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15 ans de prison pour le père incestueux


Tahiti, le 11 octobre 2026 - Au terme de deux jours de procès, un père accusé de violences sexuelles incestueuses sur ses trois filles a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. Lors de cette dernière journée d’assises, vendredi, les experts sont revenus sur sa personnalité et les conséquences des faits dénoncés par ses filles, tandis que les avocats des parties civiles et de la défense se sont opposés sur la crédibilité des accusations concernant la plus jeune victime.

Honte et consentement : lors de cette dernière journée d’assises, vendredi, les experts ont tenté d’éclairer la personnalité d’un père accusé de violences sexuelles incestueuses sur ses trois filles.

Le psychiatre chargé d’examiner l’accusé n’a relevé ni trouble mental majeur ni trouble de la personnalité structuré. Il décrit un homme plutôt introverti, “un peu égocentré”, rancunier et parfois impulsif, capable de “taper” lorsqu’il se trouve en situation de tension. S’il reconnaît les faits concernant ses deux aînées, l’homme ne reconnaît toutefois pas la contrainte. Il dit avoir honte, mais l’expert distingue ce sentiment de la culpabilité. “Même s’il était conscient, il savait que c’était pas bien”, souligne-t-il, estimant que l’accusé ne relève pas d’un internement et pourrait tirer des enseignements de sa sanction.

La psychothérapeute chargée des expertises psychologiques des trois victimes est ensuite revenue sur la situation de la plus jeune, aujourd’hui âgée de 7 ans. Lors de son examen, alors qu’elle avait 4 ans, la fillette s’était mise à pleurer en dessinant sa famille. L’experte la décrit comme “très affectée” par les bouleversements familiaux. L’enfant avait expliqué que son père lui enlevait ses vêtements et touchait son sexe, malgré ses demandes d’arrêter parce qu’elle avait mal. Dans son dessin, le père apparaît en rouge, une couleur pouvant notamment évoquer le danger, tandis que la fillette se représente en gris, seule à ne pas sourire. La défense a vivement contesté ces conclusions, reprochant à l’experte de s’appuyer sur un dessin qui n’avait pas été présenté à l’audience.

“Réinsérable à terme”

Face à la présidente de la cour, l’accusé a maintenu sa version, contestant les accusations concernant la plus jeune des enfants. “Je jure devant Dieu que je n’ai jamais fait ça”, lance-t-il au sujet des pénétrations digitales dont il est accusé. Il nie également l’avoir caressée et avance l’hypothèse d’une manipulation. La présidente lui demande alors de reconnaître – au moins – devant sa famille présente à l’audience que ses deux aînées n’étaient pas consentantes, alors qu’il avait auparavant affirmé qu’elles l’étaient.

Dans sa plaidoirie, Me Isabelle Nougaro, avocate des parties civiles, a rappelé la durée des violences dénoncées par les deux aînées : près de huit ans pour l’une et quatre ans pour l’autre. Elle dénonce “un climat de silence et de secret imposé par la mère et l’indifférence de la famille paternelle”, ainsi que les violences physiques, la culpabilisation et la manipulation mentale exercées par le père. Concernant la plus jeune, elle maintient que “sa parole est claire”. “Ces actes sont inscrits dans leur corps et dans leurs cœurs”, plaide-t-elle, soulignant le poids durable de l’inceste pour les victimes.

En défense, Me Bruno Loyant a insisté sur le suivi psychothérapeutique de son client en détention et ses perspectives de réinsertion. Il conteste les accusations concernant la plus jeune, rappelant que le médecin n’a constaté aucune pénétration, mais un érythème pouvant avoir plusieurs causes. Il affirme que son client “a fait d’énormes progrès” et qu’il est “réinsérable à terme”. L’avocat dénonce également un déséquilibre entre les peines prononcées pour les crimes incestueux et celles infligées dans certaines affaires d’homicides routiers.

L’accusé a finalement été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.


Rédigé par Alexandra Perrini le Dimanche 11 Octobre 2026 à 20:08 | Lu 164 fois