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Wilson Tokoragi veut “redorer l’image de Faa’a”


Tahiti, le 3 mars 2026 - Candidates pour les prochaines municipales, la tête de liste de Tefana To’u Ai’a, Wilson Tokoragi, et son équipe ont pour ambition “d’améliorer les choses” et surtout de “redorer l’image de Faa’a” en travaillant de concert avec la population qui a été “abandonnée” par le tāvana sortant Oscar Temaru et son conseil municipal.    
 
Wilson Tokoragi, tête de liste de Tefana To’u Ai’a, est bien connu à Faa’a puisqu’il a travaillé pour la commune pendant quarante ans jusqu’à sa récente retraite. Il a également été très proche du tāvana sortant, Oscar Temaru. Mais aujourd’hui, il a décidé de se présenter aux prochaines municipales en menant sa propre liste, car il considère que l’“on peut améliorer les choses, c’est cela qui m’anime (…). On va aller au-devant de la population, et on va travailler ensemble pour redorer l’image de Faa’a”.
 
Il dit avoir déjà ouvert les yeux sur la gestion de la commune par Oscar Temaru. “J’ai du respect pour ce metua, mais à un moment, lorsque les discussions n’aboutissent à rien, je me suis dit on va y aller dans cette élection”, assure Wilson Tokoragi qui ajoute que depuis, Oscar Temaru et lui ne se sont plus revus.
 
Le colistier Haunui Teauna souligne que les membres de Tefana To’u Ai’a sont “des figures historiques de ce mouvement politique Tavini huiraatira. Mais nous nous engageons avec un programme politique porté par notre équipe (…). Nous ne sommes pas contradictoires avec nous-mêmes ni des dissidents, nous avons nos idées et nous aimerions les partager avec notre population”.
   
La liste Tefana To’u Ai’a s’est scindée en deux lundi soir pour les réunions publiques. Un groupe était à Oremu 1 avec Manarii Gatien et le second à Oremu 2 avec la tête de liste Wilson Tokoragi. La liste a trois grandes priorités : “la proximité”, “la joie de vivre et la qualité de vie” et enfin “la sécurité, la salubrité et la tranquillité”.

“Tefana a pris soin de nous, aujourd’hui elle pleure”

Pour la liste Tefana To’u Ai’a, la proximité avec la population est importante. “Il faut être et rester proche de la population de notre commune Tefana, car elle a pris soin de nous, aujourd’hui elle pleure”, assure Wilson Tokoragi.
 
La proximité avec les agents de la commune est également essentielle, cela passe par “un soutien accru pour garantir un service de qualité aux usagers de la commune” en donnant notamment aux agents “tous les moyens, humains et matériels, qu’il leur faut”, poursuit le colistier Haunui Teauna. 
 
Autre objectif : “Aller à la rencontre de la population.” Haunui Teauna ajoute que la liste Tefana To’u Ai’a est “à l’écoute de vos besoins, de vos attentes et de vos préoccupations. C’est ensemble qu’on construit et bâtit notre projet collectif. C’est un engagement de notre part, c‘est avec vous et pour vous.”
 
Il est d’ailleurs question pour la liste Tefana To’u Ai’a d’organiser des rencontres mensuelles ouvertes avec les administrés de la commune afin de “maintenir un lien constant”. Ce lien pourrait également se concrétiser avec la création d’un “centre de transmission intergénérationnelle” où la “cohésion communautaire et le vivre-ensemble” entre jeunes et moins jeunes sera mise en avant.

“Valoriser les producteurs locaux, dynamiser l’économie de proximité et renforcer la vie communautaire”

Faire de Faa’a une commune où règnent la “joie de vivre et une qualité de vie (…) on peut y arriver” assure la tête de liste, simplement “en revenant sur les pas de nos ancêtres” avec la mise en avant de notre langue ou encore du ‘ahi ma’a et en “transmettant tout cela à notre jeunesse”.
 
Il est question aussi pour la liste Tefana To ‘u Ai’a de soutenir les métiers traditionnels comme l’artisanat, le tatouage ou encore la pêche. À ce sujet, Clément Pito regrette que Vaitupa soit devenu “un lieu de beuverie”.
 
De son côté, Alexandre Maoni, pêcheur qui a été exclu de Vaitupa, assure “avoir mal (…). Nous allons faire notre possible pour que les onze pêcheurs exclus de Vaitupa reviennent (…). Ce sont des enfants de Tefana et ils ont leur place à Vaitupa”. Ce dernier se dit même prêt à former les jeunes de la commune.
 
La mise en place d’un marché communal sur le terrain Bopp Dupont à Heiri est également prévue. Un marché “pas comme celui que l’on connaît”. Celui-ci permettra de “valoriser les producteurs locaux, de dynamiser l’économie de proximité et de renforcer la vie communautaire”.
 
Et pour améliorer la qualité de vie, quoi de mieux que d’avoir un emploi. L’équipe de Tefana To ‘u Ai’a a l’intention d’“inciter” les sociétés installées à Faa’a à recruter en priorité les administrés de la commune, mais également de mettre en place des job-dating. 

“Faa’a est la commune la plus sale de la Polynésie”

La question de la sécurité est également abordée. Et cela passe d’abord par des mesures simples. “Comment assurer votre sécurité ? Tout simplement en mettant de l’éclairage public dans les quartiers qui sont dans le noir”, assure la tête de liste de Tefana To’u Ai’a. Mais la jeunesse n’a pas été mise de côté : “Il faut aller vers les jeunes et discuter avec les parents, car nous pouvons travailler ensemble. Nos jeunes peuvent s’occuper dans les fa’a’apu par exemple”, ajoute-t-il. Pour lui, pas question “de les (les jeunes, NDLR) amener en prison comme j’ai entendu certains le dire. Nous sommes là pour les aider et nous allons travailler main dans la main.”
 
Le tri des déchets est aussi une de leurs priorités. D’autant qu’ils considèrent que cela peut amener à la création de “petits métiers, on va pouvoir vendre le métal et tout ça (…). Ici, on jette tout à la décharge, et on voit des jeunes et des parents qui vont là-bas qui vont trier. Cela leur permet de gagner un petit peu d’argent”. Selon la liste Tefana To’u Ai’a, si la décharge était règlementée, “on pourrait créer des emplois”.
 
De son côté, Clément Pito ne mâche pas ses mots envers le maire sortant. Il considère qu’Oscar Temaru est “déconnecté de sa population. Cela fait douze ans que tāvana et son conseil municipal ont abandonné la population de Faa’a, il y a un grand fossé entre eux et le peuple. Faa’a est la commune la plus sale de la Polynésie”.
 
Il propose également de rencontrer et de discuter avec les concessionnaires automobiles pour le ramassage et le traitement des carcasses de voitures et pourquoi pas de mettre en place des conventions. “Il y a beaucoup de carcasses qui jonchent les bords de route et qui sont dangereuses pour nos enfants (…). Ils ont aussi une responsabilité”.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 3 Mars 2026 à 16:52 | Lu 332 fois