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L'emploi salarié garde le cap en 2025


Tahiti, le 14 octobre 2026 - Malgré un léger ralentissement de son rythme de croissance, le marché du travail polynésien confirme sa solidité en 2025, selon la note publiée cette semaine par l’Institut de la statistique en Polynésie française. Boosté par le dynamisme du commerce et la vitalité du secteur touristique, le nombre de salariés franchit un nouveau cap, tandis que le pouvoir d’achat résiste à l’inflation. 

 

Le marché de l’emploi en Polynésie française poursuit sa progression. Selon le dernier bilan annuel publié par l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) à partir des données de la Caisse de prévoyance sociale (CPS), le nombre d’emplois salariés déclarés s'est établi à 75 755 en moyenne sur l'année 2025. Cela représente une hausse de 2,5 % par rapport à 2024, soit 1 810 créations nettes d'emplois sur douze mois. 

Si ce rythme est légèrement plus modéré que celui enregistré l’année précédente (+2,9 %), il traduit néanmoins une expansion continue et homogène au sein du tissu économique local, tout en s'affirmant comme l'une des progressions les plus mesurées des quatre dernières années. 

 


Le tourisme et le commerce, moteurs de l'économie

C’est sans surprise le secteur tertiaire marchand qui demeure le principal moteur de cette dynamique créatrice de postes, pesant pour près de deux tiers de la hausse globale. L’hôtellerie et la restauration affichent une santé remarquable avec une augmentation des effectifs de 3,8 %, franchissant le seuil des 9 000 salariés (330 emplois supplémentaires). La restauration (+3,9 %) et l'hébergement (+3,8 %) progressent de concert, profitant de la fréquentation touristique. 

Dans le même sillon, les transports et l'entreposage observent une croissance de leurs effectifs de 2,5 %, tirée notamment par la hausse marquée du travail dans les transports aériens (+4,3 %) et maritimes (+4,2 %). 

Le commerce, de son côté, pèse désormais pour 15 % du total des salariés du Pays, avec 11 715 emplois (+2,9 %). Cette performance est largement portée par la grande distribution alimentaire et le commerce de détail (+3,4 %), illustrée par la poussée marquée des supermarchés dont les effectifs bondissent de 6,9 %. 

Parmi les autres branches du privé, le secteur primaire enregistre une progression importante de +4,2 % (notamment grâce à l'agriculture et à la sylviculture), tandis que le BTP repart à la hausse (+2,6 %) sous l'impulsion du gros œuvre et du second œuvre. L'industrie gagne quant à elle 1,7 % d'effectifs grâce à l'agroalimentaire. 


Des salaires en hausse, au-dessus de l'inflation

Sur le plan financier, l'année 2025 marque une amélioration modérée du pouvoir d'achat des salariés. Le salaire moyen en équivalent temps plein (ETP) s'établit à 363 400 francs brut par mois (309 300 francs net), enregistrant une progression de 1,5 %. Cette revalorisation dépasse légèrement l'augmentation de l'indice des prix à la consommation, qui s’est élevée à 1,3 % sur la période, maintenant ainsi le gain en pouvoir d'achat en territoire positif. 

Le salaire brut moyen réel s'élève pour sa part à 318 900 francs par mois, pour un temps de travail mensuel moyen ajusté à 148,3 heures. En fin d'année, la moitié des salariés gagne moins de 240 200 francs brut mensuel (salaire médian brut). Toutefois, le temps partiel – qui concerne 33,2 % des employés – explique pourquoi 21 % de l'ensemble des salariés perçoivent un revenu mensuel inférieur au Smig (fixé à 173 181 francs pour 169 heures). 

La masse salariale totale injectée dans l'économie polynésienne progresse ainsi de 4,2 % pour frôler les 290 milliards de francs. 


PME et inégalités : le profil du marché du travail

L’analyse de la structure des entreprises révèle que l'économie locale repose toujours massivement sur un réseau de petites structures : 85 % des 6 870 employeurs répertoriés emploient moins de dix personnes. Néanmoins, ce sont les entreprises de taille moyenne (de 10 à 249 salariés) qui portent le plus fort levier d'embauche en 2025, comptant pour 1,9 point dans les 2,5 % de croissance globale. Les dix plus grands employeurs du territoire concentrent à eux seuls 19 % de l'ensemble des salariés. 

Enfin, le bilan 2025 met en lumière la persistance de disparités entre les sexes, bien qu'elles tendent à s'atténuer au fil des ans. Tous emplois confondus, le salaire net moyen perçu par les femmes demeure inférieur de 7 % à celui des hommes (un écart divisé par deux en dix ans), principalement en raison du recours plus fréquent au temps partiel chez les femmes (36 % contre 31 %) et des heures supplémentaires réalisées deux fois plus souvent par les hommes. À temps de travail égal (ETP), l'écart n'est plus que de 0,8 % en faveur des hommes, masquant des réalités opposées : alors que l'inégalité salariale s'accroît dans le secteur privé (+6,3 %), les femmes bénéficient d'un avantage salarial moyen de +8,2 % dans le secteur public, où elles occupent davantage de postes qualifiés. 


Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 14 Octobre 2026 à 17:46 | Lu 184 fois