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Transition écologique : l’exemple de la Polynésie présenté au secrétaire d’Etat



PAPEETE, 14 septembre 2017 - Actuellement en visite officielle en Polynésie française, le secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a été reçu mercredi soir, à la Présidence, par le président Edouard Fritch, et des membres du gouvernement, en présence notamment du haut-commissaire, René Bidal, de parlementaires polynésiens et de représentants des institutions.

Dans le discours prononcé à cette occasion, Edouard Fritch a tenu à souligner l’importance de la venue du secrétaire d’Etat, quelques mois après l’élection du président de la République, Emmanuel Macron. Cette visite officielle fait notamment suite à celle du secrétaire d’Etat à Wallis et Futuna et à sa participation au Forum des îles du Pacifique, durant lequel il a eu l’occasion d’échanger avec les chefs d’Etats et territoires membres sur les problématiques environnementales auxquelles ils sont confrontés.

Le président a exprimé une nouvelle fois la solidarité des Polynésiens, suite aux ravages considérables causés par l’ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Il a également salué l’initiative du président Macron de se rendre rapidement auprès des sinistrés et d’y rester 48 heures. "C’est, de mémoire, le seul président de la République qui ait agi de la sorte après une catastrophe naturelle en outre-mer", a souligné le président de la Polynésie française.

Edouard Fritch a rappelé aussi la vulnérabilité et les spécificités de la Polynésie française, face aux changements climatiques et a souligné le fait que la transition écologique prenait une dimension particulière dans une collectivité dispersée (118 îles, dont 84 atolls) sur une surface aussi grande que celle de l’Europe. Cet éclatement oblige le Pays à multiplier les équipements et les infrastructures de base, et notamment les infrastructures scolaires, sanitaires, de transports aériens et maritimes, de communication, de traitement des déchets, d’eau potable et de production d’énergie.

"Aujourd’hui, l’enjeu d’avenir est d’établir un équilibre solide entre le développement humain et la préservation de la Nature afin de mettre fin à l’exploitation des ressources au détriment des cycles naturels et des écosystèmes", a déclaré le président. Il a indiqué que les efforts de protection de ces trésors de biodiversité sont reconnus mondialement, comme par exemple avec le label de réserve de biosphère de l’Unesco pour l’atoll de Fakarava.

Des aires marines éducatives ont aussi été mises en place aux Marquises, avec un développement des filières de la pêche dans le sens d’une exploitation durable et raisonnée. En outre, la Polynésie française présente de vrais avantages géomorphologiques lui permettant d’être la vitrine du développement des énergies nouvelles.

Le président a aussi expliqué que le Plan Climat Énergie et le Plan de Transition Énergétique associe dans une même dynamique le Pays, l’État et la société civile. Il a ainsi insisté sur la nécessité de l’accompagnement de l’Etat dans la démarche du Pays de protection de ses ressources et de son environnement.

Le secrétaire d’Etat a, pour sa part, affirmé le souhait de l’Etat d’apporter une attention particulière à la Polynésie sur ces thématiques. Il a également évoqué l’engagement du président de la République quant à la réalisation des Assises de l’outre-mer, qui ont pour but notamment de changer fondamentalement la manière dont le gouvernement central oeuvre avec les outre-mer français.

Allocution du président de la Polynésie française

Visite de M. le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu

Mercredi 13 septembre 2017


Monsieur le Ministre,
Monsieur le Haut-Commissaire,
Monsieur le président de l’Assemblée,
Monsieur le Vice-président,
Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et monsieur les députés,
Madame et monsieur les sénateurs,
Monsieur le Conseiller, économique et environnemental,
Monsieur le président du conseil, économique, social et culturel,
Mesdames et messieurs les Représentants à l’Assemblée,
Amiral, commandant les forces supérieures,
Monsieur le président du Syndicat de promotion des communes,
Mesdames et messieurs les maires,
Mesdames et messieurs les hauts responsables des services de l’Etat,
Mesdames et messieurs les hauts responsables des services du pays,
Mesdames et messieurs les représentants consulaires,
Mesdames et messieurs les acteurs de la vie économique,
Mesdames et messieurs les responsables associatifs,
Mesdames et messieurs,
Mes chers amis,

