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Vers une refonte des prestations sociales et familiales



Le président Édouard Fritch, accompagné par la ministre de la Solidarité, Tea Frogier, a présenté ce jeudi la Conférence de la famille. "L’objectif affiché est de disposer d’un plan d’actions pour la mise en œuvre d’une politique publique de la famille et de reconstruction du lien social."
Le président Édouard Fritch, accompagné par la ministre de la Solidarité, Tea Frogier, a présenté ce jeudi la Conférence de la famille. "L’objectif affiché est de disposer d’un plan d’actions pour la mise en œuvre d’une politique publique de la famille et de reconstruction du lien social."
PAPEETE, le 21 janvier 2016. En "mai ou en juin prochain" se réunira la Conférence de la famille, a annoncé le président du Pays. Ce jeudi, les neuf membres du comité de pilotage qui vont préparer cette conférence ont pris, officiellement, leur mission en main. Au-delà des grandes déclarations, on a bien compris qu'une mise à plat des aides sociales est à l'étude.

On le perçoit depuis plusieurs mois désormais, dans les déclarations du président du Pays ou des membres de son gouvernement ou même de certains partenaires sociaux qui discutent de la réforme de la protection sociale généralisée (PSG), l'année 2016 sera sans doute celle d'une refonte complète des prestations sociales et familiales versées en Polynésie française. La PSG est d'ailleurs dans l'attente de décisions sur le devenir de ces prestations sociales avant de présenter sa propre réforme en profondeur. Bref, selon Édouard Fritch, les discussions à venir lors de cette Conférence de la famille "correspondent au temps que nous nous donnons pour arriver en juin/juillet à la réforme de la PSG où le volet famille sera mieux fourni" a déclaré ce jeudi matin le président du Pays.

Des allocations familiales et des aides sociales qui n'ont pas changé depuis 30 ans alors que les modes de vie et la société elle-même ont beaucoup évolué. Dans le comité qui vient d'être créé pour cette future conférence de la famille (voir en encadré), Armelle Merceron, représentante de l'assemblée et elle-même ancienne ministre de la Famille mais aussi, et surtout, Maiana Bambridge, vice-présidente de la Croix-Rouge, en sont persuadées.

Pour Maiana Bambridge, au contact des situations les plus délicates de la société polynésienne dans la zone urbaine, une remise à plat des aides sociales et des différentes allocations s'impose. i[" L'enfant polynésien, quel que soit le statut social de ses parents, qu'ils soient affiliés au RGS, au RNS ou au RST [régime général des salariés, régime des non salariés et régime de solidarité territorial, NLDR] doit avoir les mêmes chances dans la vie. Qu'est-ce qui justifie par exemple qu'une famille au RST dispose de 10 000 francs par enfant comme allocation alors que les salariés du RGS n'ont que 7 000 francs, quel que soit le montant du salaire, gros ou petit ? Quand il y a plusieurs enfants et qu'un seul petit salaire rentre dans la famille, cela crée un gros manque à gagner ! Il faut sans doute penser à une autre répartition, plus juste et dirigée vers ceux qui en ont le plus besoin, des 7 milliards de francs de prestations sociales et familiales qui sont versées. "]i

REDISTRIBUTION

Interrogé par Tahiti Infos sur ce point particulier d'une refonte à mener des prestations sociales et familiales, Édouard Fritch a admis : "i[Vraisemblablement, il y aura sûrement une redistribution. Quand vous alignez, les uns à côté des autres, les crédits alloués aux affaires sociales, le FAS [fonds d'actions sociales, NLDR] de 2 à 3 milliards, les allocations familiales, quelques milliards supplémentaires… On voit que tous les gouvernements ont fait beaucoup d'efforts pour servir nos compatriotes qui sont au bord du désespoir et dans le besoin. Mais est-ce que ces familles elles-mêmes ont suffisamment de moyens pour s'en sortir ? Est-ce qu'on les a écoutées ? Est-ce qu'on a tendu l'oreille ? Je dis qu'aujourd'hui, on a beaucoup investi dans le social, il faudra vraisemblablement redistribuer, sans oublier qu'il y a aussi une urgence sur le logement. Je pense que, d'ici le mois de juin/juillet, nous verrons arriver sur la table du conseil des ministres quelques propositions d'actions]i."

Toujours selon les déclarations du président du Pays, il faudra ensuite "l'an prochain ou dans deux ans, travailler sur d'autres axes de réflexion comme vie professionnelle et vie familiale ou encore de la cohérence entre les aides publiques et les besoins". Un vaste programme. En face du président du Pays faisant la présentation de cette Conférence de la famille, les neuf personnes désignées pour travailler sur ce thème n'attendaient plus que le feu vert pour dépasser la réflexion et s’attaquer aux choses concrètes. "Des constats il y en a plein les tiroirs mais les actions, elles, elles piétinent" concluait Maiana Bambridge.


Les membres du comité de pilotage de cette conférence de la famille face à Edouard Fritch et Tea Frogier.
Les membres du comité de pilotage de cette conférence de la famille face à Edouard Fritch et Tea Frogier.
Une conférence et un comité de pilotage de neuf membres

En vue de préparer cette vaste Conférence de la famille, dont la date exacte n'a pas été précisée, un comité de pilotage a été mis en place. Il sera en charge de l’organisation de cette conférence en définissant les thèmes à aborder et la méthode à appliquer. L’objectif est de disposer d’un plan d’action pour la mise en œuvre d’une politique publique de la famille et de reconstruction du lien social.

Ce comité de pilotage devra, au cours des six prochains mois, se réunir régulièrement pour rassembler les divers constats, rapports, études qui existent déjà sur le sujet. Ces travaux préparatoires "devraient permettre l'édition d'un manifeste pour la promotion des familles". Les neuf membres sont des acteurs de tout horizon (civil, religieux et institutionnel) qui travaillent déjà sur le soutien à la famille.

Les membres choisis par le président Fritch sont :
 Maiana Bambridge, vice-présidente de la Croix-Rouge ;
 Armelle Merceron, représentante à l’assemblée de Polynésie française (Rassemblement pour une majorité autonomiste, RMA) ;
 Éliane Tevahitua, représentante à l’assemblée de Polynésie française (Union pour la démocratie, UPLD) ;
 Isabelle Sachet, représentante à l’assemblée de Polynésie française (RMA) ;
 Rodolphe Tutairi, président de l’association Police 2000 ;
 William Tsing, Église catholique ;
 Thierry Tapu, Église protestante ma’ohi ;
 Heimata Tang, déléguée à la Famille et à la Condition féminine ;
 Jean-Bernard Rouch, substitut du procureur.

Rédigé par Mireille Loubet le Jeudi 21 Janvier 2016 à 15:33 | Lu 922 fois






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