sien.
Les Palaos sont extrêmement vulnérables à la montée des eaux provoquée par le changement climatique et le président a reconnu que certains atolls pourraient disparaître ces prochaines années.
Début septembre, le pays accueillera un événement spécial sur le climat dans le cadre de la 55e réunion des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, en amont de la COP31 qui se tiendra cette année en Turquie.
"Je vais aller leur parler et leur dire: +autant nous bombarder+, parce que, vous savez, ce que nous vivons en ce moment, c'est comme une mort lente, et nous regardons les îles disparaître", a-t-il déclaré.
"Nous perdons la terre, qui est la source de notre culture."
Crise pétrolière
Les Palaos, comme d'autres pays du Pacifique dépendent des importations de diesel.
La grimpée des prix du pétrole provoqué par la guerre au Moyen-Orient a un "impact important" sur la vie quotidienne de ses citoyens, prévient M. Whipps.
"Cela a des répercussions sur l'ensemble de l'économie et bien sûr sur les individus et leurs moyens de subsistance", soutient-il tout en précisant que 70% de l'énergie du pays vient de centrales générées au diesel, et que les prix avaient doublés.
"Le prix de l'essence n'a pas doublé, mais il a augmenté d'au moins 50% et pour les personnes qui doivent faire la navette, c'est un lourd fardeau", a-t-il ajouté.
"Nous constatons que cela a un impact important sur la vie quotidienne de nos concitoyens."
`





























