TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
Newsletter
Widgetbox
I phone App
Androïd

FENUACOMMUNICATION, Fare Ute, immeuble SAT NUI BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49

Sport-Business : Teva Bonno, le shapeur tahitien aux trois étoiles


Teva Bonno, 47 ans, est un des rares créateurs de planches locaux (shapeurs) qui vivent de leur passion : le surf. Il communique sa joie de vivre et son sourire à tous ceux qui passent dans son atelier à la Punaruu. Goofy, il a pris sa première vague à l’âge de 11 ans, au spot de la mairie de Paea. En grandissant, sa passion le mène sur les plus belles vagues du monde, de Bali à l’Australie, en passant par l’Europe et les USA. Adepte du « surf spirit » et shapeur aux mains magiques, SportsTahiti.com est allé à la rencontre de celui qui équipe les meilleurs surfeurs du moment.



Teva dans son atelier.
Teva dans son atelier.
Ia ora na Teva, comment es-tu devenu shapeur ?
 
« Eh bien c’est arrivé un peu comme ça. Dans les années 1990 sur la côte Basque, j’ai rencontré Jean-Pierre Stark, un « shapeur » reconnu, et c’est avec lui que j’ai commencé tout en bas de l’échelle. Au début je nettoyais les ateliers, puis il m’a montré comme faire les réparations, et de fil en aiguille, un jour, il m’a proposé d’apprendre à « shaper ». J’avais 21 ans à l’époque. »
 
« Je suis resté plus de 8 ans avec lui, avant de revenir au fenua en 2000 pour créer mon entreprise [Teva Surfboards]url:https://www.facebook.com/Teva-Surfboards-1455021214773111/?fref=ts . Au départ mon atelier était à Tipaerui et je faisais tout moi-même. Shaper ça allait. Mais tout le côté gestion d’entreprise, mon gars, c’est une autre histoire ! (rires) Donc les jeunes qui veulent se lancer, allez-y surtout si c’est votre passion ; mais soyez rigoureux dans votre gestion. C’est un conseil ! »
 
Parles-nous un peu du marché du surf au fenua ?
 
« Au niveau du monde des « shapeurs » à Tahiti, dans les années 90, il y avait Kevin Heminway (Manutere), Kelly Surf, André Suard (Vavea), Arsène Harehoe (Taapuna)… Ensuite quand je suis revenu en 2000 et que j’ai créé ma marque, le marché avait un peu ralenti mais il restait du beau monde. Je me souviens de David Tortellier ou encore notre regretté Nelva Lee… Moi au départ je sortais à peine 5-6 planches par mois. »
 
« Ce qui m’a vraiment aidé à démarrer, ce sont les premiers surfeurs qui sont venus me voir comme Heifara Tahutini, un surfeur exceptionnel. Ensuite il y a eu Taumata Puhetini, Steven Pierson… Et maintenant je fais des planches pour Enrique Ariitu, Teiva Mare, Patricia Rossi, Jocelyn Poulou et j’oublie surement les meilleurs… (rires) Aujourd’hui, au plus haut niveau de mon activité, je dois produire en moyenne une trentaine de planches Teva Surfboards par mois. »

Teva Surf boards, la marque locale 3 étoiles !
Teva Surf boards, la marque locale 3 étoiles !
Est-ce ce que le métier de shapeur te permet de bien vivre ?
 
« Vivre du shape, cela dépend vraiment d’où on place son niveau de vie. Pour moi, cela me satisfait. Mais ça c’est personnel. Cela dépend de ton style de vie. Je vis de mon métier, et j’ai créé des emplois. Bon avec des hauts et des bas, mais ça nourrit son personnage (sourires). »
 
Tu es aussi l’un des seuls qui a investi dans une machine, pourquoi ?
 
« En 2008, j’ai décidé d’investir dans une machine de shape, parce que le métier a évolué. Avant on faisait tout à la main, tu te cassais le dos de 4 heures du matin à 21 heures le soir…tout en t’occupant des clients, des réparations… La machine permet de te préserver, et puis surtout elle te permet une plus grande précision de « shape » à la coupe. Par contre, je finis toutes mes planches à la main, parce qu’aucune machine ne vaudra la main et l’œil du shapeur (sourire). »
 
Parmi tous ceux que tu as essayé, quel a été ton spot de surf préféré ?
 
« Alors, j’ai surfé à Bali, en Australie, en Europe, aux Etats-Unis… ce sont des spots magnifiques et les gens sont plus ou moins sympas, mais l’eau est très froide. Donc je dirais que mes spots préférés, sans être chauvin, sont ici au fenua. C’est dur de choisir, mais je dirais les récifs de Taapuna, Vairao et Sapinus. Bon honnêtement, je n’ai plus le temps d’aller surfer. Actuellement, je dois y aller peut-être une fois tous les deux-trois mois. »
 
C’est bizarre, tu n’as pas dit Teahupoo ? »
 
« Non Teahupoo, il y a beaucoup trop de monde. Et souvent les copains quand ils m’invitent à y aller, c’est toujours très gros donc, quand ça fait juste 4 mois que tu n’as pas touché à ta planche, sympas les copains mais je vais d’abord réapprendre à nager ! (rires) »

Michel Bourez, le spartan Tahitien ! (Crédit Photo Michel Bourez)
Michel Bourez, le spartan Tahitien ! (Crédit Photo Michel Bourez)
La Billabong vient de s’achever. Est-ce que tu aurais une explication sur le fait que nos aito n’arrivent pas à remporter ce trophée ?
 
