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Jugé en état de récidive pour avoir agressé sa sœur


Tahiti, le 15 octobre 2026 - Déjà condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour avoir agressé sa petite sœur, un homme de 26 ans a de nouveau été jugé jeudi en comparution immédiate pour répondre de deux nouvelles agressions – des viols correctionnalisés – commises sur la même victime. Il a écopé de cinq ans de prison ferme.
 
Un maçon de 26 ans a comparu devant le tribunal correctionnel jeudi pour répondre de deux agressions sexuelles incestueuses commises sur sa jeune sœur et ce, alors qu’il avait déjà été condamné en 2023 pour des faits similaires. Il lui était reproché d’avoir, en août 2025 puis en septembre 2026, imposé des pénétrations digitales alors qu’elle dormait. Lors de la révélation des faits, la victime avait été rejetée par sa famille qui ne l’avait pas crue et avait dû se réfugier chez son oncle.
 
Compassion pour la victime
 
Jugé en état de récidive légale, le jeune homme a expliqué qu’il ne savait pas s’il avait commis les faits tout en refusant d’accuser sa sœur de mentir. Un positionnement difficilement compréhensible adopté par un prévenu décrit comme ayant une vie sexuelle quasi inexistante. L’homme a demandé au tribunal d’être placé en prison car la prison de Nuutania n’était pas “conviviale” en assurant qu’il compatissait avec la “souffrance de sa sœur”.
 
Si la victime a refusé de s’exprimer lors de l’audience, le président du tribunal a expliqué qu’elle souffrait de troubles du sommeil, d’anxiété, qu’elle s’était scarifiée et qu’elle ressentait une grande culpabilité malgré son statut de victime. Son avocat, Me Christophe Rousseau-Wiart, a ensuite dénoncé l’attitude du prévenu qui se devait d’être un grand frère “protecteur” et non un agresseur sexuel. Il a également indiqué que sa cliente avait accepté la correctionnalisation des viols pour ne pas subir un lourd procès au criminel bien qu’il s’agisse de faits de viols qui “auraient pu être traduits” devant la cour d’assises. L’avocat a par ailleurs insisté sur le double préjudice subi par la jeune femme qui a été agressée puis “abandonnée” par ses parents.
 
Une peine “lourde”
 
“Un dossier de l’échec” pour la procureure de la République qui a dénoncé lors de ses réquisitions une certaine lenteur de la procédure et le fait que les parents de la jeune femme aient “failli dans leur mission de protection”. Un “échec judiciaire” aussi puisque le prévenu n’a visiblement rien retenu de sa première condamnation. Considérant que le tribunal devait prononcer une peine “extrêmement lourde”, la représentante du ministère public a requis six ans de prison ferme à l’encontre du prévenu.
 
Confrontée à l’attitude contradictoire du prévenu, l’avocate de ce dernier, Me Chloé Atlan, a entamé sa plaidoirie en expliquant que ce dernier était particulièrement “stressé” et qu’il s’exprimait “mal”. Sans avoir aucunement l’intention de “contester les faits”, elle a cependant supposé que la victime avait eu des réminiscences de sa première agression. Elle a également soulevé le fait que les analyses médicales n’avaient pas permis de mettre de quelconques lésions en évidence. L’homme a finalement été condamné à cinq ans de prison ferme assortis de la révocation des six mois de sursis auxquels il avait été condamné lors de sa précédente comparution.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 15 Octobre 2026 à 18:59 | Lu 312 fois