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Salmonellose : le risque plane de nouveau sur une exploitation de la Presqu'île



TARAVAO, le 5 septembre 2016 - Une entreprise de production d'œufs de la presqu'île de Tahiti est sous surveillance depuis fin août. Une partie de son cheptel pourrait être infecté par la salmonelle.

"Le risque zéro n'existe pas", regrette le directeur de la société civile d'exploitation avicole polynésienne, basée à Taravao, Jean-Yves Saint-Maxent. Il y a plusieurs semaines, cette entreprise spécialisée dans l'élevage de poules pondeuses, a réalisé un autocontrôle sanitaire de routine. Depuis 2011 (lire ci-dessous) et la découverte de salmonelle dans plusieurs élevages de poules pondeuses en Polynésie française, le Pays a mis en place une procédure systématique obligeant les exploitations avicoles à effectuer des tests sur leur cheptel afin de déceler la présence éventuelle de salmonelle. C’est à l’issue du dernier en date que cette exploitation de Taravao aurait découvert la présence du germe.

"Les résultats des prélèvements (NDLR : publié dans un rapport d'essais du 19 août) ont révélé une suspicion de présence de salmonelle dans le troupeau"
, explique le directeur. Les analyses, effectuées par le Centre d'analyses industrielles et de recherche appliquée pour le Pacifique (CAIRAP), ont été envoyées en métropole. Les laboratoires de l'Hexagone ont confirmé le risque. Comme la procédure l’exige, l'entreprise a alors prévenu les autorités sanitaires. Le Service du développement rural (SDR) est intervenu sur l'exploitation. Les vétérinaires ont, eux aussi, effectués toute une série de tests.

UNE SUSPICION À CONFIRMER

Une rumeur de possibles cas de salmonellose sur le fenua courrait depuis le début du mois d'août. Le 26 août dernier, le président de la Polynésie française a pris un arrêté. Publié dans le journal officiel vendredi dernier, il indique dans l'article 1er que "l'exploitation de poules pondeuses de la société civile d'exploitation avicole polynésienne, sise Taravao, île de Tahiti, suspectée d'être infectée par Salmonella enterica sérotype Enteritidis, est mise sous surveillance."

La société avicole compte 13 bâtiments qui regroupent 60 000 poules. Huit hangars sont consacrés à la ponte. "Un seul bâtiment est concerné par cette suspicion d'infection par salmonelle selon les prélèvements de notre vétérinaire. Le SDR devra confirmer s'il y a infection ou pas". Dans l'attente de ces résultats, le troupeau a été "séquestré et maintenu isolé". Les œufs frais ne sont plus autorisés à la vente. "Nous avons toujours travaillé en extra-frais, commente le directeur de cette exploitation créée en avril 2014. Mais aujourd'hui, comme nous avons un doute, plus aucun de nos œufs n'est dans le commerce. C'est normal, c'est la procédure. Ils sont isolés. La seule voie possible est de les transformer: les cuire ou les pasteuriser car, dans ces cas là, la bactérie ne résiste pas."

Si les prélèvements venaient confirmer la présence de la bactérie, les poules seraient abattues. "Compte tenu de ce qu'il s'est passé en 2011 et de la règlementation qui en a découlé, nous avons modifié nos plans de construction de la société pour pouvoir s'adapter à la nouvelle règlementation. Ainsi, nous ne devrons pas abattre tout notre cheptel, comme ce qui a été fait auparavant." En effet, la charte sanitaire, non-obligatoire et délivrée par le SDR, invite les exploitations avicoles à répartir leurs animaux en plusieurs bâtiments. Ainsi, lorsque la bactérie est présente, ce ne sont pas toutes les poules qui doivent être abattues, mais seulement celles qui se trouvent dans le bâtiment concerné.

"Aujourd'hui, l'entreprise de Taravao est la seule exploitation à répondre aux exigences de cette charte sanitaire. Les autres, malheureusement, ont été conçues avant la nouvelle règlementation et n'ont pas toutes les capacités d'investissement pour compartimenter leur cheptel. Cette séparation permet, en cas de crise, de s'en sortir plus facilement", confirme Hervé Bichet, vétérinaire épidémiologiste au département de la qualité alimentaire et action vétérinaire du SDR.

Si salmonelle il y a, les œufs de la société civile d'exploitation avicole polynésienne seront déclassés. 10 000 œufs sortent chaque jour du bâtiment suspecté d'abriter la salmonelle. Pour l'entreprise, cela représenterait une perte de 20 % du chiffre d'affaires, soit environ 5 millions de Francs par mois. "Cela fait mal, commente Jean-Yves Saint-Maxent. Mais le pire pourrait être de rendre nos clients malades et de se retrouver devant le tribunal car nous n'avons pas fait les choses correctement. Nous avons une réputation, nous tenons à la garder."

