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L’élection de Damas Teuira sur la sellette à Mahina


Tahiti, le 29 septembre 2026 - Les municipales 2026 continuent de faire parler devant le tribunal administratif ce mardi matin. Un recours commun de Hinoi Fritch, Émile Vernaudon et Gilles Teaotea a été éxaminé. Les trois candidats perdants des municipales de Mahina contestent la communication en ligne de la mairie pendant la campagne, et surtout une vidéo, “Mahina veille sur vous”, publiée sur le Facebook de la commune le 16 février 2026, un mois avant le scrutin. Le rapporteur public a conclu en faveur d'une annulation des opérations électorales et un retour aux urnes pour les municipales à Mahina. La décision du tribunal est attendue le 13 octobre. 
 
Pour rappel, le maire de Mahina réélu dès le premier tour avec 51,6 % des voix, Damas Teuira avait fait des réseaux sociaux un pilier de sa campagne. Sa liste, Mahina ia Hotu, publiait deux, trois, voire quatre vidéos par semaine, avec des formats courts qui ont parfois dépassé les 700.000 vues sur TikTok.
 
Le rapporteur public a donc dû faire le tri ce mardi. L'article L52-1 du code électoral interdit toute campagne de promotion des réalisations ou de la gestion d'une collectivité à partir du premier jour du sixième mois précédant le scrutin, soit septembre 2025. Les rétrospectives annuelles de la commune, diffusées à la même période les années précédentes, y échappent, estime-t-il. Le clip “Mahina veille sur vous", non.
 
Sur ce clip de deux minutes les personnages mettent en scène de fausses interventions de la police municipale, pour vanter le déploiement de la vidéosurveillance. Ce qui “dépasse le simple bilan” d’après le rapporteur public. Le maire sortant, Damas Teuira, y apparaît en chef des opérations, en gilet jaune de mūto'i, et “valorise au passage la collaboration entre l'État et la commune”.
 
Reste l'effet sur le vote, et c'est là que le rapporteur public a dressé les chiffres : plus de 1.700 voix séparent la liste du maire de celle de Hinoi Fritch, mais le tāvana sortant n'a dépassé la majorité absolue que de 89 voix. Or la vidéo, diffusée moins de 30 jours avant le premier tour, a été partagée plus de 500 fois et likée 1.707 fois. Sur un thème, la sécurité, très porteur en campagne, elle a pu altérer la sincérité du scrutin. “Nous vous invitons à considérer que cette vidéo a été de nature à altérer la sincérité du scrutin”, a suggéré le rapporteur public au tribunal.
 
En conclusion, le magistrat estime nécessaire d'annuler les opérations électorales des dernières municipales à Mahina et, en conséquent, un retour aux urnes.

​ Un code électoral “particulièrement muet” sur les réseaux sociaux


À l’issue de l’audience, l’avocate des requérants a abondé dans le sens du rapporteur public en estimant concernant cette campagne litigieuse de communication sur les réseaux sociaux qu’il ne s'agit pas de simple communication mais de promotion personnelle du maire, très relayée par des électeurs de la commune. Le code électoral est “particulièrement muet” sur les réseaux sociaux, mais la jurisprudence admet qu'une publication en ligne puisse influencer une élection, a-t-elle expliqué.
 
Quant à l’avocat de Damas Teuira, il rappelle que le dispositif de vidéosurveillance dont il est question dans ces vidéos de format court est un projet “bien plus ancien” que la campagne, cofinancé par l'État, et que la commune devait le faire connaître à la population. En outre, cette vidéo n'appelle pas à voter et ne fait aucune référence aux élections, a-t-il souligné. Surtout, il refuse les chiffres : “le temps de lecture moyen est d'une vingtaine de secondes, la majorité des vues ne dépasse pas trois secondes, c’est du simple scroll, et une bonne part vient de notifications Facebook. Le tribunal serait amené à présumer qu'une centaine de voix ont été déplacées, alors qu'aucun d'entre nous n'est capable de savoir si les spectateurs étaient électeurs de Mahina”, avance-t-il.
 
Le tribunal rendra sa décision le 13 octobre prochain.

Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 29 Septembre 2026 à 13:43 | Lu 743 fois