Des pompiers de Taiarapu-Ouest, Taiarapu-Est, Teva i Uta, Papara, Paea, Faa’a, Papeete, Mahina, Moorea et Huahine vont rejoindre le front des incendies (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 28 juillet 2026 - Face aux mégafeux qui embrasent l’Hexagone, une vingtaine de pompiers professionnels et volontaires de Tahiti, Moorea et Huahine ont répondu à l’appel à la solidarité nationale relayé localement par le président de la fédération polynésienne des sapeurs-pompiers, Gaston Tunoa. Dix communes, le Pays et la compagnie Air Tahiti Nui se joignent à cet effort. Le départ du détachement devrait intervenir ce vendredi soir pour une durée de deux à trois semaines en Gironde – comme en 2022 – ou dans le Var, selon les besoins formulés par les autorités sur place.
C’est avec le chant des Tamari’i Volontaires que les pompiers présents à la conférence de presse organisée ce mardi à la caserne de Mataiea ont affirmé leur engagement au sein du détachement formé en urgence face aux feux qui sévissent sur le territoire français. Ce symbole fort fait écho aux récentes déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, qui a indiqué qu’il s’agissait de “la situation la plus dure depuis la Deuxième Guerre mondiale” avec “plus de 160 000 hectares” déjà brûlés. Plusieurs départements sont sinistrés, dont les Landes, le Var, la Haute-Corse ou encore la Gironde, où 1 500 militaires sont mobilisés aux côtés de près de 3 000 pompiers, tandis que 220 000 personnes ont été évacuées. Quatre pompiers sont décédés depuis le début des incendies de la saison estivale.
C’est avec le chant des Tamari’i Volontaires que les pompiers présents à la conférence de presse organisée ce mardi à la caserne de Mataiea ont affirmé leur engagement au sein du détachement formé en urgence face aux feux qui sévissent sur le territoire français. Ce symbole fort fait écho aux récentes déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, qui a indiqué qu’il s’agissait de “la situation la plus dure depuis la Deuxième Guerre mondiale” avec “plus de 160 000 hectares” déjà brûlés. Plusieurs départements sont sinistrés, dont les Landes, le Var, la Haute-Corse ou encore la Gironde, où 1 500 militaires sont mobilisés aux côtés de près de 3 000 pompiers, tandis que 220 000 personnes ont été évacuées. Quatre pompiers sont décédés depuis le début des incendies de la saison estivale.
Des bras et du mana
Taiarapu-Ouest, Taiarapu-Est, Teva i Uta, Papara, Paea, Faa’a, Papeete, Mahina, Moorea et Huahine : malgré les risques, dix communes ont répondu à l’appel à la solidarité nationale relayé la semaine dernière par le président de la fédération polynésienne des sapeurs-pompiers et chef de corps de la caserne de Teva i Uta, Gaston Tunoa, récemment formé au poste de chef de colonne, qui assure qu’il n’est pas trop tard. “Vous avez vu l’ampleur et les difficultés rencontrées par les pompiers de France. On vient apporter notre soutien et notre solidarité à nos confrères”, souligne-t-il en misant sur “des personnes formées, motivées et en bonne forme physique” pour faire face aux terribles “feux de tourbe”, qui ont la particularité de se propager sous terre et “qui n’existent pas en Polynésie”. Si ces bras supplémentaires sont les bienvenus pour “relayer” les équipes épuisées, ils comptent aussi apporter leur “force spirituelle”, à la fois leur mana et leur foi : lors de la précédente mobilisation en août 2022 en Gironde, tous se souviennent d’une pluie salvatrice qui était tombée après une prière des sapeurs-pompiers polynésiens.
Fidèles à leur devise “Courage et dévouement”, 21 pompiers professionnels et volontaires sont prêts à partir, soutenus par leurs municipalités respectives. “Chaque commune qui accepte de donner quelques pompiers pour ce détachement exceptionnel accepte de maintenir leur salaire”, précise le maire de Teva i Uta, Tearii Alpha, quant à l’organisation de ce déplacement, qui sera matérialisé par la signature d’un ordre de mission par les maires concernés. “Nous avons l’assurance que c’est l’organisation des pompiers de France, avec le comité de crise, qui prendra en charge les transports, la logistique et l’hébergement pendant le séjour en France. (...) Notre apport sera utile pour le réconfort et le soutien global. N’oublions pas que cette solidarité, un jour, elle se fera dans l’autre sens”, poursuit le tāvana.
