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16 ans de réclusion pour le grand-père accusé de viols sur ses petites-filles


Tahiti, le 18 septembre 2026 - Après trois jours de procès aux assises, l’homme accusé de viol et agression sexuelles sur ses cinq petites-filles a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle. Une dernière journée marquée par les réquisitions de l’avocat général, les plaidoiries des parties civiles et de la défense, mais aussi par les premières excuses formulées par le septuagénaire à l’égard des victimes.


“Je n'ai jamais vu de violeur qui se conduisait comme ça, en 40 ans de carrière”, lâche l’avocat général au dernier jour du procès. Depuis mercredi, un homme de 75 ans est jugé pour des viols répétés sur ses cinq petites-filles. Depuis le début des débats, l’accusé ne réagit quasiment jamais, y compris lorsque ses petites-filles livrent leur récit à la barre, en pleurs.

 

Un comportement qui interpelle l’avocat général. “J'ai vu des gens contents d'avoir tué, mais je n'avais pas encore vu ça”, s’étonne-t-il. “Notre rôle est de juger l'humain et, à travers les personnes qui sont face à nous, il faut chercher leur part d’humanité. Ça pose problème de rencontrer monsieur. Je n'ai pas trouvé son humanité.”

 

Le magistrat insiste sur la pluralité des victimes et décrit l’accusé comme un “serial violeur”. Il évoque un “mode opératoire très clair”, consistant à projeter des films pornographiques à ses petites-filles et à les inciter à se photographier. Une manière, estime-t-il, de “faire croire que c’est normal” et de tromper leur vigilance. Il souligne aussi le statut de grand-père, aïeul qui aurait pu, selon lui, profiter de la confiance liée à cette position pour “inviter les enfants à la perversion”.

 

“Pédophile un jour, pédophile toujours”

 

L’expertise psychiatrique conclut à l’absence d’“anomalie” au moment des faits : “Ni abolition du discernement ni altération”, indique l’expert. Il relève toutefois chez le septuagénaire une “tendance pédophile”. Et sur le risque de récidive, il est sans détour : “Comme une phrase le dit, pédophile un jour, pédophile toujours.”

 

L’avocate de la partie civile, Me Karina Chouini, dénonce l’absence apparente d’émotion de l’accusé. Elle martèle : “Aucune accusation ne l’atteint, aucune larme versée à votre barre ne l’émeut, aucune souffrance causée ne le touche.” Selon elle, il chercherait à nier la souffrance des victimes pour se protéger lui-même. Elle décrit un homme construit dans “la toute-puissance du pater familias”, sans “aucune barrière morale”, et estime que ses petites-filles ont été considérées comme “des objets sexuels”.

 

À la défense, l’avocate rappelle la difficulté de juger de tels faits. “En tant qu'avocat, on est des êtres humains aussi”, souligne-t-elle. Elle rappelle son rôle : “Je suis avocate et pas juge. Je suis là pour essayer de porter sa parole.”

 

L’accusé tient depuis dix ans le même discours : il ne nie pas qu’il se soit passé quelque chose, mais affirme que ses petites-filles étaient consentantes. Un discours qui “choque” et “perturbe”, reconnaît-elle ; mais qui ne doit pas faire oublier, selon elle, qu’“il reste quand même un être humain”. Quant à son attitude à l’audience, elle ne relèverait pas du mépris envers la cour, mais d’un “mécanisme de défense”.

 

Appelé une dernière fois à la barre, l’accusé présente finalement ses excuses à ses victimes – une première depuis le début du procès –, avant de demander sa relaxe.

 

La cour d’assises le condamne finalement à 16 ans de réclusion criminelle, en dépit des 18 ans requis par l’avocat général.


Rédigé par Alexandra Perrini le Vendredi 18 Septembre 2026 à 17:52 | Lu 316 fois