Tahiti, le 24 février 2026 - Le ministère de l’Agriculture vient de sortir une proposition de loi visant à mieux encadrer la commercialisation, le stockage, la fabrication et l’utilisation des pesticides en Polynésie française. Ce dernier sera étudié jeudi en commission à l’assemblée. Il instaure une obligation de certification des agriculteurs et de certains professionnels leur permettant l’utilisation de pesticides.
Ce nouveau texte va changer la donne pour de nombreux professionnels (agriculteurs, traiteurs sur bois, etc.) qui vont devoir passer une certification pour être autorisés à acheter et utiliser certains pesticides non destinés à la consommation par les usagers.
Ces dispositions sont envisagées, dans le cadre de la proposition de loi de Pays, afin de combler “un retard réglementaire important de la Polynésie française par rapport aux normes internationales (Europe, Amérique du Nord, Nouvelle-Calédonie, Australie ou Nouvelle-Zélande).”
“Ce retard est mis en évidence notamment par une formation des professionnels insuffisante, entraînant des pratiques à risque, l’autorisation ou l’utilisation de substances dangereuses (fipronil, thiaméthoxame, bifenthrine et l’imidaclopride) interdites ailleurs et l’absence de mesures de protection pour les riverains des zones d’épandage, contrairement aux obligations en matière de santé publique”, explique l’exposé des motifs de la proposition de loi, le tout afin de “protéger la santé publique et l’environnement, tout en soutenant une agriculture plus durable”.
Certaines des préconisations de ce nouveau texte ne bouleverseront pas de façon majeure l’organisation actuelle. Il s’agit par exemple de mettre en place la dématérialisation des demandes d’importation via la plateforme “Mes démarches”, de supprimer l’avis systématique de la COMPEST pour certains certificats ou de convenir d’un nouveau classement de ces matières dangereuses.
Quatre nouvelles catégories seraient ainsi créées : les substances peu préoccupantes sans effets nocifs avérés ; les pesticides à usage tout public ; les produits phytosanitaires à usage professionnel ; et les biocides à usage professionnel divisés en deux sous-catégories (les applicateurs agréés et ceux réservés aux utilisateurs professionnels justifiant d’un usage courant).
La COMPEST, l’instance chargée de valider l’importation, la production ou l’utilisation de certains produits, sera aussi réorganisée afin d’accélérer les décisions et prévenir de conflits d’intérêts.
Enfin, l’importation des pesticides sera mieux encadrée, elle aussi, dans le but de “prévenir l’entrée de pesticides non conformes sur le territoire afin d’éviter les mesures coûteuses que sont les destructions, réexpéditions ou réexportations”.
Ce nouveau texte va changer la donne pour de nombreux professionnels (agriculteurs, traiteurs sur bois, etc.) qui vont devoir passer une certification pour être autorisés à acheter et utiliser certains pesticides non destinés à la consommation par les usagers.
Ces dispositions sont envisagées, dans le cadre de la proposition de loi de Pays, afin de combler “un retard réglementaire important de la Polynésie française par rapport aux normes internationales (Europe, Amérique du Nord, Nouvelle-Calédonie, Australie ou Nouvelle-Zélande).”
“Ce retard est mis en évidence notamment par une formation des professionnels insuffisante, entraînant des pratiques à risque, l’autorisation ou l’utilisation de substances dangereuses (fipronil, thiaméthoxame, bifenthrine et l’imidaclopride) interdites ailleurs et l’absence de mesures de protection pour les riverains des zones d’épandage, contrairement aux obligations en matière de santé publique”, explique l’exposé des motifs de la proposition de loi, le tout afin de “protéger la santé publique et l’environnement, tout en soutenant une agriculture plus durable”.
Certaines des préconisations de ce nouveau texte ne bouleverseront pas de façon majeure l’organisation actuelle. Il s’agit par exemple de mettre en place la dématérialisation des demandes d’importation via la plateforme “Mes démarches”, de supprimer l’avis systématique de la COMPEST pour certains certificats ou de convenir d’un nouveau classement de ces matières dangereuses.
Quatre nouvelles catégories seraient ainsi créées : les substances peu préoccupantes sans effets nocifs avérés ; les pesticides à usage tout public ; les produits phytosanitaires à usage professionnel ; et les biocides à usage professionnel divisés en deux sous-catégories (les applicateurs agréés et ceux réservés aux utilisateurs professionnels justifiant d’un usage courant).
La COMPEST, l’instance chargée de valider l’importation, la production ou l’utilisation de certains produits, sera aussi réorganisée afin d’accélérer les décisions et prévenir de conflits d’intérêts.
Enfin, l’importation des pesticides sera mieux encadrée, elle aussi, dans le but de “prévenir l’entrée de pesticides non conformes sur le territoire afin d’éviter les mesures coûteuses que sont les destructions, réexpéditions ou réexportations”.
Formation obligatoire pour un millier de personnes
La mesure phare de cette proposition de loi consiste est d’instaurer “des formations obligatoires pour les utilisateurs professionnels de produits phytosanitaires et de biocides”. Ces formations sont susceptibles de concerner notamment 300 agriculteurs sur les 7 000 agriculteurs inscrits au registre de l’agriculture et environ 1 000 professionnels de secteurs variés (agents d'entretien et de nettoyage des bâtiments et des industries, piscinistes, professionnels du bois, techniciens de maintenance navale, opérateurs de désinfection, désinsectisation et dératisation, etc.).
