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25 ans pour avoir mortellement poignardé sa compagne


Tahiti, le 20 avril 2026 - L'homme de 52 ans jugé durant deux jours devant la cour d'assises de Papeete pour avoir mis un coup de couteau mortel à sa femme le 29 août 2022 à Bora Bora a été condamné lundi à 25 ans de réclusion criminelle. Une peine conforme à celle requise par l'avocat général.

Le procès d'un homme de 52 ans, poursuivi pour avoir volontairement causé la mort de sa compagne en lui portant un coup de couteau au thorax le 29 août 2022 à Bora Bora, s'est achevé lundi soir avec la condamnation de l'accusé à une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

Le quinquagénaire, décrit comme ayant une dépendance à l'alcool avec des antécédents allégués de violence conjugale, avait été interpellé le jour des faits alors qu'il était endormi sur un canapé après avoir gravement blessé sa concubine. Une femme chez laquelle il vivait et qui l'entretenait, une compagne qui lui avait demandé de quitter son domicile. Trois heures après le drame, il présentait une alcoolémie d'1,6 gramme d’alcool par litre de sang. Placé en garde à vue après dégrisement, il avait reconnu avoir porté le coup mortel tout en assurant que cela était involontaire et que les faits avaient eu lieu dans le cadre d'une dispute conjugale.

“L'alcool a bon dos”

Plus tôt dans la journée, la cour d'assises avait tout d'abord entendu le médecin légiste qui avait autopsié le corps de la victime, une femme décrite comme étant “douce”, “travailleuse” et maternelle qui avait sept filles et 12 mo’otua. Face aux déclarations de l'accusé selon lequel le coup avait été porté de manière involontaire, l'expert a émis des doutes au regard de “l'intensité nécessaire” pour “infliger ce type de lésion” et pour arriver à sectionner une côte et atteindre le cœur.

En début d'après-midi, c'est la voix des parties civiles, Me Esther Revault, qui a ensuite dénoncé un “cas d'école” où l'on retrouve “tous les éléments pour comprendre le phénomène d'un homme qui tue sa femme”. Une situation dans laquelle on retrouve une stratégie de défense “désespérément classique” : expliquer son geste par un passé “abandonnique” – l'accusé a en effet été délaissé par sa mère lors de son enfance – et le mettre sur le compte de l'alcoolémie. L'alcool a “bon dos”, a asséné l'avocate peu avant que l'avocat général ne prenne la parole.

Le “doute” et “l'évidence”

Dans la même lignée que l'avocate des parties civiles, le représentant du ministère public a évoqué un “système de défense pathétique” émis par l'accusé selon lequel il n'a pas “fait exprès”, n'a pas voulu “viser” une zone pourtant “vitale” de surplus, avec un couteau, une “arme létale”. “Il l'a plantée en plein cœur et il avait un mobile très clair : elle lui avait demandé de partir, elle en avait assez, mais il ne pouvait pas l'accepter”. “Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie”, a-t-il conclu avant de requérir 25 ans de réclusion criminelle assortis des deux-tiers de sûreté.

Face à la personnalité de son client, plutôt défini de manière négative lors de ce procès, Me Myriam Toudji a tenu à rappeler lors de sa plaidoirie que le “doute consiste à s'interroger dans sa propre conscience sur tout ce qui peut paraître relever de l'évidence”. Elle a dénoncé le fait que des “éléments” aient été laissés de “côté” et que la personnalité de l'accusé ait pu l'incriminer malgré plusieurs éléments contradictoires. Me Toudji a également abordé “l'état d'imprégnation alcoolique” de son client le soir des faits et s'est ouvertement interrogée sur “l'intention homicide d'un homme qui était ivre-mort”.

Après en avoir délibéré, les jurés ont donc suivi les réquisitions du ministère public en condamnant l'accusé à 25 ans de prison.

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 20 Avril 2026 à 20:08 | Lu 213 fois