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Scooters Hello Scoot’s abandonnés, la mairie de Papeete hausse le ton


©Facebook
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Tahiti, le 22 septembre 2026 - D'un jour à l'autre, les scooters jaunes Hello Scoot’ se multiplient sur les trottoirs du centre-ville. Batterie arrachée, roue manquante : beaucoup finissent en carcasses, jusque même dans les rivières. La cause : la société qui les exploitait, a fermé fin juin. Elle est aujourd’hui en liquidation judiciaire depuis le 7 septembre.      

Les épaves des scooters jaune poussin font tache à Papeete. Et le tāvana Rémy Brillant n’a pas manqué de s’en plaindre, vendredi dernier, dans un post Facebook. Alors qu’une lettre de mise en demeure était en préparation, la commune a été contactée, à la fin de la semaine dernière, par le liquidateur judiciaire de la SARL Hello Scoot’. Par un jugement rendu le 7 septembre, le tribunal mixte de commerce de Papeete a prononcé la liquidation judiciaire de la société et désigné un liquidateur.      

Selon les informations communiquées à la mairie, une grande partie des scooters aurait déjà été regroupée sur un parking. Certains demeurent pourtant stationnés sur les espaces publics. Faute de moyens humains et financiers suffisants pour procéder à leur enlèvement, le liquidateur sollicite désormais l’intervention de la commune afin de libérer les places de stationnement prises par ce qui s’apparente aujourd’hui à des véhicules encombrants.      

Le liquidateur doit maintenant établir un listing précis des scooters encore présents sur les espaces publics, avec leur localisation. “Lorsque nous disposerons de ces éléments, nous examinerons la situation et nous aviserons des suites à donner ainsi que des conditions dans lesquelles la commune pourrait éventuellement intervenir”, explique le maire de Papeete.      

Le tāvana, las de cette situation, se désole tout de même : “Le concept était intéressant. Ces scooters pouvaient rendre service aux usagers et contribuer à une mobilité plus douce. Mais aujourd’hui, ceux qui restent abandonnés posent un réel problème pour leur enlèvement.”      

Laissés ainsi, les scooters “encombrent les parkings, nuisent à l’image de la ville et donnent un sentiment d’abandon de l’espace public”, déplore le maire de la ville. “Ça laisse un sentiment d'insécurité.” Certains scooters commencent même à apparaître en pleine nature : l’un d’eux a notamment été retrouvé sous le pont de la Fautaua.   

​ ​Une situation qui s’éternise


Suite à la publication Facebook du maire de la capitale, de nombreux usagers ont proposé de retirer eux-mêmes les carcasses et de récupérer les engins. Une solution qui n'est toutefois pas autorisée. Ces scooters abandonnés n’en demeurent pas moins une propriété privée et ne peuvent pas être récupérés librement par les particuliers.      

Du côté de Fenua Ma, le constat est le même : rien ne peut bouger dans l'immédiat. Benoît Layrle, directeur général, rappelle qu'il n'a aucun ordre pour enlever les épaves, puisque chaque véhicule reste la propriété de son détenteur, carte grise à l'appui. Sans fourrière en Polynésie, la situation risque de perdurer, si personne ne se décide à agir.      

Si la justice s'en mêle, une procédure pourra être engagée. Mais encore faut-il que quelqu'un prenne le risque de la lancer. “C'est la même histoire que pour les bateaux”, résume Benoît Layrle : les propriétaires sont identifiés, mais leur accord reste nécessaire pour dépolluer. Le processus peut prendre des années.      

Lancée en mars 2021 par Arthur Ceccaldi, la start-up Hello Scoot' proposait des scooters électriques en libre-service, accessibles 24h/24 via une application mobile. L’initiative avait été récompensée par plusieurs prix locaux et nationaux d'encouragement à l'innovation. Elle avait aussi bénéficié de financements de la Sofidep, de BpiFrance et de business angels. Les véhicules se rechargeaient à l'énergie solaire, et la remise des clés se faisait entièrement en ligne.      

Arthur Ceccaldi avait complété cette offre avec un service de location de voitures en partenariat avec Avis Polynésie, puis avec Hello Covoit', anciennement Wigo, un service de covoiturage qui avait remporté en 2024 un appel à projets du Pays doté de 49 millions de francs.      

C'est finalement une accumulation de vols, de dégradations et de tensions juridiques qui aurait eu raison de la société. Le gérant avait annoncé, fin juin dernier, devoir jeter l’éponge.       

Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 22 Septembre 2026 à 16:47 | Lu 848 fois