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Julien Anton, pour la science, et l’art


Tahiti, le 18 août 2026 - Après avoir terminé deuxième au concours de photographe de l’année dans la catégorie Beaux-arts en 2024, Julien Anton est à nouveau sélectionné par Oceanographic Magazine, cette fois-ci dans la catégorie reine, Wildlife. Son cliché d’hippocampes réalisé à Moorea célèbre autant l’art que la nature.
 
 
Julien, c’est une nouvelle aventure qui s’annonce. Tu es une nouvelle fois sélectionné pour une photo.
“Alors c'est Oceanographic Magazine qui chapeaute un petit peu tout ça, mais c'est surtout en partenariat avec le musée océanographique de Londres. En fait, c'est le même concours qu’il y a deux ans, qu'ils ont modifié, celui sur lequel j'avais figuré deuxième pour la photo de l'œil d’un requin. Là, c'est la catégorie ultime. La catégorie Wildlife, donc vie sauvage, qui est la catégorie, disons, la plus prestigieuse et principale du concours. Ils ont officiellement communiqué le nom des finalistes et j’en fais partie. Mes prédécesseurs dans cette catégorie étaient la légende Laurent Ballesta et l'autre légende Ben Thouard. Donc, c'est un honneur et une chance de figurer parmi ces gens-là, qui sont des grands noms de la photo mondiale depuis longtemps.”
 
Cette photo, c’est ton travail, et le Fenua que tu mets en avant.
“C'est très appréciable de valoriser le patrimoine polynésien sur ce genre d'événements. C'est vraiment un concours extrêmement prestigieux. Je suis parmi les dix au niveau mondial sur la catégorie, parmi peut-être 10 000 ou 15 000 photos à peu près en compétition. Laurent Ballesta, ça reste la personne qui a, pour moi, démocratisé la photo en plongée. Mes parents comprennent, au bout de 20 ans, ce que je fais sous l'eau avec un appareil photo et autant de matériel (rires). Ils voient mes reportages à la télé, mes photos.”
 
Que deviennent les photos après le concours ?
“Les images vont être exposées au Musée de Londres. Il y a aussi deux expositions aux États-Unis, deux expositions sur tous les musées océanographiques et maritimes, et également en Australie. C'est quand même une belle visibilité pour la Polynésie. Et le but – une fois encore, c'est exactement ce pour quoi je fais des images ici – c’est participer à la science, faire avance en tout cas, et immortaliser. C’est aussi pour sensibiliser les jeunes, aider le gouvernement, la Diren et l'Unoc l'année dernière.”
 
Est-ce que tu peux raconter l'histoire de cette photo, de ces hippocampes ?
“Il y avait, il y a quelques années, donc 15 ou 20 ans, des hippocampes en Polynésie. Il y en a toujours, la preuve, mais il est difficile de les observer. Pour faire cette photo, il faut faire beaucoup de plongées, dans une eau peu profonde, mais ça demande beaucoup de temps. Ils se cachent très bien dans les herbiers, dans les algues. Il faut pouvoir passer des heures dans 5-6 mètres d'eau. Et puis, à un moment donné, je vois cet adulte. Il doit faire 5 centimètres à peu près, et je vois arriver des bricoles qui brillent un petit peu à côté, mais d’un demi-centimètre. C’étaient les bébés. Il y en avait trois ou quatre qui tournaient. Timidement, sans vouloir trop mettre de lumière pour ne pas les déranger, pour ne pas que les animaux paniquent, ou pour attirer des prédateurs, j’ai pu les photographier. Cette photo a beaucoup plus d'histoire, parce qu'il y a quand même vraiment la volonté d'aller chercher ces animaux-là, ce n'est pas juste une rencontre fortuite, c'est vraiment un choix délibéré de partir à cette rencontre. Je suis content de les avoir vus, de les avoir immortalisés. Ils sont là et, a priori, vont bien, puisqu'il y a des bébés.
 
En dehors de ce concours, quelle est ton actualité ?
“En fait, il y a une partie où je suis guide et moniteur de plongée, et une partie où je travaille justement dans la photo et le multimédia. Je travaille avec des organismes comme l'Office des requins de Polynésie ; il y a également l'Iremp (Institut pour la recherche sur les écosystèmes mésophotiques et profonds, NDLR), l'association Te mana o te moana pour documenter les naissances de tortues. Il y a également des missions pour la Diren, pour le gouvernement, sur justement d'ailleurs des études sur certains facteurs de la Polynésie, en rapport avec les pêcheurs également, en rapport avec la biologie marine. Oceania pour les baleines. Tout ça, je peux le faire grâce à la Diren, Seafrogs, Lumix, Bigblue lights, Miti Kingdom qui m’aident beaucoup. J'essaie de m'investir, d'impliquer les enfants là-dedans, parce que oui, le changement est en cours. Il y a quand même des choses à faire en termes d'éducation, donc c'est aussi l'idée de pouvoir amener tout ça sur la scène internationale, et de montrer, même si c'est au travers d’une seule image, la beauté de la nature. Il y a des lois qui évoluent, on a le sanctuaire, l’aire marine protégée. On est en pleine saison des baleines, mais je veux dire, on voit des baleines, on voit des orques pygmées, on voit des globicéphales, on voit des dauphins de Risso, on voit des baleines de Minke. C'est le signe que toutes ces mesures de protection marchent. La nature est résiliente et toutes ces mesures fonctionnent. On voit qu’autour de Tahiti, les espèces reviennent énormément, sur les motu. À notre échelle, on a un impact. On travaille localement, internationalement, il y a des études, des projets d'études, même sur les requins, liés avec des instituts australiens, etc. Des projets sur lesquels je serai amené à travailler.”


Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 18 Août 2026 à 16:00 | Lu 287 fois