Tahiti, le 8 avril 2026 – À la veille de l’ouverture de la session administrative, le nouveau groupe “souverainiste” A fano tia s’est dévoilé, fort de 15 élus après le ralliement de Félix Tetua. Un groupe né d’échanges directs avec le président Moetai Brotherson, qui doit lire dès jeudi un manifeste corédigé avec eux, esquissant les contours d’un futur mouvement politique en vue de 2028. Accusés de “traîtrise” et soupçonnés d’arrière-pensées opportunistes à la veille du renouvellement des commissions, ses membres ont répondu en refusant toute présidence, revendiquant une posture de “responsabilité” et un recentrage sur le programme de 2023.
Ils ont attendu. Observé. Et finalement choisi de parler. À la veille de la session administrative, sous le fare pote’e des jardins de l’assemblée, les élus du nouveau groupe “souverainiste” A fano tia ont livré leur version des faits, après plusieurs jours de critiques et de spéculations nées de leur départ du Tavini. “L’objectif de la création de ce groupe […] c’est d’abord un objectif de clarification”, pose d’emblée Tematai Le Gayic.
Une clarification politique, après des mois de divergences internes. Mais aussi une clarification stratégique, alors que, selon eux, le cap fixé lors des campagnes de 2022 et 2023 s’est progressivement brouillé.
Le groupe, désormais fort de 15 élus, s’est formé en quelques jours à peine, au cours du week-end de Pâques, à l’issue d’échanges individuels entre Moetai Brotherson et chacun des futurs membres. Le président du Pays doit d’ailleurs les recevoir à nouveau ce mercredi soir à 17 heures, avec l’ensemble du gouvernement, à la veille d’une session administrative qui s’annonce hautement politique.
Un pivot pour stabiliser
Dans une assemblée désormais sans majorité absolue, A fano tia entend se poser en pivot. Mais un pivot stabilisateur. “Nous ne participerons à aucune tentative de déstabilisation des institutions”, martèle Tematai Le Gayic. Pas de motion de défiance, pas de stratégie de rupture. Le message est clair : le gouvernement Brotherson doit aller au bout de son mandat.
En contrepartie, le groupe annonce soutenir les textes essentiels. “Nous sommes dans cette logique de voter tous les textes les plus importants”, insiste-t-il. Mais pas question de chèque en blanc. Les élus attendent désormais un coup d’accélérateur sur la vie chère, le logement ou encore l’emploi. “Ce qui est attendu de nous, c’est […] apporter des solutions.” Un signal clair envoyé à Moetai Brotherson, appelé à passer à la vitesse supérieure sur ces sujets du quotidien.
“On n’est pas des autonomistes”
Face aux critiques, parfois virulentes, le groupe assume une ligne politique qui se veut distincte, sans renier son ADN : “On n’est pas devenus des autonomistes”, insiste Steve Chailloux. “Nous restons des souverainistes.” Mais avec une ligne rouge : la méthode. Depuis 2022, ils le répètent – l’accession à la souveraineté doit passer par les urnes. “Une auto-proclamation d’indépendance […] ça ne fonctionne pas”, tranche Tematai Le Gayic. C’est précisément ce désaccord de fond qui a creusé le fossé. Là où certains estiment aujourd’hui qu’une indépendance pourrait être actée sans référendum, eux revendiquent une trajectoire démocratique, “en accord avec les Polynésiens”.
Une divergence devenue irréconciliable, nourrie par plusieurs épisodes de tension. D’abord en 2022, lorsqu’au soir même de leur élection comme députés, le Tavini leur demande de démissionner. Puis lors des municipales à Papeete, où les décisions du congrès du parti – qui avaient initialement désigné Tematai Le Gayic – n’ont finalement pas été respectées, au profit du soutien à Tauhiti Nena. Deux séquences, et une même conclusion : pour A fano tia, la ligne politique du Tavini s’est éloignée de celle qui les avait portés en 2023.
Mais c’est sur leurs intentions que les critiques ont été les plus virulentes. En créant leur groupe à la veille du renouvellement des commissions (et des moyens financiers supplémentaires qui y sont liés), les élus ont été accusés d’opportunisme, allant jusqu’à être traités de “vendus”. Une attaque qu’ils balayent. Et pour couper court à la polémique, A fano tia annonce refuser toute présidence de commission. “On nous prête des intentions qui ne sont pas les nôtres”, répond Tematai Le Gayic, assurant vouloir “sortir de ces tractations”.
Un choix assumé, destiné à démontrer que leur démarche n’est guidée ni par les postes ni par les moyens, mais par une ligne politique qu’ils revendiquent désormais au grand jour.
