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​Les Tamari’i Volontaires honorés 80 ans après


Tahiti, le 5 mai 2026 - Quatre-vingts ans après leur retour au Fenua, les Tamari’i Volontaires continuent d’inspirer. Ce mardi a été marqué par le devoir de souvenir, entre défis sportifs, cérémonies et témoignages de jeunes Polynésiens.
 
“Ce sont des Polynésiens comme nous, qui se sont engagés pour nous. Ça fait prendre conscience de ce que nos aïeux ont fait. C'est honorable”, confie Kohailani, élève de troisième, tee-shirt “classe défense Taaone” sur les épaules. Venue avec sa camarade Capucine et sa professeure d’histoire à la commémoration organisée ce mardi entre le parc Paofai, le parc Bougainville, le haut-commissariat et la présidence pour les 80 ans du retour des Tamari’i Volontaires, la collégienne de Papeete découvre une histoire qui devient concrète. Comme elle, plusieurs élèves ont fait le déplacement. Trois classes “défense” ont assisté aux célébrations. Un moment pour transmettre des valeurs, “celles du sport ou encore du patriotisme”, souligne Klervie Lebras, du service communication du RIMaP de Polynésie.  

Car cette mémoire passe aussi par l'effort physique. Depuis octobre 2025, le RIMaP-Polynésie a lancé cinq défis sportifs de 300 kilomètres chacun, en écho aux 300 Polynésiens engagés pendant la Seconde Guerre mondiale. Mardi, en début d’après-midi, la dernière étape s’est achevée en mer : un défi va’a entre Tahiti et Moorea, accompagné par le patrouilleur outre-mer Teriieroo a Teriierooiterai, jusqu’au parc Paofai. 

À l’arrivée, l’émotion a pris le relais de l’effort. Sous une pluie de pétales de fleurs, les rameurs ont été accueillis par près de 300 volontaires du RIMaP. Un symbole fort, en mémoire des 300 Tamari’i Volontaires revenus au Fenua le 5 mai 1946, après l’avoir quitté en 1941 pour libérer l’Europe du chaos de la Seconde Guerre mondiale.  

​Le chant des Tamari’i Volontaires a cappella


​Le premier rameur à fouler la terre ferme n’est pas un inconnu du combat. Marihia Taraufou, habitant de la Presqu’île, termine les plus de 300 kilomètres sans montrer de signe d’épuisement. Blessé en Afghanistan en 2011 après l’explosion d’un engin explosif improvisé, il a rejoint le RIMaP en 2023. Un parcours qui fait écho, à sa manière, à celui des anciens. Le relais est ensuite pris à pied. 

Quatre coureurs s’élancent avec le fanion de cette année commémorative qui symbolise le retour des survivants. Dans le public, familles d’anciens combattants et autorités du Pays sont présentes.  

La journée s’est poursuivie après un dernier footing jusqu’au haut-commissariat, où les participants ont entonné a cappella le chant des Tamari’i Volontaires. Puis est venu le temps officiel : dépôt de gerbes au monument de la France Libre et dévoilement d’une plaque en hommage à Félix Broche, commandant du bataillon du Pacifique mort au champ d’honneur, par le chef de corps du RIMaP-Polynésie, le colonel François Reynaud.  Quatre-vingts ans plus tard, la mémoire ne s'est pas contentée d’être commémorée traditionnellement comme les autres années, une après-midi complète a pu faire connaitre l'histoire des Tamari'i aux passants de Papeete et aux plus petits.

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Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 5 Mai 2026 à 20:31 | Lu 298 fois