Tahiti, le 10 août 2026 – Qui fait finalement traîner le troisième collectif budgétaire ? Alors que le président du Pays impute régulièrement à l'assemblée le retard de certains crédits, notamment pour les Jeux du Pacifique, Tavini, Tapura et Ahip ont décidé d'accélérer. Amendements préparés, commission convoquée mardi, session extraordinaire envisagée le 17 août : les trois groupes étaient prêts à examiner le texte du 24 juin. Mais le gouvernement souhaite désormais le retirer au profit d'une nouvelle version, dont Moetai Brotherson annonçait la transmission à Tarahoi mercredi… tandis que son ministre des Finances évoquait plutôt "la fin du mois".
Mardi à 9 h 30. La date est toujours inscrite, ce lundi matin, à l'agenda de l'assemblée. Vendredi, le président de la commission de l'Économie, des finances et du budget, Heinui Le Caill, a officiellement convoqué ses membres pour examiner deux textes : le troisième collectif budgétaire et son volet consacré aux comptes d'affectation spéciale. Pas la nouvelle version présentée la semaine dernière par le gouvernement à Teave Chaumette-Boudouani et Tahuhu Maraeura, les deux seuls élus à avoir répondu à son invitation, mais bien celle transmise à Tarahoi le 24 juin.
Une initiative décidée en fin de semaine dernière par le Tavini, le Tapura et Ahip. Dans le contexte de la visite du Pacific Games Council (PGC) et des inquiétudes autour de certains équipements, les trois groupes entendaient surtout répondre aux accusations répétées du président du Pays, qui impute au rejet des collectifs budgétaires une partie des retards pris dans la préparation des Jeux.
Cette fois, pas question de laisser prospérer l'accusation d'obstruction. Les élus ont repris le texte déjà entre leurs mains et préparé leurs propres amendements. Selon Nicole Sanquer, le Tavini en aurait une vingtaine et Ahip une cinquantaine. Les trois groupes étant désormais en mesure de constituer une majorité à Tarahoi, ils peuvent revoir eux-mêmes les priorités du collectif plutôt que d'attendre les nouveaux arbitrages du gouvernement.
Les Jeux pour accélérer
Dimanche, Ahip a d'ailleurs choisi les Jeux pour justifier publiquement cette accélération. "Nous avons décidé de prendre nos responsabilités et de commencer l'examen du collectif n°3", explique le groupe, qui conteste le lien établi par le gouvernement entre sa non-adoption et les difficultés rencontrées sur les chantiers.
À l'appui, Ahip reprend les chiffres du collectif. Sur le programme consacré aux sports, les autorisations de programme passent de 3,973 à 4,073 milliards de francs, soit une hausse nette d'un peu plus de 100 millions. Derrière ce solde, 500 millions supplémentaires sont prévus pour le complexe sportif de Punaruu, 55 millions pour Dragon, 30 millions pour les clubs bâtisseurs et 80 millions pour le Yacht Club de Tahiti. À l'inverse, 400 millions sont retirés aux bassins mobiles de natation, 55 millions à Fautaua et 42 millions aux bassins éphémères. Pour Ahip, ces chiffres montrent surtout que les crédits inscrits au collectif correspondent "principalement à des ajustements d'opérations déjà ouvertes, et non au financement initial des chantiers". Le texte "ne peut, à lui seul, expliquer les retards accumulés sur les chantiers des Jeux", estime le groupe.
Le gouvernement retire son texte
Sauf qu'entre-temps, changement de stratégie. Heinui Le Caill a confié à Tahiti Infos que le ministre des Finances, Warren Dexter, l'avait informé vendredi, en marge du conseil d'administration de l'OPT, de l'intention du gouvernement de retirer la première mouture de son collectif. L'exécutif veut désormais transmettre à l'assemblée la version remaniée présentée la semaine dernière à la présidence.
Problème : elle n'est toujours pas arrivée à Tarahoi. Moetai Brotherson assurait mercredi dernier à Tahiti Infos qu'elle serait transmise le 12 août. Mais après trois heures de présentation, Teave Chaumette-Boudouani rapportait un calendrier beaucoup moins assuré. Plusieurs ministres lui avaient laissé entendre que les arbitrages n'étaient toujours pas finalisés et Warren Dexter aurait même évoqué une transmission "plutôt à la fin du mois". Ce lundi en fin de matinée, le retrait n'était lui-même toujours pas formalisé. Heinui Le Caill attendait encore le courrier du gouvernement, qui devait, selon lui, lui être transmis "dans la journée". En attendant, la commission restait inscrite à l'agenda de Tarahoi pour mardi à 9 h 30.
La bataille du calendrier
Une urgence affichée qui ne s'est pourtant jamais traduite par la convocation d'une session extraordinaire pour permettre son examen. "Comment accuser les élus de bloquer un texte que le gouvernement lui-même n'a pas fait examiner ?", interroge Ahip, qui refuse de "porter la responsabilité des retards, des mauvais choix et de l'impréparation du gouvernement". Les trois groupes veulent donc aller jusqu'au bout de leur calendrier : commission mardi, puis séance extraordinaire le 17 août. "Ainsi, il n'y aura plus aucun prétexte pour faire porter aux élus de l'assemblée la responsabilité des retards", insiste Ahip.
Encore faut-il convoquer cette session. La prérogative appartient au président du Pays, mais la loi organique permet également à la majorité absolue des représentants, soit au moins 29 élus, d'en demander la réunion. Tavini, Tapura et Ahip disposent ensemble de ce seuil et peuvent donc, s'ils restent d'accord, provoquer eux-mêmes la réunion de l'assemblée le 17 août. De quoi renverser, au moins provisoirement, le procès en obstruction fait à Tarahoi : alors que les élus se disent désormais prêts à examiner le collectif, c'est le gouvernement qui leur demande aujourd'hui d'en suspendre l'examen.
