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Appel à l’union chez les indépendantistes


Tahiti, le 11 octobre 2026 - Oscar Temaru a eu du mal à réunir ses militants dimanche place Tarahoi pour commémorer la mémoire de Pouvana’a a Oopa, arrêté le 11 octobre 1958. Sous les nuages gris et la pluie, il a tout de même lancé sa pétition, mais aussi un appel à la réunification des indépendantistes. 

 

Journée de mobilisation ce dimanche pour le Tavini. Au pied de la stèle de Pouvana’a a Oopa, environ 70 militants se sont retrouvés pour commémorer le combat du Metua et participer au lancement de la pétition souhaitée par Oscar Temaru demandant la reconnaissance immédiate de l’indépendance de la Polynésie française.  

“Aujourd’hui, c’est une date importante, on lui doit bien ça, c’est un devoir de mémoire”, expliquait Oscar Temaru après trois heures de discours entrecoupés de chants. “On lance aussi officiellement la pétition. C'est aussi un moyen reconnu par l'Organisation des Nations unies, les pétitions. C'est pour ça qu'on nous appelle pétitionnaires. On va parcourir le pays pour demander à tout le monde de signer cette pétition. Et j'espère recueillir le nombre de signatures qu'il faut. (…) On verra quel sera le taux de participation, et si on a la majorité. Nous allons la présenter au niveau du comité de décolonisation, du quatrième comité et déclarer notre pays État souverain.” 

Si cette déclaration unilatérale est toujours d’actualité pour le fondateur du Tavini, ses ouailles ne l’entendent pas tous de la même oreille. Rares étaient d’ailleurs les représentants à l’assemblée du parti ainsi que les militants, barrés par la pluie.  

Alors pourquoi cette pétition aujourd’hui, alors que les différents mouvements politiques du Fenua s’entendent enfin pour demander l’envoi d’une mission du C24 à Papeete pour écouter les avis de chacun ? Et pourquoi ne pas préférer les élections législatives qui arrivent pour présenter des candidats Tavini et dire ‘voter pour eux, c’est voter pour l’indépendance’ ? 

Réponse de l’intéressé. “Une pétition, c'est reconnu par l'ONU”, indique Oscar Temaru qui ne souhaite pas que les absents des scrutins électoraux soient comptabilisés comme contre l’indépendance.  

Cette indépendance aujourd’hui est portée par deux, voire trois voix différentes. Oscar Temaru, leader historique du combat, Moetai Brotherson, qui a formé autour de sa vision le groupe A Fano Ti’a à l’assemblée, mais aussi Tony Géros, qui prend de plus en plus de largesses dans la conduite du parti. Un problème pour Oscar Temaru qui demandait place Tarahoi “l’union” de ces voix pour remettre sur les rails le discours indépendantiste.  

Oscar Temaru doit d’ailleurs s’entretenir avec Tony Géros quand ce dernier sera rentré de New York.  


Vannina Crolas, ministre et militante Tavini 

“On ne peut pas avancer divisés” 

 

Pourquoi est-ce que c'est important d'être là aujourd'hui ?  

“C'est un fait de notre histoire, un fait important qu'on vient se remémorer chaque année et qu’il convient aussi de se réapproprier et de transmettre à nos enfants. Mais au-delà de ça, c'est aussi la transmission et la réappropriation de notre histoire. Qu'est-ce qui se serait passé si l'État n'avait pas réussi son coup ? Peut-être qu'on serait indépendants aujourd'hui. En tout cas, c'est important d'être là, d'abord en tant que ministre, mais aussi en tant que militante Tavini, puisque c'est une invitation de notre président Oscar Temaru.”  

 

Le président a aussi voulu faire de cette journée le lancement de la pétition, qui est une démarche défendue par lui, mais pas par beaucoup d'autres personnes dans le parti. On sent quand même qu'il y a deux visions des choses. Est-ce qu'il faut choisir ?  

“Je pense que tous les moyens sont bons, et que cette pétition du président metua est un moyen pour répondre au non-respect par la France du droit international, et donc de l'ouverture du dialogue de décolonisation qui est attendu depuis 2013. Elle ne sera pas transmise à l'ONU si ce n'est qu'une minorité qui l'a signée. Donc ça change tout. Il y a quand même le principe de la démocratie dans cette pétition.” 


Cette démarche vers une déclaration unilatérale de l'indépendance, le président du Pays, Moetai Brotherson, l'a commentée et pour lui, c'est non. Vous venez de ce gouvernement, ce n’est pas un peu compliqué ? 

“Je suis entièrement membre du gouvernement et entièrement Tavini. Au gouvernement, on a des personnes qui n'ont aucun parti. Moi, je suis Tavini et je reste au gouvernement.” 

 

Ce doit être difficile à négocier quand le Tavini vote contre les textes du gouvernement…  

“Parfois je ne comprends pas le Tavini à l'assemblée. Parfois je comprends, mais je suis loyale au gouvernement. Pour le Tavini, je laisse les élus de l'assemblée prendre leurs décisions.” 

 

Mitema Tapiti, comme le président Oscar Temaru, demande que les indépendantistes se réunissent. C’est possible ? 

“Oui, tout à fait. Je me suis battue pour qu'il n'y ait pas de scission, qu'il n'y ait pas de création du groupe A Fano Ti’a. On ne peut pas avancer divisés, c'est l'échec assuré.”  

 

Il y a une nouvelle division qui se fait jour où on voit que Tony Géros prend des décisions sans en référer au président du parti. 

“Oui, c'est effectivement le cas, mais c'est l'appel de notre président aujourd'hui, c’est qu'on puisse se rassembler et se réconcilier. En fait, c'est ce que j'ai toujours demandé. On a les mêmes objectifs.” 


Rédigé par Bertrand PREVOST le Dimanche 11 Octobre 2026 à 21:07 | Lu 580 fois