« Je pense que cela vient de la pression qu’ils se mettent lorsqu’ils surfent à la maison. Psychologiquement, ils doivent vouloir tellement faire plaisir à leur public que cela peut les bloquer. Un peu comme les Brésiliens à la coupe de monde de football 2014. Parfois la pression peut te transcender, mais elle peut aussi être catastrophique sur tes performances. »
 
« Après, j’ai voyagé un peu partout dans le monde, et j’ai remarqué deux choses. La première, c’est qu’un étranger du spot peut parfois être meilleur que les locaux car il est plus insouciant. Par exemple Teahupoo c’est chaud, mais si tu n’as pas « gouté » au récif, tu appréhendes un peu moins. Et cela nous amène à la deuxième chose, il faut savoir qu’un spot peut te marquer à vie. »
 
« Par exemple Michel s’est fait super mal à Teahupoo, et à mon avis inconsciemment cela a dû laisser des traces dans sa tête. Donc voilà. Mais après il ne faut pas oublier qu’en face il y a du très lourd : quand tu as un Kelly au top, c’est tout de suite plus compliqué. Mais bon, Michel ma, « Tapea i te paari », et je pense qu’un jour ou l’autre on va le gagner ce trophée et même voir un Tahitien champion du monde sur le tour, parce qu’on a du niveau au fenua. »
 
Le « King Slater », 5e victoire à Hava’e, qu’en penses-tu ?
 
« A 44 ans, Kelly Slater est juste incroyable. Mon point de vue c’est que de toutes façons, où qu’il aille, il y va tellement sans pression, que c’est un monstre. De plus il est son propre sponsor, il a sa propre marque et il se sert du tour pour se tester et tester son matos. Il intrigue tout le monde par son choix de planches. Il impose son surf avec de petites planches, en quatro, remet l’Epoxy à l’ordre du jour… enfin c’est le « number one » quoi !
Je l’ai rencontré 3-4 fois chez Manoa Drollet, quand je lui réparais ses planches au début de Teahupoo. Et j’étais hyper impressionné ! Mais en fait c’est un gars super humble, facile d’accès, très sympas et surtout très intelligent. »
 

Kelly Slater sur sa vague artificielle « parfaite » aux USA.
Kelly Slater sur sa vague artificielle « parfaite » aux USA.
Justement que penses-tu de la vague artificielle « parfaite » qu’il a créé aux USA ?
 
« Franchement c’est super ! Et pour moi c’est une évidence qu’après avoir réussi cela, le surf soit accepté aux Jeux Olympiques ! C’est une des évolutions majeures du surf d’aujourd’hui. Un peu comme fut le « leash » pour le surf d’hier. Parce qu’à l’origine, les mecs surfaient sans « leash », et devaient être d’excellents nageurs. »
 
« Quand le « leash » est arrivé, cela a permis à plus de gens de surfer : même ceux qui ne savaient pas bien nager. Et maintenant avec cette vague artificielle, tu ne seras plus obligé de voyager tout autour du monde. Même à Moscou ou au Sahara, tu pourras surfer en piscine. Cela va démocratiser l’accession aux vagues? Ca c’est sûr ! »
 
Est-ce que Teva Bonno, est fan d’un surfeur local en particulier ?
 
« Aïe ! J’en ai plusieurs donc là ça va être compliqué ! (rires) Mais pour un top 3, je dirais en premier, bien sûr, Michel Bourez, parce que c’est vraiment quelqu’un de très humble : il a une belle personnalité, et c’est un tueur dans son métier ! C’est un choix de cœur. Ensuite je vois Steven Pierson : le professionnel bosseur ! Pas seulement dans le surf, mais dans sa gestion du temps, de ses compétitions, de ses voyages : il est très bon. »
 
« Et puis après tu as toute la clique qui arrive Keoni, Mihimana, O’neill… et je m’excuse auprès de ceux que j’oublie ! (rires) C’est trop dur de faire un classement, mais on a une génération qui arrive et je pense qu’on a surement un futur Kelly Slater dedans. Une chose est sûre, il faut que ces « boys » continuent le travail commencé par Michel et Steven pour former la relève et élever toujours plus haut le niveau du surf local. »
 
Le mot de la fin, quel est ton conseil aux sportifs de sportstahiti.com ?
 
« Peu importe le sport : restez toujours super fair-play, et profitez de notre belle nature. On est à Tahiti quoi ! (rires) » Propos recueillis par TM / Sport Tahiti

Teva, un shapeur à la bonne humeur contagieuse.
Teva, un shapeur à la bonne humeur contagieuse.

La machine à shape pour une plus grande précision de coupe.
La machine à shape pour une plus grande précision de coupe.

En pleine réparation de board.
En pleine réparation de board.

Sport-Business : Teva Bonno, le shapeur tahitien aux trois étoiles

Rédigé par TM / Sport Tahiti le Vendredi 26 Août 2016 à 14:39 | Lu 1777 fois


Notez


Commentaires

1.Posté par Ness le 01/09/2016 07:07 (depuis mobile) | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bravo teva respect a toi

Signaler un abus

Sports | SportLive | Parau Ha'uti | OPEN | La video de la semaine | En exclu sur TAHITI INFOS | Faire-parts | Décès | Mieux comprendre | La tribune politique | Expression libre | CCISM | Le savez-vous? | SERVICES | Archives | TIFO, la monarquenovela | programme TV | Evènement | Observatoire des Prix | Tiki