Merci d’avoir répondu à notre invitation organisée en l’honneur du Ministre Sébastien Lecornu. Soyez toutes et tous les bienvenus à la présidence de la Polynésie française.
Monsieur le Ministre, mon cher Sébastien, tu es le premier des ministres du président Macron à nous rendre visite. De plus tu viens à notre rencontre quatre mois après son élection et à la suite d’un long voyage dans le Pacifique qui a commencé à Samoa pour représenter la France au sein du Forum du Pacifique et surtout à Wallis et Futuna. Dans ce contexte, nous considérons ta venue comme un immense privilège à notre égard. Aussi, sois le bienvenu dans cette France du bout du monde.
Monsieur le Ministre, vous venez de vivre une dizaine de jours d'expérience au sein du Grand Pacifique. Vous avez échangé avec des chefs d'Etat, vous les avez écoutés. Je puis vous dire qu’ils ont apprécié, d’une part l’homme que vous êtes et, d’autre part la France que vous représentiez. Vous avez bien senti combien nos peuples insulaires sont attachés et dépendants de leur environnement terrestre et marin. La mer et la terre sont inséparables de la vie quotidienne des peuples insulaires du Pacifique.
Vous imaginez mieux combien les problématiques de changement climatique et leurs conséquences nous affectent au plus haut point. Je reviendrai sur ces sujets dans quelques instants.
Monsieur le Ministre, dans 48 heures vous serez de retour à Paris.
Nous vous serons reconnaissant de bien vouloir transmettre nos remerciements au président Macron pour vous avoir désigné de venir jusqu’à nous.
Ensuite transmettez au président Macron, à la ministre des outre-mer et aux habitants de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, notre solidarité et notre peine face aux ravages considérables causés par le cyclone Irma.
Comme eux, nous sommes des insulaires, à la merci à la fois de la brutalité du vent et de la mer. Comme eux, nous savons ce que veut dire "cataclysme naturel". Comme eux, nous avons subi des cyclones durant ces 20 dernières années et au début de cette année, nous avons subi de fortes pluies qui ont provoqué de graves inondations.
Nos mémoires sont encore imprégnées de ces déchaînements de la nature et nous savons ce qu'est d'être victimes de catastrophes naturelles.
Dans les Caraïbes, il s'agissait de cyclones de plus de 300 km à l'heure, d’une force supérieure à ce que les Polynésiens ont pu subir dans le passé. Soyez assuré, monsieur le Ministre, que nous sommes pleinement sensibilisés et pleinement conscients de la grande détresse et de la panique que peut ressentir une partie de la population face à la dévastation de son habitat et de son île. Nous pouvons, par expérience, imaginer ce que nos compatriotes de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy peuvent ressentir en cet instant.
Le gouvernement polynésien a décidé d’exprimer sa solidarité en faveur de nos compatriotes de ces deux collectivités d’outre-mer au nom de toute la Polynésie. J’ai missionné la sénatrice Lana Tetuanui pour se rendre sur place pour évaluer les besoins que nous pourrions financer.

En ces moments de grande difficulté pour ces milliers de familles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, nos gestes de solidarité, même modestes, sont un réconfort face aux dures épreuves que vivent nos compatriotes des Caraïbes, parmi lesquels figurent de nombreux amis de la Polynésie, et en particulier le Père Rossi, curé de Saint-Barthélemy et ancien curé de la paroisse d’Arue.
Je voudrais saisir cette occasion pour saluer publiquement l’initiative remarquable du Président Macron de se rendre auprès des sinistrés. Il y est resté 48 heures. C’est, de mémoire, le seul Président de la République qui ait agi de la sorte après une catastrophe naturelle en outre-mer.
Je rends également un hommage appuyé à la ministre des outre-mer, madame Annick Girardin. Elle s’est rendue à Saint-Martin, dès le lendemain du cyclone. Elle y est restée plusieurs jours au milieu d’un territoire dévasté. En remerciement de sa présence et de son action, on n’entend, ici et là, des critiques. Vu de Polynésie, je considère que ces critiques sont injustifiées. Vu de Polynésie, nous aurions été heureux d’avoir à nos côtés, la ministre des Outre-mer au lendemain d’une catastrophe naturelle. Nous l’aurions applaudi.
Il est indécent et déplacé que des hommes politiques bien au chaud à Paris se permettent de polémiquer contre le gouvernement en se saisissant de la détresse des sinistrés. Aucun homme politique, même président de la République, ne peut arrêter ou changer la trajectoire d’un ouragan. La nature nous impose ses caprices parfois meurtriers.
C’est pourquoi, la dignité aurait voulu qu’en ces moments de grande détresse de nos compatriotes des Caraïbes, la classe politique fasse preuve de retenue et de solidarité envers ceux qui souffrent et taisent les querelles politiciennes.
Gémir, n’est plus de mise, disait Jacques BREL. En ces pareils moments, il faut agir pour que la vie continue et faire face aux dangers du changement climatique.