Mardi à 9 h 30. La date est toujours inscrite, ce lundi matin, à l'agenda de l'assemblée. Vendredi, le président de la commission de l'Économie, des finances et du budget, Heinui Le Caill, a officiellement convoqué ses membres pour examiner deux textes : le troisième collectif budgétaire et son volet consacré aux comptes d'affectation spéciale. Pas la nouvelle version présentée la semaine dernière par le gouvernement à Teave Chaumette-Boudouani et Tahuhu Maraeura, les deux seuls élus à avoir répondu à son invitation, mais bien celle transmise à Tarahoi le 24 juin.
Une initiative décidée en fin de semaine dernière par le Tavini, le Tapura et Ahip. Dans le contexte de la visite du Pacific Games Council (PGC) et des inquiétudes autour de certains équipements, les trois groupes entendaient surtout répondre aux accusations répétées du président du Pays, qui impute au rejet des collectifs budgétaires une partie des retards pris dans la préparation des Jeux.
Cette fois, pas question de laisser prospérer l'accusation d'obstruction. Les élus ont repris le texte déjà entre leurs mains et préparé leurs propres amendements. Selon Nicole Sanquer, le Tavini en aurait une vingtaine et Ahip une cinquantaine. Les trois groupes étant désormais en mesure de constituer une majorité à Tarahoi, ils peuvent revoir eux-mêmes les priorités du collectif plutôt que d'attendre les nouveaux arbitrages du gouvernement.
Les Jeux pour accélérer
Dimanche, Ahip a d'ailleurs choisi les Jeux pour justifier publiquement cette accélération. "Nous avons décidé de prendre nos responsabilités et de commencer l'examen du collectif n°3", explique le groupe, qui conteste le lien établi par le gouvernement entre sa non-adoption et les difficultés rencontrées sur les chantiers.
À l'appui, Ahip reprend les chiffres du collectif. Sur le programme consacré aux sports, les autorisations de programme passent de 3,973 à 4,073 milliards de francs, soit une hausse nette d'un peu plus de 100 millions. Derrière ce solde, 500 millions supplémentaires sont prévus pour le complexe sportif de Punaruu, 55 millions pour Dragon, 30 millions pour les clubs bâtisseurs et 80 millions pour le Yacht Club de Tahiti. À l'inverse, 400 millions sont retirés aux bassins mobiles de natation, 55 millions à Fautaua et 42 millions aux bassins éphémères. Pour Ahip, ces chiffres montrent surtout que les crédits inscrits au collectif correspondent "principalement à des ajustements d'opérations déjà ouvertes, et non au financement initial des chantiers". Le texte "ne peut, à lui seul, expliquer les retards accumulés sur les chantiers des Jeux", estime le groupe.
Le gouvernement retire son texte
Sauf qu'entre-temps, changement de stratégie. Heinui Le Caill a confié à Tahiti Infos que le ministre des Finances, Warren Dexter, l'avait informé vendredi, en marge du conseil d'administration de l'OPT, de l'intention du gouvernement de retirer la première mouture de son collectif. L'exécutif veut désormais transmettre à l'assemblée la version remaniée présentée la semaine dernière à la présidence.
Problème : elle n'est toujours pas arrivée à Tarahoi. Moetai Brotherson assurait mercredi dernier à Tahiti Infos qu'elle serait transmise le 12 août. Mais après trois heures de présentation, Teave Chaumette-Boudouani rapportait un calendrier beaucoup moins assuré. Plusieurs ministres lui avaient laissé entendre que les arbitrages n'étaient toujours pas finalisés et Warren Dexter aurait même évoqué une transmission "plutôt à la fin du mois". Ce lundi en fin de matinée, le retrait n'était lui-même toujours pas formalisé. Heinui Le Caill attendait encore le courrier du gouvernement, qui devait, selon lui, lui être transmis "dans la journée". En attendant, la commission restait inscrite à l'agenda de Tarahoi pour mardi à 9 h 30.
La bataille du calendrier
Une urgence affichée qui ne s'est pourtant jamais traduite par la convocation d'une session extraordinaire pour permettre son examen. "Comment accuser les élus de bloquer un texte que le gouvernement lui-même n'a pas fait examiner ?", interroge Ahip, qui refuse de "porter la responsabilité des retards, des mauvais choix et de l'impréparation du gouvernement". Les trois groupes veulent donc aller jusqu'au bout de leur calendrier : commission mardi, puis séance extraordinaire le 17 août. "Ainsi, il n'y aura plus aucun prétexte pour faire porter aux élus de l'assemblée la responsabilité des retards", insiste Ahip.
Encore faut-il convoquer cette session. La prérogative appartient au président du Pays, mais la loi organique permet également à la majorité absolue des représentants, soit au moins 29 élus, d'en demander la réunion. Tavini, Tapura et Ahip disposent ensemble de ce seuil et peuvent donc, s'ils restent d'accord, provoquer eux-mêmes la réunion de l'assemblée le 17 août. De quoi renverser, au moins provisoirement, le procès en obstruction fait à Tarahoi : alors que les élus se disent désormais prêts à examiner le collectif, c'est le gouvernement qui leur demande aujourd'hui d'en suspendre l'examen.

