Soutien du Pays et d’ATN
Quant à la prise en charge du transport aérien international, elle sera partagée entre le Pays et la compagnie Air Tahiti Nui, représentée par son directeur général, Lionel Guérin. “C’est la marque des Polynésiens : on est solidaire et on ne peut pas regarder les choses sans rien faire”, salue le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson. Pour mesurer l’ampleur des dégâts, il transpose les 42 000 hectares décimés en Gironde à l’échelle du Fenua : “C’est gigantesque : c’est l’équivalent de toute la commune de Papeete et de toute la commune de Teva i Uta qui seraient en feu, ou l’île de Nuku Hiva et celle de Ua Pou aux Marquises. C’est deux fois et demie la superficie de toutes les Australes”. Interrogé sur la participation de l’État, Moetai Brotherson indique avoir contacté “dès dimanche le haut-commissaire, qui n’avait pas reçu d’instructions précises du ministère de l’Intérieur”, et fait remonter la demande jusqu’au président de la République. Il restait, ce mardi matin, “dans l’attente d’une réponse”. “D’autres frais et contraintes administratives peuvent intervenir, et on compte sur l’appui de l’État”, adresse-t-il.
Sauf changement, le départ des 21 pompiers polynésiens est annoncé pour ce vendredi 31 juillet en soirée pour une durée estimée à deux ou trois semaines. Leur affectation en Gironde ou dans le Var ne serait pas encore confirmée. En marge des dernières formalités administratives, l’heure est aux encouragements et aux dernières recommandations de la part des maires, comme du président du Pays : “Je compte sur toute la sagesse, l’expérience et l’autorité de Gaston Tunoa, qui est le plus expérimenté de nos sapeurs-pompiers qui dirige cet escadron, pour qu’ils reviennent tous. Leurs familles ont besoin d’eux, nous avons besoin d’eux ici, donc je crois que toute la Polynésie va prier pour eux pendant qu’ils seront là-bas”. Une messe devrait se tenir avant le départ du détachement.
INTERVIEWS
Haamoe Hoata, chef de centre à Taiarapu-Ouest : “Apporter notre contribution”
“J’ai fait partie du premier détachement de 2022, où nous avions été affectés deux semaines en Gironde. Tous les ans, on suit la situation sur place. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi dévastateur cette année. Suite à l’appel du président de la fédération et après concertation avec tāvana Faana et Araroa, nous sommes quatre à partir. Ça consiste à éteindre le feu, mais aussi à éviter les reprises en faisant du noyage et à assurer la prise en charge de la population évacuée. C’est un rôle de soutien aux collègues de l’Hexagone qui font face à ces feux depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. On le voit aux infos : ils sont vraiment fatigués. On ne va pas faire de la magie avec un détachement d’une vingtaine de pompiers, mais on peut apporter notre contribution. Et je pense que, cette fois encore, nous serons le premier détachement ultra-marin.”
Kalei Tehuiotoa, adjoint chef de centre à Paea : “Pas de tels feux en Polynésie”
“Nous sommes cinq de Paea à partir. Me concernant, c’est la première fois. Nous sommes tous motivés pour venir en aide à nos compatriotes et nos confrères. Il y a aussi une petite crainte par rapport à cette situation inédite : en Polynésie, nous ne sommes pas confrontés à de tels feux. Mais on part confiants en sachant qu’on sera bien encadrés sur place. Avec les formations que nous avons, ce sera une expérience supplémentaire sur le terrain pour revenir encore plus efficaces.”
“J’ai fait partie du premier détachement de 2022, où nous avions été affectés deux semaines en Gironde. Tous les ans, on suit la situation sur place. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi dévastateur cette année. Suite à l’appel du président de la fédération et après concertation avec tāvana Faana et Araroa, nous sommes quatre à partir. Ça consiste à éteindre le feu, mais aussi à éviter les reprises en faisant du noyage et à assurer la prise en charge de la population évacuée. C’est un rôle de soutien aux collègues de l’Hexagone qui font face à ces feux depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. On le voit aux infos : ils sont vraiment fatigués. On ne va pas faire de la magie avec un détachement d’une vingtaine de pompiers, mais on peut apporter notre contribution. Et je pense que, cette fois encore, nous serons le premier détachement ultra-marin.”
Kalei Tehuiotoa, adjoint chef de centre à Paea : “Pas de tels feux en Polynésie”
“Nous sommes cinq de Paea à partir. Me concernant, c’est la première fois. Nous sommes tous motivés pour venir en aide à nos compatriotes et nos confrères. Il y a aussi une petite crainte par rapport à cette situation inédite : en Polynésie, nous ne sommes pas confrontés à de tels feux. Mais on part confiants en sachant qu’on sera bien encadrés sur place. Avec les formations que nous avons, ce sera une expérience supplémentaire sur le terrain pour revenir encore plus efficaces.”



































