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Il manque des médecins en Polynésie



PAPEETE, le 22 novembre 2016 - Si aujourd'hui 98 % des Polynésiens sont couverts par la Caisse de prévoyance sociale, tous n'ont pas le même accès au personnel soignant. Avec 218 médecins généralistes, de nombreuses zones du territoire sont totalement démunies de médecins libéraux.

La Polynésie a des déserts médicaux. Une situation due à sa répartition géographique, mais aussi à la répartition de la densité de sa population. Pour pallier à cela, le ministère de la Santé a mis en place des dispensaires et un service de médecins itinérants. Néanmoins, dans certaines zones à forte densité de population, ces dispositifs ne suffisent pas.

218, c'est le nombre de médecins généralistes en exercice (hors médecins remplaçants) au fenua. Tahiti concentre 161 médecins, soit 73,85 % des généralistes du territoire. Le nord de Tahiti, c’est-à-dire Punaauia, Faa'a, Papeete, Pirae, Arue et Mahina, en regroupe près de 56 %, ce qui signifie que 61 médecins généralistes, tant du secteur public que du secteur privé, couvrent le reste du territoire, y compris les autres archipels.

Même à Tahiti, la question de la répartition de médecins se pose. En effet, 75,30 % des généralistes à Tahiti sont concentrés dans les six communes principales de l'île. Entre Hitia'a O Te Ra et Taravao, soit une zone d'à peu près 40 kilomètres qui compte plus de 11 000 habitants (selon le dernier recensement de 2013) seuls deux médecins généralistes du service public exercent dans trois dispensaires (Papenoo, Tiarei, Hitia), depuis plus de deux ans la zone ne compte plus aucun médecin libéral, obligeant les patients à se rendre à Mahina ou Taravao pour se soigner quand les dispensaires sont fermés.
Cependant si un médecin veut ouvrir un cabinet et être conventionné dans cette zone, bien que le besoin existe, il ne peut pas le faire sans l'accord du ministère de la Santé.

Or depuis 1998, les conventionnements sont gelés afin de limiter les dépenses de santé de la CPS. A partir de 2000, des quotas ont été ouverts par dérogations. Une commission consultative se rassemble afin de définir si oui ou non les quotas vont être ouverts pour une zone ou une autre.

Depuis 2013, aucune nouvelle convention de médecin généraliste n'a été accordée sur l'ensemble du territoire. Pour le cas de Hitia'a et Faaone, par exemple "nous avons un jeune médecin qui veut bien s'installer, mais ce n'est pas nous qui décidons. Il y a une commission et le ministre Patrick Howell qui décident. Mais il parait que le docteur n'a pas eu l'accord pour ouvrir son cabinet. Nous on est pour, car nous devons nous déplacer pour nous faire soigner. Certains vont à Mahina, d'autres carrément à Arue ou encore à Taravao", explique Dauphin Domingo, le tavana de Hitia'a O Te Ra. Il ajoute : "Nous voulons lancer une pétition entre les quatre maires délégués. Nous sommes pour ce cabinet. Mais ce n'est pas nous qui décidons." Une lettre datée du 18 novembre indiquant le refus d'ouverture d'une convention à Tiarei a été reçue par le jeune médecin en question. Il n'y a donc pas de nouveau médecin à Hitia'a o te Ra.

De son côté, le ministère répond "i[nous ne pouvons pas évoquer la question, le dossier est encore à l'étude. Les arrêtés d'ouvertures de quotas devraient paraître au Journal officiel de Polynésie française sous peu." Le docteur Marion Arbes, responsable du département Planification et offre de soins à la direction de la Santé, explique : "Pour les quotas nous ne raisonnons pas par commune mais par zone administrative [voir encadré, NDLR]. Une commune peut manquer de médecins mais si le quota de la zone est rempli, une nouvelle convention peut être refusée]i." C’est-à-dire que la zone 2 à laquelle appartient Htia'a O Te Ra compte aujourd'hui 39 médecins, dont 22 généralistes libéraux. Ainsi, le quota est à 22 médecins, puisque la commission a étudié la possibilité de faire une dérogation pour ouvrir le quota dans cette zone qui comprend tout le sud Tahiti de Paea à Papeno'o. Même si un médecin veut s'installer dans une commune qui ne compte pas de médecin, il peut se voir refuser l'ouverture de quotas si la densité de médecins de la zone convient à la commission.