Un manifeste pour un nouveau mouvement politique
Mais au-delà du groupe parlementaire, c’est déjà l’après qui se joue. Un manifeste politique, corédigé avec Moetai Brotherson, sera lu dès jeudi à l’ouverture de la session administrative. Un choix qui bouscule les codes en transformant un rendez-vous institutionnel en tribune politique.
Un mélange des genres pleinement assumé par Tematai Le Gayic, qui y voit au contraire une évolution nécessaire. “Le déploiement de politique publique est issu d’une vision politique”, explique-t-il. Jusqu’ici, la ligne était claire : au parti le combat d’idées, au gouvernement la gestion. A fano tia entend désormais bousculer cet équilibre et appelle le président du Pays à endosser un rôle plus politique. Car derrière ce manifeste, c’est bien la naissance d’un nouveau mouvement qui se dessine. Une offre politique déjà tournée vers les territoriales de 2028. Il reste à déterminer sous quelle forme et avec quel leadership. Le groupe assure vouloir rompre avec les partis incarnés par une seule figure. “On veut construire un mouvement qui survive à ses leaders”, explique Tematai Le Gayic, refusant un modèle “incarné par une seule personne”.
Dans une assemblée fragmentée, A fano tia fait le pari d’exister sans majorité, sans levier institutionnel fort, mais avec une capacité d’influence. “Nous, on est le bloc qui permet cette stabilité des institutions”, résume Tematai Le Gayic.
Reste à savoir si cette ligne affichée – entre soutien au gouvernement et construction d’une nouvelle offre politique – résistera aux tensions internes, aux échéances électorales à venir et aux attentes sociales toujours plus pressantes. Car cette nouvelle configuration redistribue les cartes. Faute de majorité claire, chaque vote deviendra un rapport de force. Et dans ce jeu d’équilibre, l’opposition pourrait bien tirer son épingle du jeu, en arbitre des textes, tantôt aux côtés du gouvernement et d’A fano tia, tantôt avec la branche dure du Tavini pour faire obstacle.
Ils ont attendu. Observé. Et finalement choisi de parler. À la veille de la session administrative, sous le fare pote’e des jardins de l’assemblée, les élus du nouveau groupe “souverainiste” A fano tia ont livré leur version des faits, après plusieurs jours de critiques et de spéculations nées de leur départ du Tavini. “L’objectif de la création de ce groupe […] c’est d’abord un objectif de clarification”, pose d’emblée Tematai Le Gayic.
Une clarification politique, après des mois de divergences internes. Mais aussi une clarification stratégique, alors que, selon eux, le cap fixé lors des campagnes de 2022 et 2023 s’est progressivement brouillé.
Le groupe, désormais fort de 15 élus, s’est formé en quelques jours à peine, au cours du week-end de Pâques, à l’issue d’échanges individuels entre Moetai Brotherson et chacun des futurs membres. Le président du Pays doit d’ailleurs les recevoir à nouveau ce mercredi soir à 17 heures, avec l’ensemble du gouvernement, à la veille d’une session administrative qui s’annonce hautement politique.
Un pivot pour stabiliser
Dans une assemblée désormais sans majorité absolue, A fano tia entend se poser en pivot. Mais un pivot stabilisateur. “Nous ne participerons à aucune tentative de déstabilisation des institutions”, martèle Tematai Le Gayic. Pas de motion de défiance, pas de stratégie de rupture. Le message est clair : le gouvernement Brotherson doit aller au bout de son mandat.
En contrepartie, le groupe annonce soutenir les textes essentiels. “Nous sommes dans cette logique de voter tous les textes les plus importants”, insiste-t-il. Mais pas question de chèque en blanc. Les élus attendent désormais un coup d’accélérateur sur la vie chère, le logement ou encore l’emploi. “Ce qui est attendu de nous, c’est […] apporter des solutions.” Un signal clair envoyé à Moetai Brotherson, appelé à passer à la vitesse supérieure sur ces sujets du quotidien.
“On n’est pas des autonomistes”
Face aux critiques, parfois virulentes, le groupe assume une ligne politique qui se veut distincte, sans renier son ADN : “On n’est pas devenus des autonomistes”, insiste Steve Chailloux. “Nous restons des souverainistes.” Mais avec une ligne rouge : la méthode. Depuis 2022, ils le répètent – l’accession à la souveraineté doit passer par les urnes. “Une auto-proclamation d’indépendance […] ça ne fonctionne pas”, tranche Tematai Le Gayic. C’est précisément ce désaccord de fond qui a creusé le fossé. Là où certains estiment aujourd’hui qu’une indépendance pourrait être actée sans référendum, eux revendiquent une trajectoire démocratique, “en accord avec les Polynésiens”.
