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Santé, Mereana obtient un premier feu vert pour 4,2 milliards


Tahiti, le 22 octobre 2026 – Près de 4,2 milliards de francs pour la prise en charge des molécules onéreuses et des évacuations sanitaires en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. La députée Mereana Reid Arbelot a obtenu mercredi un premier feu vert en commission des finances de l'Assemblée nationale. Deux autres amendements, portant sur les personnels médico-sociaux dans nos écoles et les populations menacées par la montée des eaux, ont également été adoptés. Mais ces financements devront encore franchir plusieurs étapes parlementaires.
 

Quatre amendements adoptés en commission, et autant de dossiers sur lesquels Mereana Reid Arbelot entend faire contribuer davantage l'État. La députée s'en est félicitée jeudi matin, tout en appelant à la prudence.

Le premier concerne la prise en charge des molécules onéreuses en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. L'amendement prévoit une enveloppe de 20 millions d'euros, soit près de 2,4 milliards de francs, destinée aux deux territoires pour alléger le coût de ces traitements, aujourd'hui supporté par leurs systèmes de protection sociale. Mereana Reid Arbelot souligne notamment le poids de ces dépenses pour la CPS, dont le financement repose sur un nombre de cotisants sans commune mesure avec celui de la Sécurité sociale dans l'Hexagone.

Autre dépense considérable pour ces deux territoires du Pacifique : les évacuations sanitaires (Evasan). Un deuxième amendement prévoit une participation de l'État de 15 millions d'euros, soit près de 1,8 milliard de francs, pour la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. “Aujourd'hui, nos territoires assument seuls ces dépenses considérables. L'État doit prendre sa part dans le financement de cette continuité des soins”, défend la députée.

22 postes dans les établissements scolaires

Le troisième amendement prévoit près de 196 millions de francs pour renforcer les moyens humains dans les établissements scolaires polynésiens. Il vise la création de 22 postes, dont quatre infirmiers, neuf assistants de service social et neuf agents techniques. Une demande qui trouve un écho particulier dans le contexte de la grève actuelle des personnels de santé, même si ces recrutements relèveraient de l'Éducation nationale. La députée insiste sur les besoins des élèves des archipels éloignés, dont certains quittent leur famille dès 9 ou 10 ans pour poursuivre leur scolarité. “Les établissements scolaires deviennent alors des lieux essentiels pour assurer leur suivi médical”, souligne-t-elle. Enfin, le quatrième amendement propose la création d'un fonds destiné aux populations déplacées par la montée des eaux, doté de 2 millions d'euros, soit près de 239 millions de francs. Il permettrait de financer des opérations de relocalisation. “Nos territoires sont en première ligne face à la montée des eaux. Soyons prêts ! “, lance Mereana Reid Arbelot.

Ces amendements ne correspondent toutefois pas, à ce stade, à des crédits supplémentaires accordés par l'État. Pour respecter l'équilibre budgétaire, les sommes proposées sont compensées par des diminutions équivalentes sur d'autres programmes. Le financement des molécules onéreuses serait ainsi prélevé sur le programme “Protection maladie”, tandis que le fonds consacré à la montée des eaux serait alimenté par un redéploiement de crédits du service public de l'énergie.

Et rien n'est encore définitivement acquis. “ Attention, rien n'est encore définitivement acquis ! Ne crions pas victoire ! “, prévient la députée. Les amendements devront encore être adoptés en séance publique à l'Assemblée nationale. Le projet de loi de finances poursuivra ensuite son parcours au Sénat, avant d'éventuelles nouvelles lectures entre les deux chambres et son adoption définitive.
 

Rédigé par Stéphanie Delorme le Jeudi 22 Octobre 2026 à 09:42 | Lu 452 fois