Tahiti, le 2 septembre 2026 - La Chambre territoriale des comptes tire la sonnette d'alarme sur la situation financière de l'APair-Apurad, association pivot du système de santé pour la prise en charge des insuffisances rénales et respiratoires en Polynésie française.
À l’examen des comptes de l’Apair-Apurad, la CTC dresse un constat préoccupant pour cette association qui occupe une place centrale dans le système de santé polynésien, à qui est dévolue la prise en charge des patients dialysés et de ceux en insuffisance respiratoire.
Si la gouvernance de l’association s’est progressivement structurée, entre 2021 et 2024 plusieurs fragilités structurelles sont relevées par la CTC qui observe une déterioration de sa structure financière : durant la période d’observation, les produits d’exploitation n’ont progressé que de 3,5 %, quand les charges augmentaient de 12,6 %. En 2024, l’association affichait ainsi un déficit d’exploitation d’environ 115 millions de francs.
Le coût du personnel (plus de 130 salariés) constitue l’un des principaux points de vigilance. Les charges de personnel ont progressé de plus de 22 % entre 2021 et 2024 pour représenter près de 52 % du chiffre d’affaires. La Chambre estime que le pilotage des ressources humaines en matière de rémunération et de gestion de la paie, reste insuffisamment structuré et expose l’association à des risques juridiques et financiers.
L’APair-Apurad a commencé à prendre des mesures drastiques... Un projet de rénovation des accords d’entreprise prévoit de revoir le temps de travail et certaines modalités de rémunération. L’association estime les économies potentielles à 30,22 millions de francs par an. La Chambre l’encourage à poursuivre dans cette direction, en particulier sur les rémunérations accessoires.
Cette hausse des dépenses intervient alors que plusieurs activités connaissent des difficultés. Entre 2022 et 2024, la situation financière de la quasi-totalité des centres de dialyse s’est dégradée, qu’ils aient été auparavant excédentaires ou déficitaires.
À noter que la dialyse à domicile, pourtant particulièrement importante en Polynésie en raison de la dispersion géographique du territoire, reste fragile.
À l’examen des comptes de l’Apair-Apurad, la CTC dresse un constat préoccupant pour cette association qui occupe une place centrale dans le système de santé polynésien, à qui est dévolue la prise en charge des patients dialysés et de ceux en insuffisance respiratoire.
Si la gouvernance de l’association s’est progressivement structurée, entre 2021 et 2024 plusieurs fragilités structurelles sont relevées par la CTC qui observe une déterioration de sa structure financière : durant la période d’observation, les produits d’exploitation n’ont progressé que de 3,5 %, quand les charges augmentaient de 12,6 %. En 2024, l’association affichait ainsi un déficit d’exploitation d’environ 115 millions de francs.
Le coût du personnel (plus de 130 salariés) constitue l’un des principaux points de vigilance. Les charges de personnel ont progressé de plus de 22 % entre 2021 et 2024 pour représenter près de 52 % du chiffre d’affaires. La Chambre estime que le pilotage des ressources humaines en matière de rémunération et de gestion de la paie, reste insuffisamment structuré et expose l’association à des risques juridiques et financiers.
L’APair-Apurad a commencé à prendre des mesures drastiques... Un projet de rénovation des accords d’entreprise prévoit de revoir le temps de travail et certaines modalités de rémunération. L’association estime les économies potentielles à 30,22 millions de francs par an. La Chambre l’encourage à poursuivre dans cette direction, en particulier sur les rémunérations accessoires.
Cette hausse des dépenses intervient alors que plusieurs activités connaissent des difficultés. Entre 2022 et 2024, la situation financière de la quasi-totalité des centres de dialyse s’est dégradée, qu’ils aient été auparavant excédentaires ou déficitaires.
À noter que la dialyse à domicile, pourtant particulièrement importante en Polynésie en raison de la dispersion géographique du territoire, reste fragile.
Pénurie de néphrologues
Le manque de néphrologues, médecins spécialisés dans les maladies rénales, constitue à une source d’inquiétude. Début 2026, l’association comptait trois néphrologues pour un besoin estimé à cinq. La Chambre estime que cette pénurie fait peser un risque organisationnel sur la continuité des soins et invite l’association à anticiper davantage ses besoins médicaux.
Le service de soins à domicile n’échappe pas aux difficultés. Ses marges se sont nettement tendues sous l’effet de la hausse du coût des consommables et de la contraction de l’activité.
L’association a par ailleurs recentré son périmètre d’intervention. Elle a notamment arrêté en 2024 ses activités de nutrition parentérale à domicile et d’insulinothérapie par pompe.
