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Tara-Méditerranée: chasse au plastique dans la Grande Bleue



LA VALETTE, 21 août 2014 (AFP) - La goélette océanographique française Tara, traque depuis le mois de mai les micro-particules de plastique de toute provenance et composition qui polluent la Méditerranée afin d'établir le premier tableau synoptique de cette nuisance synthétique rejetée par l'homme dans les bassins Ouest et Est de la Grande Bleue.

Cette nouvelle mission scientifique fait suite à un audacieux tour de l'Arctique en 2013 consacré à l'étude de l'impact du réchauffement climatique sur le plancton(début de la chaîne alimentaire) dans les hautes latitudes.

Elle constitue la première exploration scientifique d'envergure, dans la continuité du temps et de l'espace (12.000 km parcourus pendant 7 mois, 10 pays et leurs eaux territoriales visitées et échantillonnées) dont l'objectif est de mesurer -en qualité et quantité- l'envergure globale de cette pollution non bio-dégradable qui affecte la Mare Nostrum des Romains.

Après la France, l'Italie, l'Albanie, la Grèce, le Liban et Chypre, Tara fait actuellement route en direction de Malte. La mission prévoyait une longue halte début août en Israël à Haïfa et Tel Aviv, mais cette escale a été annulée en raison du conflit dans la bande de Gaza.

"Ces escales avaient pour vocation d'accueillir à bord de Tara de jeunes étudiants en science arabo-israéliens, palestiniens et israéliens, a expliqué Romain Troublé, le secrétaire général de Tara Expéditions. Dans le contexte et son évolution depuis début juillet, les conditions à la fois d'accueil de ces étudiants et de sécurité pour le bateau et son équipage n'étant plus réunies, le Président Etienne Bourgois, le directeur scientifique de la mission et moi-même avons décidé d'annuler cette visite".

- Entre artisanat et haute technologie -

Depuis le début de la mission Tara-Méditerranée au printemps, les scientifiques qui se relaient à bord de la goélette ont déjà procédé à plusieurs dizaines de stations de prélèvement en surface, tout au long de la route suivie par Tara et recueilli quelque 200 échantillons contenant des micro-particules de plastique mesurant entre 300 microns (1/3 de millimètre) et 5 cm.

Si le système de récolte des échantillons est très artisanal -mise à l'eau et à la traîne du bateau de filets filtrants en forme d'entonnoirs aux mailles de 300 microns- le repérage des zones de pêche fait en revanche appel à la plus haute technologie satellitaire.

Elle permet de repérer depuis l'espace en fonction des courants, de la direction et force des vents, les tourbillons qui favorisent la montée et la concentration à la surface des flots des micro-particules invisibles à l'oeil nu en suspension dans la mer.

Les échantillons récoltés et conservés à bord seront ensuite acheminés vers des laboratoires européens et américains où ils seront analysés dans toutes leurs composantes physiques et chimiques, au moyen des techniques et connaissances scientifiques les plus modernes et sophistiquées.

- Chaîne alimentaire -

"Depuis le début de la mission, tous les échantillons sans exception recueillis à la surface de l'eau, contiennent des micro-particules de plastique (polystyrène,polyéthylène, polyuréthane...). C'est un indicateur de l'étendue de cette pollution", explique à l'AFP à bord de Tara le directeur scientifique de Tara-Méditerranée, Gaby Gorsky, directeur de l'observatoire océanographique de Villefranche-sur-mer (Université Pierre et Marie Curie - CNRS).

"Notre travail consiste aussi à déterminer l'implantation de ce plastique dans le zooplancton, donc dans le début de la chaîne alimentaire marine, ajoute-t-il. Les poissons qui ingurgitent ce plastique, le rejettent, mais pendant le trajet dans le tube digestif, des composants comme le bisphénol A (effets sur l'endocrinologie humaine) ou les POP (polluants organiques persistants) peuvent être accumulés dans les tissus et se retrouver dans nos assiettes".

"Nous sommes au début de ces études. On voit le danger potentiel. A nous de déterminer le danger réel", conclut Gaby Gorsky.

PF/pga/el

Rédigé par () le Jeudi 21 Août 2014 à 07:30 | Lu 264 fois





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