La semaine “bien remplie” du Pacific Games Council (PGC) s’est terminée dans la fête, ce week-end, lors d’un concert sur le motu de l’InterContinental où l’hymne des prochains jeux du Pacifique a été dévoilé à moins d’un an du début de la compétition (24 juillet au 7 août 2027).
Visites sur les sites, repérage des lieux d’hébergement et des problématiques liées aux transports… le déplacement des délégations des 22 pays membres ainsi que de l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille.
Si le président du PGC, Vidhya Lakhan, est “satisfait de la situation” et salue des “échanges enrichissants qui s’achèvent sur une très bonne note”, quelques critiques ont émaillé la visite des instances à Tahiti.
“Tout ce qui est combat politique, ce n'est pas notre problème”
La première : le coup de gueule du représentant du Vanuatu qui s’est dit “choqué” lors de la réunion sur le site des prochaines épreuves de natation qui se dérouleront à Mama’o, objet de beaucoup de remous ces derniers mois. Puis ce fut au tour du Tavini de monter au créneau en dénonçant, dans un communiqué particulièrement virulent, une “préparation de l’échec” en accusant le gouvernement de “se noyer dans son incompétence”.
La réponse du conseil s’est transformée en une série de questions : “Quelle est leur expérience ? Combien de Jeux ont-ils organisé ? Quelles sont leurs idées ? C’est facile de critiquer depuis l'extérieur. Toutes les compétitions que nous avons organisées ont été un succès. Nous livrerons les installations à temps et nous aurons les Jeux à Tahiti !” La piscine “devrait arriver au début de l’année 2027”, précise la présidente du Comité d'organisation des Jeux (COJ) du Pacifique, Noëlline Parker.
Le président du Comité olympique de la Polynésie française (COPF), Louis Provost, à l’origine du dossier de candidature pour les Jeux 2027, a également remis les pendules à l’heure. “J'ai proposé un dossier à la discrétion des membres du PGA [Pacific Games Associations] avec des structures sur lesquelles nous nous sommes penchés pour les réaliser. Si c'est devenu un cauchemar, ce n'est pas de notre fait, mais au départ on n'a pas vendu du rêve pour obtenir la candidature ! Tout ce qui était dans ce dossier était consistant avec un budget (...) On ne va pas s’arrêter à une installation [la piscine] qui fait couler d'encre, et de salive de la part des spécialistes de Facebook. Tout ce qui est combat politique, ce n'est pas notre problème. Cela m’agace, parce qu’en fait ceux qui parlent sont assis au bord de l'eau et tirent un peu sur la cigarette. Nous on est dans la réalité, on sait ce qu'on veut et ce qu'on va avoir !”
Une porte de sortie trouvée pour le squash ?
Le dirigeant est ensuite revenu sur la situation de la Fédération tahitienne de squash qui risque de se retrouver dos au mur à la suite de l’annonce de la fermeture des courts de l’AS Phénix, d’ici la fin du mois, alors que la nouvelle salle à Pirae ne sera pas opérationnelle avant le début de l’année prochaine : “Vous connaissez le président de l'AS Phénix [Alain Siu, NDLR], lui, c'est moi et après les autres. On lui avait peut-être promis des subventions pour construire ses terrains de tennis. Sauf que ça ne peut pas se réaliser tout simplement parce que les permis de construire déposés n'étaient pas valables. Il a fallu qu'ils les refassent, mais on ne peut pas attendre et puis vous connaissez son caractère donc il est resté enfermé dans sa coquille.On lui a demandé de faire preuve de patriotisme, car c'est la seule salle de squash qu'il y a sur le territoire en attendant la réalisation du bâtiment à Pirae. La frustration a fait qu'il a donné trois mois au squash pour sortir, mais c’est trop court et forcément ils se retrouvent à la rue. Je pense qu'on a peut-être trouvé une solution pour qu’ils puissent tout de même continuer à s'entraîner.”
Le cas de l’athlétisme, où les délégations se sont rendues à Hitia’a afin d'observer le projet de la future piste, a aussi été mis sur la table. Quelques interrogations subsistent encore sur l’entraînement des athlètes, surtout en lancer, pendant la compétition. Il y a quelques jours sur l’antenne de Polynésie la 1ère, l’entraîneur d’athlétisme Karl De Brath prévenait que le Fenua “ne peut pas espérer de médailles : faut pas rêver”, à cause de conditions loin d’être “optimales”.
“C'est vrai que certaines Fédérations ont effectivement cette difficulté par rapport aux terrains d'entraînement. Il faut savoir que pour les lancers, il y a une aire qui est prévue par la fédération d'athlétisme. Les structures sont donc présentes”, répond le président du COPF.
Appel à “l’unité” et au “soutien de la nation”
Les questions logistiques ont également été abordées avec notamment celle des transports et des solutions mises en place pour le déplacement des athlètes face aux nombreux bouchons. “On est capables d'avoir des motards de la gendarmerie pour accompagner le bus de l'équipe de France, je pense qu'en Polynésie, on peut aussi avoir les moyens mis par les dispositions de l'État pour dégager la route et que les gens puissent arriver à temps. Mais il y a d'autres solutions”, confie Louis Provost tandis que Noëlline Parker est consciente du “challenge” et rappelle l'existence d’un département consacré aux transports.
La présidente du COJ et le dirigeant du PGC ont ensuite appelé à “l’unité” et au “rassemblement” autour des Jeux du Pacifique : “Il nous faut le soutien de toute la nation”, insiste Vidhya Lakhan tandis que des événements sont prévus pour faire monter l’engouement et fédérer toute la population polynésienne autour de cet événement. Les chefs de missions se réuniront, en mars 2027, pour faire le point à quelques mois du début de la compétition.
