Mais c’est sur le terrain fiscal que se trouve l’une des principales menaces pour l’avenir de l’association. L’APair-Apurad, qui réalise plus de 2 milliards de francs de chiffre d’affaires annuel, évolue dans un environnement où existent des opérateurs privés, notamment dans la dialyse et les soins à domicile. La Direction des impôts et des contributions publiques a donc remis en cause le régime fiscal dont bénéficiait l’association au titre de son caractère non lucratif.
À ce titre, une notification adressée en décembre 2025 fait état d’un redressement fiscal de 262,92 millions de francs pour les exercices 2022 à 2024, au titre de l’impôt sur les sociétés, la TVA, la patente, la taxe d’apprentissage et l’impôt foncier. À cela s’ajoute une charge estimée à 50 millions de francs par an à partir de 2025. Des discussions entre l’association et l’administration fiscale étaient encore en cours au premier semestre 2026.
Cette remise en cause fiscale interroge plus largement le modèle de l’APair-Apurad. Le conseil d’administration s’était lui-même interrogé en 2025 sur la pérennité du modèle économique de l’association sous sa forme actuelle. Un audit consacré à sa restructuration avait notamment invité l’association à réfléchir au périmètre et à la nature de ses activités.
Un déficit qui pourrait atteindre 400 millions
La combinaison de ces difficultés pèse lourdement sur les comptes. La trésorerie et les capitaux propres se sont érodés et l’association reste très dépendante des recettes issues de la tarification de ses prestations, principalement versées par la Caisse de prévoyance sociale.
Dans l’attente des comptes définitifs, le déficit prévisionnel pour 2025 est estimé à près de 400 millions de francs. Et le risque que fait peser sur cette association un potentiel redressement fiscal est de nature à mettre en péril sa pérennité.
La Chambre considère donc désormais comme indispensable la mise en place d’un véritable plan de redressement. Elle demande à l’Apair-Apurad d’adopter avant la fin de 2026 une trajectoire financière assortie d’objectifs chiffrés et d’un calendrier, avec pour finalité de contenir la progression des charges au niveau de celle des produits.
D'un autre côté, la gouvernance de l’association s’est améliorée, notamment depuis 2025 avec la création d’un secrétariat général, mais la Chambre demande encore une formalisation plus poussée des délégations de pouvoirs et de signature.
Certaines opérations passées sont pointées comme l’acquisition, en 2021, de parts sociales dans une société civile immobilière à Paris. La gestion du bionettoyage, passée successivement de l’externalisation à la filialisation puis à l’internalisation entre 2020 et 2023, est considérée comme insuffisamment sécurisée sur le plan juridique et déontologique.
Ce rapport d’observation de la Chambre territoriale des comptes rapport est rendu sous la présidence de Jean-Luc Le Mercier. Le message de la juridiction est clair : l’association doit désormais revoir son modèle de gestion, maîtriser ses charges et sécuriser son statut et sa gouvernance.
Les recommandations de la CTC
La Chambre recommande ainsi de mieux encadrer les opérations patrimoniales, de renforcer les règles déontologiques et de clarifier les politiques de rémunération.
Elle préconise la mise en place d’un référentiel de rémunération et un meilleur encadrement des rémunérations accessoires.
Elle invite l’association à clarifier son statut juridique au regard de la nature et du périmètre de ses activités.
Elle recommande d’anticiper davantage les besoins médicaux, notamment en néphrologues, et de réfléchir à une meilleure répartition des tâches au sein des équipes.
La Chambre demande surtout l’adoption, avant la fin de 2026, d’un plan de redressement financier avec des objectifs chiffrés et un calendrier de mise en œuvre.
L’élaboration d’une stratégie pluriannuelle permettant de maîtriser les dépenses, de sécuriser les investissements et de rétablir durablement les équilibres financiers est également fortement recommandé.
Elle préconise la mise en place d’un référentiel de rémunération et un meilleur encadrement des rémunérations accessoires.
Elle invite l’association à clarifier son statut juridique au regard de la nature et du périmètre de ses activités.
Elle recommande d’anticiper davantage les besoins médicaux, notamment en néphrologues, et de réfléchir à une meilleure répartition des tâches au sein des équipes.
La Chambre demande surtout l’adoption, avant la fin de 2026, d’un plan de redressement financier avec des objectifs chiffrés et un calendrier de mise en œuvre.
L’élaboration d’une stratégie pluriannuelle permettant de maîtriser les dépenses, de sécuriser les investissements et de rétablir durablement les équilibres financiers est également fortement recommandé.
