Dans la perspective de plus en plus proche des bouleversements climatiques, la Transition écologique prend une dimension particulière en Polynésie française.
Notre Pays se distingue par son insularité, la vaste étendue de son territoire (5,5 millions de km²) et un isolement géographique fort. Avec ses 118 îles, dont 84 atolls, disséminées sur une surface aussi grande que celle de l’Europe, il se caractérise par la diversité que ce soit d’un point de vue climatique, géomorphologique, des habitats et des écosystèmes.
Monsieur le Ministre, la Polynésie française présente une caractéristique unique parmi toutes les collectivités de la République. Elle est la collectivité la plus dispersée et la plus vaste de la France. Cet éclatement nous oblige à multiplier les équipements et les infrastructures de base, et notamment les infrastructures scolaires, sanitaires, de transports aériens et maritimes, de communication, de traitement des déchets, d’eau potable et de production d’énergie. Tout cela représente des coûts d’investissement et de fonctionnement assez lourds pour un pays de 280 000 habitants. Mais, c’est notre réalité et nous l’assumons.
Par ailleurs, si la Polynésie française a contribué à l’indépendance énergétique d’une métropole qui aujourd’hui compte près de 67 millions d’individus au travers de l’essor de la filière nucléaire, elle reste, pour les besoins de sa propre population, encore trop dépendante des importations d’énergies fossiles et notamment d’hydrocarbures.
Aujourd’hui, l’enjeu d’avenir est d’établir un équilibre solide entre le développement humain et la préservation de la Nature afin de mettre fin à l’exploitation des ressources au détriment des cycles naturels et des écosystèmes.


L’engagement de la Polynésie française pour ses espaces naturels n’est pas un engagement d’opportunité.
Nos premiers espaces naturels protégés ont été classés en 1952, il y a déjà 65 ans.
Dès 2002, nous sommes officiellement devenus le plus grand sanctuaire au monde pour les mammifères marins. Par ailleurs, depuis 2012, toutes les espèces de requins sont protégées dans nos eaux.
Les efforts que nous faisons pour protéger ces trésors de biodiversité sont reconnus mondialement et, pour certains, font l’objet de labels à l’instar de celui de l’UNESCO pour la réserve de biosphère de Fakarava, classée depuis 2006.
C’est la plus ancienne et la plus grande réserve de biosphère du réseau français avec 19 000 km2.
Aujourd’hui, la Polynésie française compte 50 espaces naturels protégés dont près de la moitié sont des espaces marins côtiers.
Les eaux de la Polynésie française y accueillent plus d’une vingtaine d’espèces préservées, et celles-ci peuvent évoluer en toute liberté.
Parce qu’il est de notre responsabilité de transmettre ces valeurs aux générations futures, nous avons décidé d’intégrer notre jeunesse aux décisions inhérentes à la protection de nos océans.
C’est ainsi que les Marquisiens ont créé les six premières aires marines éducatives au monde, une zone maritime littorale gérée par les élèves d’une école. Ce concept, reconnu aujourd’hui par le Pays, a été inscrit dans les programmes pédagogiques polynésiens. Il a même fait l’objet, en marge de la COP 21, d’une convention avec l’ancienne ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, afin d’être étendu en métropole.
L’exploitation durable et raisonnée de nos ressources marines, qu’elles soient biologiques ou non biologiques est un enjeu crucial.
En matière de ressource halieutique, la Polynésie française est l’un des premiers pays du Pacifique à avoir renoncé à vendre des licences de pêche à des flottes étrangères pour l’exploitation de sa ZEE.
En effet, nos eaux sont encore préservées et nous suscitons la convoitise de plus en plus grande d’armements étrangers qui concentrent leurs flottes aux limites de notre ZEE.
A l’échelle du Pacifique l’effort de pêche ne cesse d’augmenter et les stocks de thonidés sont pour certains déjà surexploités, comme pour le thon obèse. Cela représente une menace alors que nous entendons poursuivre le développement de ces filières dans le sens d’une exploitation durable et raisonnée, sans mettre en danger la ressource.
Aujourd’hui, la pêche dans notre ZEE est exclusivement réservée aux pêcheurs polynésiens. Par ailleurs, dans un souci de préserver la ressource, la pêche à la senne a également été interdite.
L’engagement de la Polynésie française pour ses espaces naturels s’inspire aussi de son histoire, de sa culture.
Depuis des siècles, les Polynésiens ont dû apprendre à gérer les ressources de leurs territoires.
A l’époque, le développement durable s’appelait Rahui et Tapu, qui sont des manières de restreindre l’accès ou l’utilisation d’une zone ou d’une ressource.
Aujourd’hui, nous appliquons toujours le Rahui. Cela peut se faire de manière traditionnelle, comme à Rapa et à Maiao, ou de manière plus moderne, comme depuis 2014 à Taiarapu Ouest, sur l’île de Tahiti.
Nous maintenons ainsi un lien entre vie moderne et tradition qui met en harmonie les polynésiens avec leur environnement, qui fait du polynésien un acteur majeur de son développement.
Lorsqu’il s’agit de modernité, notamment pour les énergies, il nous faut alors mettre en œuvre des solutions adaptées à nos spécificités insulaires.
L’ensoleillement exceptionnel de nos îles est en premier lieu un atout pour nos habitants. La généralisation du recours au chauffe-eau solaire pour les maisons individuelles est un processus que nous avons engagé depuis les années 70.
La géomorphologie de nos îles hautes nous permet de mettre en œuvre des solutions d’hydroélectricité, comme vous avez pu le constater à Papenoo.
La mise en place d’unités de production d’hydroélectricité a débuté dans les années 80, elle permet aujourd’hui de couvrir 30% des besoins pour l’île de Tahiti. Les besoins de l’île de Fatu Hiva, aux Marquises, qui symbolisait « le retour à la nature » pour l'anthropologue et aventurier norvégien Thor Heyerdahl, sont entièrement couverts par cette énergie propre et renouvelable.
S’agissant de nos atolls, il a fallu réussir le défi audacieux des centrales hybrides. Des centrales où l’électricité est majoritairement produite par des panneaux solaires couplée à un système de stockage à un groupe thermique d’appoint. Ainsi, le Pays a construit six (6) centrales hybrides dans des atolls éloignées.
L’accompagnement du développement des énergies renouvelables, se traduit également par la sécurisation de l’approvisionnement de l’électricité et la fiabilisation du réseau public de transport. Ainsi le Pays a initié les travaux de bouclage du réseau 90.000 volts de transport de l’électricité par le nord de l’île de Tahiti. Un projet pour lequel l’Etat et le Pays accompagnent la TEP, Société de Transport d'Énergie électrique en Polynésie.