Sur le terrain néanmoins le constat est là, si les professionnels de santé font un travail sérieux, ils ne suffisent pas aux besoins de la population. En effet, une offre de médecin libéral qui viendrait prendre le relais et travailler en collaboration serait plus que bienvenue. Ainsi ce problème se pose sur l'ensemble de des zones en Polynésie, à l'exception de la zone 5.


Qu'est-ce qu'un médecin conventionné ?

La Caisse de prévoyance sociale a établi, avec les professionnels de santé, une « convention » qui fixe les tarifs de chaque acte médical. Ces conventions concernent les médecins libéraux, les infirmiers, les pharmaciens et les kinésithérapeutes.

Un médecin est dit « conventionné » lorsqu’il a adhéré à cette convention, et respecte les tarifs fixé par la CPS. Ce conventionnement permet aux patients de ne pas payer plus que le tiers payant. Pour être conventionné, un médecin doit présenter un dossier de conventionnement.

Le conventionnement se déroule en quatre étapes: tout d'abord, la commission consultative se réunit une première fois afin d'émettre des avis favorables ou défavorables pour l'ouverture des quotas. Ensuite la décision finale revient au ministère de la Santé qui publie au JOPF des arrêtés ouvrant les quotas par zones. La troisième étape concerne à nouveau la commission consultative qui émet un avis favorable ou défavorable sur les dossiers de demande de conventionnement déposée par les médecins. Les dossiers sont étudiés une première fois par la commission consultative qui regroupe la CPS, la direction de la santé, le conseil de l'ordre entre autres… qui émet un avis. La décision finale revient encore une fois à la direction de la santé qui valide la convention en publiant un arrêté au JOPF. Très peu de médecins généralistes libéraux ne sont pas conventionnés sur le territoire.



Si la convention ne leur est pas accordée, ils préfèrent généralement ne pas ouvrir de cabinet. En effet, la situation économique des Polynésiens étant fragile, les patients ne vont voir quasiment que des médecins conventionnés afin de limiter au maximum les dépenses de santé.

Un médecin non conventionné fixe ses propres tarifs, sans tenir compte de la convention : il facture des « dépassements d’honoraire ».


5 zones pour les conventions

Il manque des médecins en Polynésie
La réglementation actuelle divise la Polynésie en cinq zones et c'est une régulation par profession, les médecins, les pharmaciens, les infirmiers.
La zone 1 va de Paea à Mahina régulée
Zone 2 le reste de Tahiti et presqu’île
Zone 3 Moorea
Zone 4 sous le vent sauf Maupiti
Zone 5 Maupiti et le reste des Gambier, Marquises, Australes

Il y a un numerus clausus, pour s'installer il faut avoir une autorisation sauf dans la zone 5. On parle d'autorité administrative. Dans le reste des zones 2-3-4, il y a un numerus clausus sauf si on est le premier installé.
S'il n'y a pas de dentiste dans une zone on s'installe sans autorisation administrative. Par contre en zone 1, il y a toujours un numerus clausus et il faut toujours une autorisation administrative.


Rédigé par Marie Caroline Carrère le Mercredi 23 Novembre 2016 à 05:00 | Lu 4617 fois






1.Posté par Pierre Carabasse le 23/11/2016 08:40 | Alerter
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Il y a quelques années, le (ou la) ministre de la santé avait décidé de supprimer quelques cabinets de médecin pour réduire les charges du régime "maladie" de la CPS ; cela m'avait poussé à écrire qu'il (ou elle) aurait mieux fait de supprimer les malades. J'habite Hitiaa O Te ra, je ne suis plus en état de conduire et les visites médicales pour moi c'est 20 km a/r et au moins une heure d'attente...

