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Statu quo dans la grève des contrôleurs


Tahiti, le 15 janvier 2025 - La grève se poursuit chez les contrôleurs aériens. Débuté il y a près de six semaines désormais, le conflit social s’étire en longueur et peine à trouver une porte de sortie. Jeudi, la section locale du SEAC PF a envoyé un courrier aux médias pour exposer les dessous des négociations en cours.

 
“Depuis le début du conflit, les revendications portées par l’Usac-CGT sont simples, identifiées et structurelles : le classement immédiat du centre de Tahiti en liste 5, la fixation d’un besoin en effectif opérationnel à 42 contrôleurs qualifiés minimum, permettant un dimensionnement adapté et durable et la garantie d’un chef de tour H24 dédié à ses fonctions de supervision et de gestion des opérations, y compris de nuit, et non d’un dispositif dégradé où un même agent cumule les tâches de contrôleurs sur position et ses fonctions de chef de Tour”, répètent les agents grévistes dans la missive envoyée.
 
“Le sous-effectif du centre de contrôle de Tahiti n’est ni conjoncturel ni récent”, poursuit le document. “Il est structurel, documenté et reconnu, conséquence directe d’un dimensionnement inadapté, initié pendant la période Covid et poursuivi jusqu’à présent par notre encadrement local et métropolitain. Le qualifier aujourd’hui de conjoncturel permet de justifier une mesure temporaire, mais ne règle en rien les causes profondes de la situation.”
 
Dos à dos, syndicat et Direction de l’aviation civile ne parviennent pas à s’entendre sur les mesures à prendre pour sortir du conflit social. L’option proposée par la direction est jugée “provisoire et inéquitable” par l’antenne locale de l’Usac CGT : “L’option ne crée aucun poste, ne modifie aucun classement, ne garantit aucun renfort pérenne, et ne répond pas à la nécessité d’un chef de Tour dédié à sa fonction H24”, commentent les grévistes. “Au contraire, l’option 1 réduit le temps dédié à la fonction chef de Tour à H14 contre H15 en service minimum.”
 
Arc-boutés sur leurs revendications, le syndicat poursuit sur l’option, proposée par la direction, qui a été mise au vote des salariés. Et cette dernière, selon l’Usac-CGT, ne pèsera pas “de manière uniforme sur l’ensemble des votants, ce qui renforce la nécessité d’un traitement structurel et durable de la situation”.
 
Le syndicat propose pour sa part de classer l’aéroport en liste 5. “L’administration a démontré récemment qu’une décision de modification de classement pouvait être prise rapidement, en procédant au classement du centre de Strasbourg en liste 4”, argumente-t-il. “Nous ne comprenons pas pourquoi ce qui est possible ailleurs ne le serait pas pour Tahiti, alors même que la situation locale est unanimement reconnue comme critique.”
 
“L’option 1 constitue un patch provisoire mais couteux à court terme, reposant sur des efforts supplémentaires et inégalement répartis”, conclut le syndicat. “L’Usac-CGT refuse que la mobilisation collective soit utilisée pour imposer une solution transitoire, alors qu’une décision réglementaire simple permettrait de répondre aux revendications à l’origine du conflit et de créer les conditions d’une sortie de crise durable.”

Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 15 Janvier 2026 à 16:50 | Lu 329 fois