Tahiti, le 3 juin 2026 - Soutenir le pouvoir d’achat des plus modestes grâce à une carte donnant droit à des remises sur certains produits de première nécessité : l’objectif séduit le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). Mais les représentants de la société civile alertent une fois de plus sur un dispositif trop complexe, insuffisamment ciblé et potentiellement inadapté aux réalités du terrain. Résultat : un avis favorable sur le principe, mais défavorable sur les modalités de mise en œuvre.
C’est devenu presque une marque de fabrique du Cesec : saluer l’objectif tout en étrillant la méthode. Réuni ce mercredi matin, le conseil a rendu un avis nuancé sur le projet de loi du Pays créant une carte de remise sur certains produits de première nécessité (PPN), destinée aux publics les plus vulnérables.
Sur le fond, peu de contestation. Dans un contexte où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et où les prix à la consommation restent parmi les plus élevés de l’outre-mer, le Cesec partage l’ambition du gouvernement de soutenir le pouvoir d’achat. Mais il estime que le dispositif imaginé risque de créer davantage de contraintes que de solutions.
Le principal reproche porte sur l’architecture même du système. Le texte prévoit une nouvelle carte, gérée par un opérateur extérieur et connectée aux commerçants partenaires. Une mécanique dont le coût reste imprécis et que le Cesec juge difficile à justifier alors que des outils comme la carte Fa’atupu ou l’application FARE existent déjà. Lors des débats, Jean-François Benhamza a dénoncé “un certain nombre de chicanes” et une “multiplication des systèmes de gestion” pour les bénéficiaires comme pour les commerçants.
Une aide plus simple serait-elle plus efficace ?
Pour plusieurs conseillers, la question est simple : faut-il vraiment créer une nouvelle structure pour distribuer une aide de 3 000 francs par mois ? “Plus 3 000 francs sur les aides sociales, ça simplifierait les choses”, a résumé Jean-François Benhamza. Dans son avis, le Cesec recommande d’ailleurs d’abonder directement les aides sociales existantes plutôt que de créer un nouveau dispositif.
L’autre grand point de friction concerne le nombre de bénéficiaires. Destinée à environ 13 000 personnes, la carte ne toucherait qu’une partie des Polynésiens vivant sous le seuil de pauvreté. “On va aider 13 000 personnes, et les 60 000 autres qui restent ne sont pas considérées”, a réagi Patrick Galenon, rappelant que quelque 72 000 Polynésiens se trouvent dans cette situation selon les données de la CPS.
Le conseil s’interroge également sur les effets du dispositif dans les archipels. Maeva Wane a notamment pointé les difficultés que pourraient rencontrer certains commerces des îles éloignées, dont l’adhésion au système reste facultative et dépend d’équipements adaptés. Autre réserve : l’obligation de consommer l’intégralité de l’aide chaque mois. En l’état, tout reliquat serait perdu. Une règle que Florence Drollet a résumée d’une formule parlante : “Tu n’as pas dépensé ton solde le 31, le 1er il n’y a plus rien, c’est zéro.”
Adopté par 40 voix pour et trois abstentions, l’avis du Cesec ne remet donc pas en cause la nécessité d’aider les ménages les plus modestes face à la vie chère. Mais il adresse un message clair au gouvernement : oui au soutien du pouvoir d’achat, non à une mécanique jugée inutilement complexe.
C’est devenu presque une marque de fabrique du Cesec : saluer l’objectif tout en étrillant la méthode. Réuni ce mercredi matin, le conseil a rendu un avis nuancé sur le projet de loi du Pays créant une carte de remise sur certains produits de première nécessité (PPN), destinée aux publics les plus vulnérables.
Sur le fond, peu de contestation. Dans un contexte où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et où les prix à la consommation restent parmi les plus élevés de l’outre-mer, le Cesec partage l’ambition du gouvernement de soutenir le pouvoir d’achat. Mais il estime que le dispositif imaginé risque de créer davantage de contraintes que de solutions.
Le principal reproche porte sur l’architecture même du système. Le texte prévoit une nouvelle carte, gérée par un opérateur extérieur et connectée aux commerçants partenaires. Une mécanique dont le coût reste imprécis et que le Cesec juge difficile à justifier alors que des outils comme la carte Fa’atupu ou l’application FARE existent déjà. Lors des débats, Jean-François Benhamza a dénoncé “un certain nombre de chicanes” et une “multiplication des systèmes de gestion” pour les bénéficiaires comme pour les commerçants.
Une aide plus simple serait-elle plus efficace ?
Pour plusieurs conseillers, la question est simple : faut-il vraiment créer une nouvelle structure pour distribuer une aide de 3 000 francs par mois ? “Plus 3 000 francs sur les aides sociales, ça simplifierait les choses”, a résumé Jean-François Benhamza. Dans son avis, le Cesec recommande d’ailleurs d’abonder directement les aides sociales existantes plutôt que de créer un nouveau dispositif.
L’autre grand point de friction concerne le nombre de bénéficiaires. Destinée à environ 13 000 personnes, la carte ne toucherait qu’une partie des Polynésiens vivant sous le seuil de pauvreté. “On va aider 13 000 personnes, et les 60 000 autres qui restent ne sont pas considérées”, a réagi Patrick Galenon, rappelant que quelque 72 000 Polynésiens se trouvent dans cette situation selon les données de la CPS.
Le conseil s’interroge également sur les effets du dispositif dans les archipels. Maeva Wane a notamment pointé les difficultés que pourraient rencontrer certains commerces des îles éloignées, dont l’adhésion au système reste facultative et dépend d’équipements adaptés. Autre réserve : l’obligation de consommer l’intégralité de l’aide chaque mois. En l’état, tout reliquat serait perdu. Une règle que Florence Drollet a résumée d’une formule parlante : “Tu n’as pas dépensé ton solde le 31, le 1er il n’y a plus rien, c’est zéro.”
Adopté par 40 voix pour et trois abstentions, l’avis du Cesec ne remet donc pas en cause la nécessité d’aider les ménages les plus modestes face à la vie chère. Mais il adresse un message clair au gouvernement : oui au soutien du pouvoir d’achat, non à une mécanique jugée inutilement complexe.


