Il n’y a pas de développement sans énergie, pas de mobilité et donc de désenclavement sans énergie, pas de tourisme ou d’industrie sans énergie.
L’énergie est au cœur de toutes nos activités.
La Polynésie française, malgré toutes ses vulnérabilités, présente de vrais avantages géomorphologiques qui lui permettent d’être la vitrine d’un développement des énergies nouvelles.
L’État et le Pays ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Ainsi, le soutien aux énergies renouvelables, de même que les mesures permettant de bénéficier de tarifs de l’électricité mesurés, sont des points incontournables de l’Accord de l’Élysée.
Cette évolution vers les énergies renouvelables suscite paradoxalement parfois l’incompréhension des riverains et propriétaires fonciers.
Le réveil des consciences et les évolutions techniques nous permettent aujourd’hui d’envisager de nouvelles méthodes de co-construction de projets, directement avec les riverains.
C’est ce qui transparait dans les principes directeurs de l’hydroélectricité sur lesquels s’appuie désormais le Pays pour les projets à venir.
Le Plan Climat Énergie et le Plan de Transition Énergétique vont également dans ce sens, en associant dans une même dynamique le Pays, l’État et la société civile.
En parlant d’hydroélectricité, permettez-moi, monsieur le Ministre de faire une parenthèse. Le chemin que nous avons emprunté ce matin pour nous rendre dans la vallée de la Papenoo a une histoire qui remonte au Général de Gaulle. En effet, comme vous, il avait été émerveillé par la beauté de cette vallée.
Il avait projeté de construire cette route traversière pour la mener jusqu’à la côte sud de l’île de Tahiti. Ce projet ne fut jamais achevé. Or, cette route traversière aurait pu désenclaver utilement des milliers d’hectares de terre. Je propose que vous et nous portions l’achèvement de cette route pour enfin réaliser le rêve du Général de Gaulle et être utile à notre population. Je ferme la parenthèse.


