Tahiti, le 22 mai 2026 - Interpellé jeudi à Tarahoi par le représentant A Fano Ti’a Steve Chailloux sur la stratégie du Pays avant les prochaines échéances onusiennes liées à la décolonisation, Moetai Brotherson a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec l’État français sous l’égide des Nations unies. Tout en reconnaissant une impatience grandissante dans les rangs indépendantistes, le président assure vouloir privilégier “le dialogue politique aux voies judiciaires”, plusieurs mois après avoir pourtant évoqué une possible action en justice contre l’État.
À quelques jours du séminaire régional du Comité spécial de décolonisation des Nations unies (C24) au Nicaragua puis de la session de fond prévue en juin à New York, le dossier de la décolonisation s’est invité jeudi matin à Tarahoi. Dans sa question orale, Steve Chailloux a d’abord tenu à rendre hommage à Oscar Temaru, “artisan principal de cette réinscription historique” de la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU en 2013. L’élu A Fano Ti’a a salué “la détermination et la vision” du chef du Tavini ainsi que le combat mené depuis plusieurs décennies par les militants indépendantistes.
Treize ans après cette réinscription, le représentant indépendantiste estime toutefois que “la France persiste dans son refus d’engager un véritable dialogue de décolonisation”. Steve Chailloux a notamment dénoncé le refus de l’État de transmettre certaines informations demandées par le C24 ou encore d’accepter l’envoi d’une mission des Nations unies en Polynésie française.
En réponse, Moetai Brotherson a lui aussi évoqué “un moment poignant” en revenant sur la réinscription de 2013, à laquelle il a assisté “aux côtés” d’Oscar Temaru dans l’hémicycle des Nations unies. Mais le président du Pays a surtout reconnu les tensions qui traversent désormais le camp indépendantiste. “L’impatience grandit”, a-t-il admis, “notamment chez ceux qui portent ce combat depuis parfois cinquante ans au sein du Tavini Huiraatira”. Il a ensuite évoqué “des fractures” sur la stratégie à suivre, certains allant désormais “jusqu’à évoquer une voie plus radicale sans l’ONU, y compris l’idée d’une déclaration unilatérale d’indépendance”.
Le dialogue plutôt que les tribunaux
“Je peux comprendre cette lassitude, voire cette colère. Car aucun peuple ne peut attendre indéfiniment que son histoire avance”, a poursuivi Moetai Brotherson. Avant de réaffirmer sa ligne : “Je continue aujourd’hui à faire le choix de la démocratie, le choix du droit international.” Le président a confirmé que le Pays continuerait à participer aux prochaines échéances onusiennes sur la décolonisation. Une délégation sera présente au séminaire régional du C24 au Nicaragua puis à New York en juin, tandis que lui-même prévoit de se rendre devant la 4e commission des Nations unies en octobre.
“Jusqu’à présent, j’ai privilégié le dialogue politique aux voies judiciaires, et je souhaite continuer à donner une chance au dialogue choisi par la France et non imposé”, a finalement déclaré Moetai Brotherson jeudi à Tarahoi. Un ton bien plus mesuré que celui adopté en octobre dernier, lorsque le président du Pays annonçait vouloir engager une action en justice contre l’État afin de contraindre la France à ouvrir un dialogue de décolonisation sous l’égide des Nations unies.
Cette sortie intervenait quelques semaines après le revers judiciaire subi par le président de l’assemblée, Antony Géros, dont la démarche avait été rejetée par le tribunal administratif au motif qu’une telle action relevait des seules compétences du président du Pays. Sept mois plus tard, l'offensive judiciaire de Moetai Brotherson est finalement restée au stade de la déclaration d’intention.
À quelques jours du séminaire régional du Comité spécial de décolonisation des Nations unies (C24) au Nicaragua puis de la session de fond prévue en juin à New York, le dossier de la décolonisation s’est invité jeudi matin à Tarahoi. Dans sa question orale, Steve Chailloux a d’abord tenu à rendre hommage à Oscar Temaru, “artisan principal de cette réinscription historique” de la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU en 2013. L’élu A Fano Ti’a a salué “la détermination et la vision” du chef du Tavini ainsi que le combat mené depuis plusieurs décennies par les militants indépendantistes.
Treize ans après cette réinscription, le représentant indépendantiste estime toutefois que “la France persiste dans son refus d’engager un véritable dialogue de décolonisation”. Steve Chailloux a notamment dénoncé le refus de l’État de transmettre certaines informations demandées par le C24 ou encore d’accepter l’envoi d’une mission des Nations unies en Polynésie française.
En réponse, Moetai Brotherson a lui aussi évoqué “un moment poignant” en revenant sur la réinscription de 2013, à laquelle il a assisté “aux côtés” d’Oscar Temaru dans l’hémicycle des Nations unies. Mais le président du Pays a surtout reconnu les tensions qui traversent désormais le camp indépendantiste. “L’impatience grandit”, a-t-il admis, “notamment chez ceux qui portent ce combat depuis parfois cinquante ans au sein du Tavini Huiraatira”. Il a ensuite évoqué “des fractures” sur la stratégie à suivre, certains allant désormais “jusqu’à évoquer une voie plus radicale sans l’ONU, y compris l’idée d’une déclaration unilatérale d’indépendance”.
Le dialogue plutôt que les tribunaux
“Je peux comprendre cette lassitude, voire cette colère. Car aucun peuple ne peut attendre indéfiniment que son histoire avance”, a poursuivi Moetai Brotherson. Avant de réaffirmer sa ligne : “Je continue aujourd’hui à faire le choix de la démocratie, le choix du droit international.” Le président a confirmé que le Pays continuerait à participer aux prochaines échéances onusiennes sur la décolonisation. Une délégation sera présente au séminaire régional du C24 au Nicaragua puis à New York en juin, tandis que lui-même prévoit de se rendre devant la 4e commission des Nations unies en octobre.
“Jusqu’à présent, j’ai privilégié le dialogue politique aux voies judiciaires, et je souhaite continuer à donner une chance au dialogue choisi par la France et non imposé”, a finalement déclaré Moetai Brotherson jeudi à Tarahoi. Un ton bien plus mesuré que celui adopté en octobre dernier, lorsque le président du Pays annonçait vouloir engager une action en justice contre l’État afin de contraindre la France à ouvrir un dialogue de décolonisation sous l’égide des Nations unies.
Cette sortie intervenait quelques semaines après le revers judiciaire subi par le président de l’assemblée, Antony Géros, dont la démarche avait été rejetée par le tribunal administratif au motif qu’une telle action relevait des seules compétences du président du Pays. Sept mois plus tard, l'offensive judiciaire de Moetai Brotherson est finalement restée au stade de la déclaration d’intention.