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“Je voulais essayer une fois pour voir si ça pouvait passer” : deux agents de sûreté de l'aéroport jugés pour avoir importé de l’ice


“Je voulais essayer une fois pour voir si ça pouvait passer” : deux agents de sûreté de l'aéroport jugés pour avoir importé de l’ice
Tahiti, le 13 août 2026 - Ils travaillent tous les deux dans la sûreté aéroportuaire et connaissent donc les contrôles et les rouages d’un aéroport. Leurs casiers sont vierges. Pourtant, le 27 juin dernier, à leur retour de Los Angeles, les douaniers découvrent une quantité de méthamphétamine dissimulée dans leurs bagages. Jugés ce jeudi à Papeete, ils ont été condamnés respectivement à 24 mois de prison, dont 18 ferme et six avec sursis probatoire pour l’un, et neuf mois de prison avec sursis pour l’autre.    

Comment deux agents chargés de la sûreté d’un aéroport ont-ils pu prendre la décision de faire entrer de l’ice en Polynésie ? À la barre, les deux prévenus donnent quasiment la même version des faits. Ils étaient partis ensemble aux États-Unis pour un voyage présenté comme familial.    

Au retour, les douaniers découvrent pourtant de l’ice dans leurs bagages, dissimulée au milieu du linge et de vêtements pour bébé. Mais, comme ils l’ont défendu à la barre, pour leurs deux avocats, il s’agit d’un acte “non prémédité et simplement opportuniste”.    

Le premier apparaît particulièrement stressé à l’audience. Les mains derrière le dos, le regard souvent baissé, il explique être consommateur d’ice depuis plusieurs années. “Je suis addict, Monsieur”, reconnaît celui qui consomme depuis plus de dix ans et qui cachait jusque-là son addiction à sa femme.    

Selon les déclarations des deux mis en cause, c’est leur coprévenu qui aurait acheté les 105 grammes d’ice à Los Angeles. Une partie devait ensuite être acheminée jusqu’en Polynésie puis revendue. Pour l’un, l’argent devait servir à rembourser ses dettes et à préparer l’arrivée de son futur enfant, attendu dans quelques semaines. Pour l’autre, il devait surtout permettre de financer sa consommation.    

“Durant la semaine qu’on passe ensemble, je le vois ranger de l’ice dans sa valise. J’en ai pris une partie avec moi”, raconte le premier. Il affirme avoir agi avant tout pour sa propre consommation. Il détenait 20 grammes sur les 105 saisis par la douane.

​11,5 millions de francs à rembourser

À noter que les 105 grammes auraient été achetés environ 500 dollars aux États-Unis, alors que la même quantité peut représenter l’équivalent de près de 500 000 francs en revente en Polynésie. Les deux hommes auraient donc pu multiplier par 10 le prix d’achat.    

“Je voulais essayer une fois pour voir si ça pouvait passer”, tente alors de se justifier le prévenu auquel est attribué l’achat de la totalité de la drogue. Une déclaration qui fait rire jaune dans le prétoire.    

Pour le représentant des douanes, cette circonstance justifie une réponse particulièrement ferme. D’autant que les deux prévenus travaillent dans la sûreté aéroportuaire. Ils connaissent les méthodes de contrôle et disposent, dans le cadre de leur activité professionnelle, d’un accès particulier aux zones de l’aéroport.    

Les douanes sollicitent une amende de 11,5 millions de francs et la confiscation des scellés.    

La procureure insiste, elle aussi, sur la profession des deux prévenus et sur ce qu’elle analyse comme un véritable “appât du gain”. Pour l’un des hommes, l’enjeu familial est également évoqué : il doit devenir père pour la première fois dans deux semaines. L’autre vient de devenir père pour la deuxième fois. Mais pour la représentante du ministère public, ces circonstances ne peuvent justifier l’importation de drogue : “Je trouve déplorable l’appât du gain alors que l’ice détruit des familles.” Elle requiert 30 mois de prison, dont six avec sursis, contre celui auquel est reprochée la plus grosse quantité. Pour le second, elle demande 24 mois de prison, dont six avec sursis.  

Le prévenu considéré comme le principal importateur, celui qui avait transporté la plus grande quantité de méthamphétamine, a finalement été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme et six mois assortis d’un sursis probatoire. Son coprévenu écope quant à lui de neuf mois avec sursis probatoire.    

Rédigé par Violaine Broquet le Jeudi 13 Août 2026 à 19:34 | Lu 1500 fois