Une divergence devenue irréconciliable, nourrie par plusieurs épisodes de tension. D’abord en 2022, lorsqu’au soir même de leur élection comme députés, le Tavini leur demande de démissionner. Puis lors des municipales à Papeete, où les décisions du congrès du parti – qui avaient initialement désigné Tematai Le Gayic – n’ont finalement pas été respectées, au profit du soutien à Tauhiti Nena. Deux séquences, et une même conclusion : pour A fano tia, la ligne politique du Tavini s’est éloignée de celle qui les avait portés en 2023.
Mais c’est sur leurs intentions que les critiques ont été les plus virulentes. En créant leur groupe à la veille du renouvellement des commissions (et des moyens financiers supplémentaires qui y sont liés), les élus ont été accusés d’opportunisme, allant jusqu’à être traités de “vendus”. Une attaque qu’ils balayent. Et pour couper court à la polémique, A fano tia annonce refuser toute présidence de commission. “On nous prête des intentions qui ne sont pas les nôtres”, répond Tematai Le Gayic, assurant vouloir “sortir de ces tractations”.
Un choix assumé, destiné à démontrer que leur démarche n’est guidée ni par les postes ni par les moyens, mais par une ligne politique qu’ils revendiquent désormais au grand jour.
Un manifeste pour un nouveau mouvement politique
Mais au-delà du groupe parlementaire, c’est déjà l’après qui se joue. Un manifeste politique, corédigé avec Moetai Brotherson, sera lu dès jeudi à l’ouverture de la session administrative. Un choix qui bouscule les codes en transformant un rendez-vous institutionnel en tribune politique.
Un mélange des genres pleinement assumé par Tematai Le Gayic, qui y voit au contraire une évolution nécessaire. “Le déploiement de politique publique est issu d’une vision politique”, explique-t-il. Jusqu’ici, la ligne était claire : au parti le combat d’idées, au gouvernement la gestion. A fano tia entend désormais bousculer cet équilibre et appelle le président du Pays à endosser un rôle plus politique. Car derrière ce manifeste, c’est bien la naissance d’un nouveau mouvement qui se dessine. Une offre politique déjà tournée vers les territoriales de 2028. Il reste à déterminer sous quelle forme et avec quel leadership. Le groupe assure vouloir rompre avec les partis incarnés par une seule figure. “On veut construire un mouvement qui survive à ses leaders”, explique Tematai Le Gayic, refusant un modèle “incarné par une seule personne”.
Dans une assemblée fragmentée, A fano tia fait le pari d’exister sans majorité, sans levier institutionnel fort, mais avec une capacité d’influence. “Nous, on est le bloc qui permet cette stabilité des institutions”, résume Tematai Le Gayic.
Reste à savoir si cette ligne affichée – entre soutien au gouvernement et construction d’une nouvelle offre politique – résistera aux tensions internes, aux échéances électorales à venir et aux attentes sociales toujours plus pressantes. Car cette nouvelle configuration redistribue les cartes. Faute de majorité claire, chaque vote deviendra un rapport de force. Et dans ce jeu d’équilibre, l’opposition pourrait bien tirer son épingle du jeu, en arbitre des textes, tantôt aux côtés du gouvernement et d’A fano tia, tantôt avec la branche dure du Tavini pour faire obstacle.
Démission : menace théorique, bombe politique
C’est l’un des reproches qui leur est adressé : ne pas avoir rendu leur siège après leur départ du Tavini. “Je n’ai pas été élu par un homme, j’ai été élu par les Polynésiens”, rétorque le président du groupe A fano tia, Tematai Le Gayic, qui refuse de “fuir” ses responsabilités à deux ans de la fin de la mandature.
En toile de fond, un autre scénario circule : celui d’une démission de Moetai Brotherson. Le président s’est dit prêt à partir si le Tavini le lui demandait. Mais pas question d’une décision prise en cercle restreint : “Pas avec dix pelés et trois tondus”, ironise Tematai Le Gayic, qui renvoie cet arbitrage à une décision formelle du congrès du parti. Une hypothèse loin d’être anodine. Car en cas de démission, le président redescendrait à l’assemblée, ouvrant la voie à une nouvelle élection… dans un hémicycle sans majorité absolue.
En toile de fond, un autre scénario circule : celui d’une démission de Moetai Brotherson. Le président s’est dit prêt à partir si le Tavini le lui demandait. Mais pas question d’une décision prise en cercle restreint : “Pas avec dix pelés et trois tondus”, ironise Tematai Le Gayic, qui renvoie cet arbitrage à une décision formelle du congrès du parti. Une hypothèse loin d’être anodine. Car en cas de démission, le président redescendrait à l’assemblée, ouvrant la voie à une nouvelle élection… dans un hémicycle sans majorité absolue.






























