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Islande: le gouvernement propose un référendum le 29 août sur la reprise des négociations d'adhésion à l'UE


Crédit Tobias SCHWARZ / AFP
Crédit Tobias SCHWARZ / AFP
Reykjavik, Islande | AFP | vendredi 06/03/2026 - Le gouvernement islandais a annoncé vendredi qu'il proposait d'organiser le 29 août un référendum sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, officiellement interrompues depuis 2015.

L'Islande a déposé sa candidature d'adhésion à l'UE en 2009, un an après avoir été durement touchée par une crise financière. Des négociations se sont tenues entre 2010 et 2013 avant d'être suspendues, puis officiellement interrompues en 2015.

Une résolution sera présentée en début de semaine prochaine au parlement sur la tenue de ce référendum le 29 août, a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir lors d'une conférence de presse. L'issue du vote du parlement est incertaine.

"Nous allons poser au peuple la question suivante: faut-il poursuivre les négociations sur l'adhésion de l’Islande à l'Union européenne? Et le peuple pourra répondre en choisissant entre deux options: oui, il faut poursuivre, ou non, il ne faut pas poursuivre", a ajouté la ministre.

Les trois partis de la coalition de centre-gauche, au pouvoir depuis fin 2024, avaient convenu d'organiser un référendum avant la fin 2027. 

"Nous estimons que, précisément en ce moment, l'Islande est suffisamment forte, sur le plan économique mais aussi en tant que nation sûre d'elle-même, pour pouvoir prendre cette décision", a déclaré de son côté la Première ministre Kristrun Frostadottir.

Si les négociations reprennent et aboutissent à un accord, les Islandais seront alors appelés à se prononcer dessus, a précisé la cheffe du gouvernement.

Selon un sondage publié début février par la télévision publique islandaise RÚV, l'opinion publique est aujourd'hui partagée entre les opposants et les partisans d'une adhésion.

"Il est impossible de prédire si les électeurs islandais voteront pour ou contre la reprise des négociations d'adhésion. Il en va de même pour une éventuelle adhésion, dont l'issue dépendrait fortement des conditions qui pourraient être négociées pour l'Islande", a estimé Olafur Hardarson, professeur de sciences politiques à l'université d'Islande, auprès de l'AFP.

"Une décision importante attend le peuple islandais", a réagi de son côté la Commission européenne.

"Dans un monde où les sphères d'influence se font concurrence, l'adhésion à l'UE offre un point d'ancrage dans un bloc fondé sur des valeurs, la prospérité et la sécurité", a vanté la commissaire européenne chargée de l'élargissement, Marta Kos.

Lorsque les négociations d'adhésion de l'Islande ont été suspendues, 27 des 33 chapitres avaient été ouverts et 11 avaient été conclus, selon le gouvernement. Le chapitre sur la pêche, qui devait être le plus épineux, n'avait pas été ouvert.

- "Chapitres difficiles -

La ministre des Affaires étrangères entend aborder directement les chapitres difficiles, si les négociations reprennent. 

"Je ne signerai jamais, au grand jamais, un accord qui impliquerait de céder le contrôle de l'Islande sur ses ressources, telles que nos ressources halieutiques. Je tiens à ce que cela soit parfaitement clair", a-t-elle déclaré.

Les objectifs de l'Islande en matière d'adhésion à l'UE sont "d'assurer le contrôle islandais sur nos ressources... de garantir la justice économique et sociale, d'examiner comment nous pouvons renforcer nos défenses, non seulement en termes de stabilité, mais aussi en termes de sécurité économique et autres, dans le cadre d'une adhésion potentielle à l'Union européenne", a-t-elle dit. 

"Le monde a changé" depuis la dernière fois que l'Islande a engagé des négociations en vue de son adhésion à l'UE et l'Islande "va entamer les négociations dans une position différente", a souligné pour sa part la Première ministre. 

Le chamboulement de l'ordre mondial "et en particulier le fossé creusé entre l'Europe et les États-Unis sont susceptibles de rendre les dirigeants de l'UE plus favorables à un accord avantageux pour l'Islande, notamment en ce qui concerne les ressources naturelles telles que la pêche et l'énergie", estime le professeur de sciences politiques Olafur Hardarson.

Le souhait de Donald Trump de s'emparer du Groenland a suscité l'inquiétude de l'Islande, dont la défense est actuellement assurée par les États-Unis et l'Otan, car elle ne dispose pas de ses propres forces armées. 

"Tous ceux d'entre nous qui sont engagés dans la coopération internationale peuvent sentir que la perception de la singularité de l'Islande, de sa position forte et de ses intérêts (..) a radicalement changé", a déclaré la Première ministre. 

La ministre des Affaires étrangères a quant à elle exprimé sa "profonde inquiétude" quant à la possibilité que la Russie tente d'influencer le référendum. 

le Vendredi 6 Mars 2026 à 06:26 | Lu 129 fois