La société civile d'exploitation avicole polynésienne de Taravao en chiffres

- 30 : le nombre de personnes employées par la société (usine et poulailler).
- 1,5 millions de Francs : le coût mensuel de la règlementation sanitaire, selon le directeur de l'entreprise (soit 5% du chiffre d'affaires).
- 50 000 : le nombre d'œufs produits chaque jour.
- 60 000 : le nombre de poussins importés de Nouvelle-Zélande (Auckland et Tauranga, dans l'île du Nord) par la société chaque année (il y a huit arrivages par an, composés de 7500 poussins).

" Les risques sont déjà passés..."

Parole à… Hervé Bichet, vétérinaire au service de développement rural

Avez-vous été alerté par l'entreprise elle-même de la présence d'une suspicion de salmonellose dans leur troupeau?


Tout à fait. L'exploitation de Taravao a suivi la procédure et nous a informés de la suspicion, révélée à l'occasion d'un autocontrôle effectué sur le site. Immédiatement, nous avons lancé une vague de confirmation, en effectuant des prélèvements sur l'ensemble de l'élevage, toute la semaine dernière. Les résultats devraient être connus dans la semaine.

Que se passera-t-il à la suite de ces résultats?

La présidence prendra un arrêté qui confirmera ou non la suspicion de présence de salmonellose dans le troupeau.

Quels sont les risques pour les consommateurs?

Il n'y en a pas. Les risques sont déjà passés. Étant donné que tout est séparé dans cette exploitation, les risques sont très faibles. Ce n'est pas plus important que de vivre à côté des animaux qui sont porteurs du germe.

D'où vient cette bactérie?


L'enquête épidémiologique devra déterminer son origine. La bactérie pourrait venir des poussins entrants, qui sont pourtant bien contrôlés en Nouvelle-Zélande avant de partir et dès leur arrivée ici où ils sont vaccinés ; elle pourrait venir de l'alimentation, elle aussi contrôlée ; elle pourrait venir de l'eau de boisson ou des humains eux-mêmes. Nous essayons en tout cas de contrôler toutes les sources potentielles.

Serait-il possible que la bactérie vienne d'un autre élevage, proche de celui où il y une suspicion?

Tous les élevages bénéficient du même suivi. Ils ont l'obligation de passer un accord avec un vétérinaire pour effectuer des autocontrôles. Le passage de la bactérie d'un élevage à l'autre paraît extrêmement difficile. Il aurait pu se faire par un humain, par les oiseaux ou par la poussière qui aurait volé, mais, dans tous les cas, il serait difficile de dire qui est le premier à avoir eu la salmonelle.

Est-ce le premier cas de suspicion cette année?

Absolument. C'est une circonstance nouvelle depuis au moins deux ans. La salmonellose est dure à prévenir comme la grippe. Il y a eu un autre cas de suspicion en 2014 et avant cela, c'était en 2011. Cette année-là, il y avait eu de très gros cas de salmonelloses. Différents élevages étaient atteints par la bactérie. C'est à la suite de cela qu'un arrêté relatif à la lutte contre les infections à Salmonella enterica avait été pris, en novembre 2012.

Qu'est-ce que la salmonelle?

Selon le dictionnaire Larousse, la salmonelle ou salmonella est un : "genre bactérien composé de bacilles Gram négatif responsables de salmonelloses. (Famille des entérobactériacées.)" Il existe plusieurs espèces et types de salmonelle. La maladie provoquée par cette bactérie s'appelle la salmonellose.
Il existe plusieurs variétés de salmonelloses. Elles se déclarent le plus souvent par ingestion d'aliments comme : des fruits de mer crus ou insuffisamment cuits, du lait, des œufs crus, de la viande ou des volailles. La nourriture peut aussi être infectée lorsqu'elle est manipulée par des porteurs du germe.
Les salmonelloses frappent des individus par cas isolés ou prennent la forme d'épidémies.
Les symptômes de la maladie varient allant de la gastroentérite fébrile à l'infection généralisée.

Une grave épidémie de salmonelle en 2011

Début 2012, près de 120 000 poules pondeuses ont du être abattues pour cause sanitaire. Cela a causé la destruction des deux tiers du cheptel polynésien, en raison d’une épidémie de salmonelle d’une variété particulièrement virulente, la Salmonella enteritidis (celle qui est suspectée d'avoir infecté une partie du cheptel de Taravao). A l'origine de cette mesure, une importante alerte sanitaire avait été déclarée au centre hospitalier de Polynésie française, en décembre 2011.

Lire aussi : Œufs : encore "un an à un an et demi" de pénurie à Tahiti, selon de ministère de l’Agriculture

Pendant près de deux ans, 20 000 douzaines d’œufs ont dû être importées de Nouvelle-Zélande pour répondre correctement à la demande locale.
Le SDR a recensé 61 élevages de poules pondeuses en fonctionnement en Polynésie française en décembre 2012 pour un effectif de poules pondeuses de 129 990 poules.

Suite à cette épidémie, d'importantes mesures avaient été prises par le gouvernement pour lutter contre les infections à salmonelles chez les volailles, détaillées dans un arrêté en date du 15 novembre 2012.

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Rédigé par Amelie David le Lundi 5 Septembre 2016 à 04:00 | Lu 4058 fois






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