La Polynésie française doit suivre une voie novatrice, en évitant les écueils conduisant à des dégradations irréversibles de ses deux piliers :
« Moana » (la mer et l’océan) d’une part ;
et « Fenua » (la terre) d’autre part.
Leur protection, leur conservation et leur gestion durable sont d’intérêt collectif et communautaire.
Il est donc de notre devoir de permettre la transmission aux générations futures du patrimoine environnemental et culturel polynésien.
Il est de notre devoir, monsieur le ministre, de montrer l’exemple.
L’exemple d’un pays responsable, conscients des bouleversements à venir et acteur des changements nécessaires à notre survie.
C’est une vision nouvelle !
Une vision d’autant plus nécessaire que la Polynésie française assoit essentiellement son développement sur les ressources issues de son environnement : tourisme, pêche, perliculture, agriculture, artisanat, etc…
Et il devient urgent de prévenir et de réduire les impacts des agissements humains sur notre patrimoine commun.
La Polynésie française a ainsi travaillé en priorité à l’élaboration de politiques sectorielles, en matière de traitement des déchets et de gestion de la ressource en eau.
Elle a également mis en œuvre des dispositions réglementaires visant à encadrer les activités les plus polluantes.
Elle se dote d’une stratégie biodiversité, politique globale centrée sur la préservation de « Moana » et de « Fenua », en impliquant les populations locales.
Dans ce cadre, des orientations stratégiques majeures ont été validées pour les cinq prochaines années :
 Préserver la biodiversité exceptionnelle et le patrimoine naturel polynésien ;

 Garantir la préservation du cadre de vie polynésien et de la biodiversité ordinaire dans un contexte de changement climatique ;

 Développer les activités économiques et urbaines en minimisant leurs impacts sur l’environnement ;

 Créer enfin un environnement institutionnel favorable au développement durable du tissu économique local.
La multiplicité des enjeux à considérer et des risques encourus nécessite une approche intégrée qui lie les différents acteurs.
En premier lieu l’administration de la Polynésie française, dont je tiens à féliciter les membres dévoués qui œuvrent au quotidien pour une administration proche, juste et efficiente.
Les communes ensuite, éléments incontournables de nos actions de proximité, tant les distances qui nous séparent et la dispersion de nos îles peuvent être un frein à notre unité.
Le secteur privé enfin qui doit retrouver sa place de moteur économique innovant, dynamique et autonome.
Toutefois, cette gestion intégrée du développement durable de la Polynésie française devra nécessairement associer la société civile et les populations aux grandes questions qui se poseront à nous.
Déjà, des comités de gestion, à Tahiti, à Moorea, aux Tuamotu, aux Marquises, intégrant largement la société civile et les acteurs locaux prennent des initiatives afin de protéger, conserver et gérer de manière durable les espaces et les espèces qui leur sont proches.

Notre ambition est de poursuivre dans cette voie.
Notre ambition est que chaque Polynésien devienne ainsi responsable de la transmission du patrimoine commun aux générations futures.
Notre ambition est de faire de la Polynésie française un territoire d’excellence environnementale au cœur du Pacifique.
Notre ambition enfin, est que la Polynésie française soit la vitrine océanienne de la France dans le Pacifique.
Pour cela, nous avons besoin que l’État soit à nos côtés, nous avons besoin de construire ensemble.
Au-delà des enjeux techniques et financiers, la Polynésie française aspire à une société plus humaine, plus durable, une Polynésie ancrée dans sa réalité géographique et culturelle.
Car face aux défis du changement climatique qui attendent l’ensemble des Etats et territoires du Pacifique, la présence de l’État aux côtés de la Polynésie française participe au rayonnement des valeurs de la République pour l’ensemble des territoires français, pour la Polynésie française et pour les Polynésiens.
Ce qui pourrait n’être qu’une « mode », qu’une idée dans l’air du temps, la Transition écologique, prend ainsi une dimension particulière en Polynésie française.
Elle nous connecte à notre mémoire car le lien de l’Homme à la Nature, conscience primordiale des Ancêtres polynésiens, est dans notre identité culturelle.
C’est cette Polynésie française que je souhaite vous découvriez pendant votre séjour;
Une Polynésie française dynamique et résiliente ;
Une Polynésie française consciente des enjeux et prête à relever les défis ;
Une Polynésie française ancrée dans sa culture et son histoire, qui regarde vers l’avenir.

Je vous remercie.

Rédigé par Communiqué le Jeudi 14 Septembre 2017 à 15:50 | Lu 1124 fois





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