Cette nouvelle règlementation prévoit d’imposer aux agriculteurs et professionnels voulant faire un usage professionnel de produits phytosanitaires et biocides à usage professionnel, de suivre une formation Certipest. Cette formation sera requise et même obligatoire pour les agriculteurs et utilisateurs professionnels de pesticides, sauf s'ils sont déjà titulaires du certificat d’aptitude à la commercialisation et la manipulation des pesticides (CACMP).
La Chambre de l’Agriculture et de la pêche lagonaire estime le coût à 50 000 francs par kit, soit 15 millions de francs la première année puis 10 millions de francs pour les années suivantes.
“Cette obligation de formation s'appliquerait également à toute personne souhaitant importer, acquérir ou utiliser des produits biocides à usage professionnel. Les corps de métier potentiellement concernés comprennent notamment les agents d'entretien et de nettoyage des bâtiments et des industries, les piscinistes, les professionnels du bois, les techniciens de maintenance navale, ainsi que les opérateurs de désinfection, désinsectisation et dératisation, entre autres”, poursuit l’exposé des motifs. Le gouvernement estime donc que plus d’un millier de personnes sont susceptibles d’être dans l’obligation de passer cette certification professionnelle. En revanche, si les kits des agriculteurs seront financés par le versement d’une subvention du Pays, pour les autres personnes qui utilisent des produits classés à usage professionnel, rien n’indique, pour l’heure, que ces derniers pourront bénéficier de cette même subvention. Les entreprises et auto-entrepreneurs pourraient donc en être de leur poche.
Concernant la formation en elle-même, le coût total est estimé à 8 millions de francs pour former 1000 personnes. Le Pays préfère, dans sa proposition, tabler sur un coût plus proche des 15 millions de francs “avec un dispositif de soutien du gouvernement”.
Les dispositions entreront en vigueur dès lors que les agriculteurs de toutes les îles auront été mis à même de passer la formation. “Un budget global de 50 millions de francs, incluant une marge d’erreur de 10 millions de francs, est prévu pour le déploiement de ces formations et la fourniture des équipements de protection individuelle aux agriculteurs”, conclut le rapport.
Si le gouvernement espère que “cette formation” ne sera pas perçue comme “une contrainte”, il rappelle que “de nombreuses données épidémiologiques internationales démontrent que les professionnels agricoles exposés aux pesticides présentent un risque significativement accru de développer certaines pathologies, notamment des hémopathies malignes, ainsi que des maladies neurodégénératives”.
Cette nouvelle règlementation prévoit d’imposer aux agriculteurs et professionnels voulant faire un usage professionnel de produits phytosanitaires et biocides à usage professionnel, de suivre une formation Certipest. Cette formation sera requise et même obligatoire pour les agriculteurs et utilisateurs professionnels de pesticides, sauf s'ils sont déjà titulaires du certificat d’aptitude à la commercialisation et la manipulation des pesticides (CACMP).
La Chambre de l’Agriculture et de la pêche lagonaire estime le coût à 50 000 francs par kit, soit 15 millions de francs la première année puis 10 millions de francs pour les années suivantes.
“Cette obligation de formation s'appliquerait également à toute personne souhaitant importer, acquérir ou utiliser des produits biocides à usage professionnel. Les corps de métier potentiellement concernés comprennent notamment les agents d'entretien et de nettoyage des bâtiments et des industries, les piscinistes, les professionnels du bois, les techniciens de maintenance navale, ainsi que les opérateurs de désinfection, désinsectisation et dératisation, entre autres”, poursuit l’exposé des motifs. Le gouvernement estime donc que plus d’un millier de personnes sont susceptibles d’être dans l’obligation de passer cette certification professionnelle. En revanche, si les kits des agriculteurs seront financés par le versement d’une subvention du Pays, pour les autres personnes qui utilisent des produits classés à usage professionnel, rien n’indique, pour l’heure, que ces derniers pourront bénéficier de cette même subvention. Les entreprises et auto-entrepreneurs pourraient donc en être de leur poche.
Concernant la formation en elle-même, le coût total est estimé à 8 millions de francs pour former 1000 personnes. Le Pays préfère, dans sa proposition, tabler sur un coût plus proche des 15 millions de francs “avec un dispositif de soutien du gouvernement”.
Les dispositions entreront en vigueur dès lors que les agriculteurs de toutes les îles auront été mis à même de passer la formation. “Un budget global de 50 millions de francs, incluant une marge d’erreur de 10 millions de francs, est prévu pour le déploiement de ces formations et la fourniture des équipements de protection individuelle aux agriculteurs”, conclut le rapport.
Si le gouvernement espère que “cette formation” ne sera pas perçue comme “une contrainte”, il rappelle que “de nombreuses données épidémiologiques internationales démontrent que les professionnels agricoles exposés aux pesticides présentent un risque significativement accru de développer certaines pathologies, notamment des hémopathies malignes, ainsi que des maladies neurodégénératives”.

































