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HPV : les ados au rendez-vous à Tautira


Une action de proximité saluée par les parents (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Une action de proximité saluée par les parents (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 15 avril 2026 - En moyenne, 40 cas de cancers liés au papillomavirus humain (HPV) sont diagnostiqués chaque année. Ce mercredi après-midi, 39 jeunes âgés de 11 à 14 ans ont bénéficié d’un centre de vaccination temporaire installé à la mairie de Tautira dans une démarche de prévention. À la Presqu’île, la vaccination contre le HPV est assurée quotidiennement à l’hôpital de Taravao.
 

Dans la continuité de la campagne de prévention contre le papillomavirus humain (HPV) menée par l’Institut du cancer de Polynésie française (ICPF) en zone urbaine en début d’année, un centre de vaccination temporaire était organisé ce mercredi après-midi à la mairie de Tautira par l’équipe du centre de protection maternelle de Taravao et des formations sanitaires de Tahiti Iti, avec le soutien de la commune de Taiarapu-Est. À l’étage, la salle n’a pas désempli de 13 heures à 15 h 30.
 
“On vient à la rencontre de la population de Tautira, qui n’a pas forcément les moyens d’aller à Taravao. Ça répond à un besoin. D’ailleurs, la mobilisation d’aujourd’hui dépasse nos attentes”, indique Maimiti Schenck, co-pilote du projet en tant que sage-femme avec sa collègue Annabelle Pujo. L’information est visiblement bien passée auprès du public concerné, comme nous l’a expliqué la directrice de l’hôpital de Taravao, Marie-Pierre Tefaafana, rodée à l’exercice avec son équipe : “On a sensibilisé les parents et les jeunes scolarisés dans les deux collèges de Taravao et au CJA de Tautira. On a l’habitude de venir à Tautira pour la vaccination contre le Covid et la grippe, et aujourd’hui contre le HPV.”
 


​Proximité et gratuité


Non obligatoire, mais fortement recommandée, la vaccination contre le HPV est gratuite : depuis le 1er juin 2024, elle est prise en charge par l’ICPF via un financement du Fonds de prévention sanitaire et social (FPSS). Le protocole ne prend que quelques minutes. “On accueille les patients et on fait signer l’autorisation parentale. Ensuite, il y a une consultation pour vérifier l’absence de contre-indication, puis ils passent à la vaccination suivie d’une petite période d’observation”, explique la sage-femme.
 
Carnet de santé en main, parents et enfants ont salué l’initiative. C’est le cas de Maona, résidente du village venue pour sa fille de 12 ans. “C’est une super action au plus près de la population. Ça permet aux familles de Tautira d’être informées sur cette cause. J’ai reçu ce vaccin à son âge et je travaille dans la santé, donc c’était logique pour moi de l’accompagner aujourd’hui. Il existe ce moyen pour se protéger, autant en profiter !”, remarque-t-elle. Un point de vue partagé par Rainui, venu pour son fils de 13 ans et sa nièce de 14 ans : “Le fait que ce soit à Tautira, ça simplifie vraiment la démarche”.
 
Certaines personnes avaient même fait le déplacement depuis Afaahiti et Vairao. Nissi, elle, était venue du Fenua ‘Aihere pour son fils de 13 ans. “Je suis arrivée en bateau pour récupérer mon fils après les cours et on a profité de l’occasion. J’en avais entendu parler sur Facebook et à la mairie grâce aux affiches. C’est fait et je suis rassurée”, confie-t-elle.
 

​À Teahupo’o et à Taravao


L’équipe sera à nouveau mobilisée à Tautira dans six mois pour procéder à la seconde injection. Un dispositif similaire devrait être mis en œuvre à Teahupo’o à l’occasion de Juin vert, mois de sensibilisation du cancer du col de l’utérus. Plus globalement, à la Presqu’île, la vaccination contre le HPV est assurée quotidiennement au dispensaire situé à l’entrée de l’hôpital de Taravao (sur rendez-vous le matin, sans rendez-vous l’après-midi).
 


​Pourquoi se faire vacciner ?

En moyenne, 40 cas de cancers liés au HPV sont diagnostiqués chaque année. “Les papillomavirus humains sont des virus sexuellement transmissibles très répandus : au cours de leur vie, 8 personnes sur 10 seront infectées. Bien qu’en général, le papillomavirus ne provoque pas de symptômes et disparaît naturellement en quelques mois, dans certains cas, le virus peut provoquer des cancers du col de l’utérus, du vagin, de la vulve, de l’anus, du pénis, de la bouche ou de la gorge. La vaccination constitue aujourd’hui le moyen le plus efficace pour prévenir ces cancers”, informe la Direction de la santé. La protection est proche de 100 % quand la vaccination est réalisée avant la vie sexuelle.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mercredi 15 Avril 2026 à 17:58 | Lu 311 fois