2.Posté par lacroix le 23/11/2016 10:23 | Alerter
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Pathetique ! la meme equipe qu il y a 23 ans lors de mes premiers contacts avec la Sante.....et les memes problèmes , il y aurait beaucoup a dire sur l organisation de la Sante , le secteur liberal , le CHPF et bien sur la sante publique....

3.Posté par ZÉRO LA BARRE ! le 23/11/2016 12:46 | Alerter
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La bureaucratie aura raison de ce pays.....
Rien ne bouge sous les cocotiers, c'est malheureux.
Par contre je découvre qu'il y'a a un médecin, fonctionnaire, qui est Responsable de la planification et de l'offre de soins !!!
Je rêve.
Hier c'était la responsable de la promotion du tourisme Animalier (sic) aujourd'hui encore un fonctionnaire (cadre bien sûr grassement payé) sur des postes vraiment utiles ?

4.Posté par Pierre Carabasse le 23/11/2016 13:39 | Alerter
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Voici la conclusion d’un rapport (juin 2009) d’une inspectrice du ministère de la santé. Ce rapport est basé sur le recensement de la population de 2007 et le fichier des professionnels de santé de 2009 : « Le vieillissement de la population de la Polynésie française va impacter les besoins de soins, la consommation de soins étant croissante avec l’âge. Il y a donc une nécessité urgente d’accroître le nombre de médecins exerçant en Polynésie française, de manière importante sur les dix prochaines années. »

5.Posté par TOM le 23/11/2016 15:20 | Alerter
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Personne pour faire un plâtre aux urgences à l'Hôpital, c'est le Tiers Monde ici !!!!!!!!

6.Posté par Mathius le 23/11/2016 15:55 | Alerter
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La polynesie est entrain de payér les magouilles de la mafia de la santé pendant des dizaines années dirigė par quelques mandarins qui ont refusé le retour de médecins polynesiens qui demandaient leurs retours.
Il serait peut être judicieux de remettre de l'ordre et arrêter de pleurer messieurs du gouvernement , le pire sont les syndicats complices de cet etat de faits et qui aujourd'hui jouent les effarouchés.

7.Posté par ARTIMON le 23/11/2016 16:43 | Alerter
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Je me souviens du temps où les médecins militaires étaient omniprésents, et où ceux de la Marine Nationale profitaient de leurs passages sur les atolls les plus éloignés pour examiner particulièrement les enfants et les personnes âgées. L'infirmerie-hôpital de Hao recevait alors les dames qui donnaient le jour à de beaux bébés, en toute sécurité. Il y avait même des couveuses dans cet hôpital militaire !
Mais ce temps est passé, les médecins militaires ont été dénigrés pour d'odieuses raisons politiciennes et ils n'ont jamais été remplacés...

8.Posté par Ronald le 23/11/2016 16:48 | Alerter
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Ben déjà si on obligeait tout les étudiants en médecine formé à Tahiti à exercer au moins 5 ans, là ou on a besoin d'eux (et pas là ou y a déjà trop de médecin) ça amortirai un peu le coup exorbitant que leurs formation nous coute !!!

9.Posté par Ronald le 23/11/2016 16:50 | Alerter
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à Mathius:
les médecins dont tu parles sont des médecins qui veulent se faire payer comme expat, et pas comme médecins locaux ... bonjour le contre exemple...

10.Posté par Mathius le 23/11/2016 17:44 | Alerter
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@ronald je reconnais bien le baratin d'un syndicaliste que refuse sa responsabilité. Je te rapelle que les boursiers en MEDECINE doivent travailler 10ans au Pays. Si cela n'est pas appliqué c'est que les syndicats ferment les yeux en laissant les politiques ã leurs petites affaires. Bel exemple non?

11.Posté par Kriss le 23/11/2016 20:27 | Alerter
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@ ronald : de quoi tu parles ?? la formation ne coute rien au "contribuable" polynésien puisqu'ils ne font qu'une année de "médecine" avant d'aller en métropole, pour ceux qui réussissent, à leurs frais !!!!

12.Posté par Sakool le 25/11/2016 15:05 (depuis mobile) | Alerter
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Et si on ramenait le nombre de médecin par commune et non pas par zone ?

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