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30 ans du Casa, un avion clé des évacuations sanitaires


©FAPF
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Tahiti, le 15 avril 2026 - dès 10 heures mercredi matin, de nombreux habitants des alentours la base aérienne 190 de Faa'a ont levé les yeux vers le ciel, intrigués par un véritable ballet aérien d’avions militaires. Non, il ne s’agissait ni d’un entraînement ni d’une succession d’évacuations sanitaires – fort heureusement – mais d’une démonstration organisée à l’occasion des 30 ans de présence en Polynésie du Casa CN-235 construit pas le fabricant espagnol Construcciones Aeronáuticas Sociedad Anónima.
 
Pour cette journée de commémoration, les forces armées en Polynésie (FAPF) ont proposé un programme riche, avec notamment une démonstration des capacités de l’appareil et des largages de parachutistes aux couleurs tricolores, associées à celles du Fenua.
 
Le Casa, aujourd'hui paré de bleu et vert et de l’inscription “30 ANS”, est un avion emblématique de l’armée de l’air en Polynésie, est bien connu pour ses missions de transport militaire, de surveillance et de transport au profit de l'armée. Mais il joue surtout un rôle essentiel dans les évacuations sanitaires, notamment lorsqu’il y a plusieurs patients à prendre en charge ou en cas d’urgence.
 
Le commandant Alex Reiche se souvient d’ailleurs d’une intervention particulièrement marquante “pour aller chercher un nourrisson prématuré à Raivavae, aux Australes, un 25 décembre 2024, jour de Noël.” Une mission qui s’est soldée par un sauvetage, non sans émotion. “Parfois, les parents nous donnent des nouvelles des nouveau-nés qui grandissent”, confie-t-il, encore touché.
 
Le pilote décrit un appareil indispensable pour un territoire aussi vaste que morcelé, comme l’est la Polynésie française. “L’avion dessert une cinquantaine d’îles, souvent sur des pistes non éclairées.” Une capacité cruciale sur le territoire. Le Casa ne transporte pas seulement du personnel ou du matériel : il intervient aussi lors d’opérations de secours : “On effectue également des largages de vivres pour des bateaux en détresse ou des rescapés en mer”, poursuit le commandant.
 
Conçu pour être robuste, l’appareil se distingue par sa fiabilité : “C’est un système qui ne tombe pas en panne facilement.” Une qualité essentielle pour un avion sollicité lors de conditions parfois extrêmes, entre pistes sommaires et météo imprévisible. “Il est vraiment fait pour ce territoire”, résume-t-il.

​“Deux à trois missions par semaines”


Derrière ces missions, une équipe soudée : six pilotes, hommes et femmes, et 26 membres d’équipage au total assurent le bon fonctionnement des opérations.
 
Mercredi, la journée a également été marquée par une démonstration de vols synchronisés, mettant en avant la rapidité de décollage de l’appareil. Le commandant précise : “Pour aller à l’autre bout de la Polynésie, jusqu’à Mangareva, il faut environ quatre heures de vol. À l’inverse, pour rejoindre Moorea, il suffit de 15 minutes.” Il évoque les contraintes logistiques des secours en hélicoptère et l’utilité du Casa dans ce contexte : “En début d’année, pour deux évacuations à Rapa, l’hélicoptère aurait mis 12 heures avec des ravitaillements [en carburant]. Une fois, un hélicoptère a pris un patient à Rapa, l’a rapproché, et avec le Casa, on l’a récupéré pour rentrer plus vite à Tahiti afin qu’il soit pris en charge au Taaone.”
 
Le Casa peut embarquer jusqu’à 45 passagers ou six tonnes de fret, avec une autonomie pouvant aller jusqu’à 5 000 kilomètres.
 
En 2025, les Casa ont réalisé 34 évacuations sanitaires représentant 180 heures de vol. “On est autour de deux à trois missions par semaine”, complète le commandant.
 
Depuis trois décennies, cet avion militaire assure des missions de surveillance, de transport au profit de l’armée, mais aussi et surtout de secours et d’assistance, “au service de la population”.
 
Le détachement Air 190 de Faa’a dispose de deux appareils en opération au Fenua, opérationnels en permanence. Un dispositif discret, mais essentiel pour relier et secourir les îles les plus isolées.
 
Mercredi, la journée de fête et de célébration, a été rythmée par un programme riche. Les invités ont notamment pu monter à bord du Farman F120, l'avion qui a été remplacé par le Casa. La matinée s’est poursuivie avec saut parachutiste de l’équipe PHENIX, une démonstration cynophile du détachement de fusiliers marins, puis une démonstration tactique du Casa CN-235 avant une présentation de PA Quads. En parallèle, des présentations statiques ont permis de présenter l’aéronef Falcon 50, un hélicoptère Dauphin, l’avion Casa CN-235 “Maine”, les quads du RIMaP-P ainsi que divers matériels des forces armées en Polynésie française, dont le Farman F120 avec l’ensemble de son matériel médical.

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Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 15 Avril 2026 à 19:01 | Lu 410 fois