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Jeux du Pacifique 2027, la police nationale anticipe déjà


Tahiti, le 15 avril 2026 - Numéro 2 de la police nationale française, Virginie Brunner est actuellement en déplacement en Polynésie. À J-1 an des Jeux du Pacifique, l'anticipation est déjà de mise. La représentante de la haute autorité a également évoqué les priorités du territoire en matière de lutte contre les stupéfiants et les violences intrafamiliales, ainsi que les objectifs de coopération et de renforcement des moyens pour les mois à venir.
 
En tant que directrice nationale adjointe de la police nationale, deux ans après la gestion des Jeux olympiques à Paris en 2024, comment anticipez-vous les Jeux du Pacifique qui se dérouleront du 24 juillet au 8 août 2027 ici à Tahiti ? Où en est la préparation sécuritaire ?
“Nous sommes encore dans une phase d’anticipation et de construction des besoins. On est sur une phase de fiabilisation de l'expression des besoins, à la fois en matériel et humains. Les besoins identifiés concernent plusieurs domaines : sécurité publique, police judiciaire et renseignement. Chaque service peut solliciter des renforts en fonction de ses missions. Après, il y a des sujets en termes de logistique, puisque la Polynésie est loin. Il faut qu'on organise cette logistique spécifique pour le renfort avec l'acheminement des effectifs, l’hébergement, l’alimentation, les conditions de déploiement… Tout cela se prépare en amont et c'est ce que nous faisons. C’est vraiment le territoire qui définit ses priorités, et Paris s’adapte. Nous avons l’habitude de gérer des grands événements.”
 
Quand les renforts arriveront-ils ?
“Cela dépend des missions. Certains services peuvent être déployés plusieurs semaines avant l’événement, car leur travail commence en amont. Pour le renfort de voie publique pour organiser la sécurisation de la voie publique, ou la gestion des flux, et notamment de toutes les personnes pour assurer la sécurisation, là ils arrivent quelques jours avant l'événement. Et certains effectifs peuvent rester après l’événement, notamment pour le traitement judiciaire si nécessaire. Nous sommes encore en phase d’évaluation, mais on reste sur un dispositif mesuré. L’objectif est d’être au plus juste des besoins exprimés localement.”
 
La lutte contre les stupéfiants est une priorité nationale et locale et la lutte contre les violences intrafamiliales et sur les enfants est un enjeu majeur ici en Polynésie. Vous avez échangé sur la question avec les autorités rencontrées depuis lundi ?
“Comme dans beaucoup de territoires, le trafic de stupéfiants est une réalité préoccupante. Ici, on retrouve notamment du cannabis cultivé localement, mais aussi de la méthamphétamine importée. Certaines saisies récentes montrent également que le territoire peut être un point de transit entre les Amériques et l’Océanie. La lutte contre les stupéfiants est une priorité nationale, pilotée notamment par la Direction nationale de la police judiciaire et l’Ofast (Office antistupéfiants, NDLR) à Paris. La logique est celle d’un travail coordonné entre police nationale, gendarmerie et douanes, en lien étroit avec les autorités judiciaires. J'ai aussi rencontré les deux maires de Pirae et Papeete, ainsi que le président. C'était important pour moi de voir un petit peu leurs attentes.
Les violences intrafamiliales, notamment les violences conjugales et celles faites aux enfants, constituent un enjeu très important. Les chiffres sont élevés ici, comme ailleurs, et nécessitent une attention constante des services de police et de justice.”
 
Malgré ces problématiques, la délinquance générale est en baisse en Polynésie en ce début d'année, comment cela s'explique ?
“Notamment par un meilleur travail d’enquête, un taux d’élucidation en hausse, une présence renforcée sur la voie publique et une meilleure coordination avec les polices municipales. Des réunions régulières permettent d’ajuster les patrouilles et d’adapter les réponses aux phénomènes émergents.”
 
Il n'y aura pas de renforts massifs en effectifs mais des recrutements ciblés cette année ? Vous misez aussi sur le nombre de réservistes que vous souhaitez monter autant au niveau local que national ?
“Oui, des recrutements ciblés sont réalisés sur des besoins spécifiques, notamment en lien avec les stupéfiants ou certaines compétences techniques. Un autre axe important est la réserve opérationnelle de la police nationale qui est aujourd'hui comptabilisée à 29 réservistes opérationnels. Nous avons 12 réservistes en formation actuellement, ils seront opérationnels dans quatre semaines.
L’objectif national est ambitieux : atteindre environ 40 000 réservistes. Ces personnels pourrons intervenir sur différentes missions : sécurité publique, renseignement ou appui judiciaire. Ils seront également mobilisés lors des Jeux du Pacifique. Pour le coup, on essaie que ce dispositif soit mieux connu parce qu'effectivement, c'est un nouveau dispositif pour la police nationale et ça marche bien. On a des artisans, des boulangers, des pâtissiers... Des personnes jeunes, d'autres moins jeunes. La police nationale, elle a toujours été comme ça, à l'image de sa société. Je peux passer le mot : venez rejoindre les rangs de police nationale.”
 
Et pourquoi cette visite en Polynésie française finalement ?
“C’est la première fois que je viens ici. J’avais à cœur de rencontrer les territoires, de voir concrètement les réalités locales et d’échanger avec les acteurs sur place. C’est une démarche importante dans nos fonctions, car la police nationale ne peut pas agir uniquement depuis Paris. Cette visite s’inscrit aussi dans un contexte particulier : la préparation des Jeux du Pacifique. Même si la Direction générale de la police nationale ne gère pas l’opérationnel – qui relève des autorités locales – elle a un rôle central d’accompagnement et de soutien.

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 15 Avril 2026 à 19:38 | Lu 445 fois