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Drame de Papara : L'accolade du frère de la victime aux accusés repentis



Après les tensions du début de semaine, Enoha, le frère de la victime, debout à gauche, est allé s'adresser pacifiquement aux accusés en toute fin d'audience.
Après les tensions du début de semaine, Enoha, le frère de la victime, debout à gauche, est allé s'adresser pacifiquement aux accusés en toute fin d'audience.
PAPEETE, le 15 septembre 2017 - Le procès du lynchage de Papara avait débuté sous haute tension lundi dernier. Il s'est achevé ce vendredi dans l'apaisement, le pardon et les regrets, avec un geste très fort du frère et des parents de la victime envers les six accusés.


Les six jeunes gens impliqués dans la rixe qui a coûté la vie à Moearii, 22 ans, un samedi soir de juillet 2014 à Papara, ont écopé ce vendredi de lourdes peines de prison ferme bien qu'infiniment moindres que celles requises jeudi par l'avocat général. Entre 6 et 8 années de détention pour cinq d'entre eux. Mais s'il doit rester une image de ce procès, qui avait pourtant débuté sous haute tension, c'est sans doute celle du frère de la victime, Enoha, prenant un à un les accusés dans les bras en signe d'apaisement, les yeux embués, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer ce vendredi en fin de matinée. N'oublions pas que lui aussi a été tabassé par les mêmes hommes ce soir-là, et qu'il aurait pu connaître le même sort. Son affaire à lui sera examinée dans les semaines à venir, mais devant le tribunal correctionnel. Six heures plus tard, quelques minutes avant que les jurés ne reviennent en salle d’audience pour rendre leur décision, c'était au tour des parents de Moearii d'adopter la même attitude que leur fils.

"Ils assument ce qu'ils ont fait, c'est bon, j'ai senti leur sincérité", a confié Enoha, interrogé dans la salle des pas perdus du palais de justice. Un pardon "pour avoir la conscience tranquille". "Ma mère et mon père, surtout, vont pouvoir faire leur deuil, c'est difficile pour eux", ajoute le jeune homme. "J'ai pitié aussi des gars, les peines sont longues, je sais aussi ce que c'est la prison c'est difficile. C'est un beau gâchis tout ça".

La décision de la cour d'assises valant titre de détention, tous les accusés sont repartis à Nuutania ce soir. Reconnus coupables de violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ils ont dix jours pour faire appel. Ils comparaissaient libres sous contrôle judiciaire après avoir déjà passés plusieurs mois en détention provisoire pour certains, deux autres étaient sous surveillance électronique avec assignation à résidence au moment du procès.

La victime, Moearii, était morte sous les coups de ces jeunes en juillet 2014 un soir de bringue à Papara. Le malheureux était venu exprès de Punaauia, ce soir-là, répondant à l'appel à l'aide d'une amie qui accusait l'un des fêtards de lui avoir volé une enceinte Bose. La défense des accusés a insisté ce matin sur le fait que les deux frères, l'un connu pour sa violence et sa pratique des sports de combat, sont arrivés dans la propriété "au pas de charge, de nuit, un samedi soir, et sont entrés dans cette maison sans demander". Une intrusion "dans l'agressivité et l'invective" qui a rapidement viré au pugilat et s'est retournée contre Moearii et son frère, dépassés par la dizaine d'individus auxquels ils ont dû faire face au moment critique. Moearii avait trouvé la mort sur place, succombant notamment à de violents coups de pieds que les uns et les autres lui avaient porté à la tête alors qu'il était déjà à terre.

Tous les accusés ont publiquement regretté et demandé pardon à la famille, parfois avec beaucoup d'émotion.


Alcool et coups mortels pour terminer

Une dernière affaire reste à juger, lundi et mardi prochains, pour clôturer cette session d'assises. Le 27 avril 2014, à Fangatau dans les Tuamotu, une femme de 38 ans avait trouvé la mort sous les coups de son compagnon, âgé de 31 ans. Le couple est connu pour se battre fréquemment. L'enquête démontrera que cette sinistre fin résulte d'une journée d'alcoolisation massive.

Le jour du drame, à midi, le couple décide de faire un tour du village en scooter. Un voisin les invite à prendre un verre. Le verre se transforme en un litre de komo par personne, il reste alors cinq litres de ce puissant alcool dans une glacière. La nièce de la victime est présente et ne tarde pas à entrer en conflit avec sa tante. Le concubin de cette dernière tente de se mêler à la dispute mais sa femme lui assène un coup de poing. En riposte, l'homme la frappe. Commence alors un après-midi de violences qui s'achèvera lorsque la femme, chutant sur le bitume après avoir été repoussé par son compagnon, fera un arrêt cardiaque.

L'accusé, actuellement sous contrôle judiciaire, risque jusqu'à vingt ans de prison.

Rédigé par Raphaël Pierre le Vendredi 15 Septembre 2017 à 19:23 | Lu 9365 fois






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