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Rétrospective : Les faits marquants de l’actualité locale en 2025


Tahiti, le 7 janvier 2026 - Que retenir de l'année écoulée en matière d’actualité locale au Fenua ? Tahiti Infos vous propose pour 2025 une sélection de la rédaction des événements de l'actualité locale qui auront intéressé la collectivité depuis janvier.

2025 en quelques dates

10 janvier : Une nouvelle dépression tropicale s'est formée au large des Australes. Le phénomène n'inquiète pas outre mesure Météo-France mais elle prévoit cependant une nette dégradation de la météo sur l'archipel dans les trois prochains jours.
 
23 janvier : Dans sa dernière étude, l'Institut de la statistique de la Polynésie française fait une nouvelle fois état d'un solde migratoire apparent déficitaire entre 2017 et 2022. En revanche, du côté des arrivants, l'institut constate un retour important des natifs de Polynésie, souvent plus diplômés et bénéficiant d'une meilleure insertion professionnelle.
 
3 février : Exaspérée par la prolifération des dépôts sauvages à côté du parc Vaira'i à Punaauia, l'association Mama Natura a décidé de porter plainte contre X. Une démarche ayant pour objectif de “faire réagir les autorités”.
 
7 février : Tohonu, cette tortue verte adulte repêchée à Reao amputée d’une partie de ses nageoires antérieures et soignée pendant quatre mois par l’équipe de l’association Te Mana o te Moana, retrouve l’océan sur la plage de Taharu’u, à Papara. Grâce à une balise fixée sur sa carapace, des données précieuses à la conservation de cette espèce seront collectées.
 
10 février : Grand maître international du jeu d'échecs, entraîneur de l'équipe de France seniors et collaborateur du premier youtubeur français, Blitzstream, Fabien Libiszewski est sur le territoire pour partager sa passion.
 
10 mars : Un incendie ravage l'ancien hôtel abandonné Heitiare Inn, à Faa’a, réduisant le bâtiment en cendres. Quarante personnes sont évacuées par les secours.
 
10 mars : Une semaine après l’incendie, l’activité a repris au centre d’enfouissement technique (CET) de Paihoro. Les fouilles se poursuivent pour éteindre les “points chauds” et la vigilance reste de mise face au danger des appareils électroniques portatifs, toujours plus nombreux dans notre quotidien. Enviropol et Fenua Ma appellent à une “prise de conscience” de la part des usagers et des revendeurs, tandis que les incidents se multiplient.
 
22 mars : Une vingtaine de pêcheurs de l’association Afareaitu Rava’ai se mobilisent pour nettoyer le lagon de Afareaitu, avec le soutien de Fenua Ma et de la commune de Moorea-Maiao. Près de 200 kilos de déchets sont collectés. Outre la propreté du lagon, l’objectif pour les pêcheurs est de s’assurer de proposer du poisson sain à la population.
 
23 mars : Décès de Jean-Marius Raapoto des suites d’une longue maladie à l’âge de 82 ans. Docteur en science des langues polynésiennes, ancien directeur d'établissement et ancien ministre de l'Éducation, il avait été élevé en avril 2019 au rang d'officier dans l'ordre de Tahiti Nui.
 
23 avril : L’association Réseau des gardiens de l’océan publie une alerte à Hiva Oa après la découverte d’une vingtaine de cétacés morts sur les berges de la vallée de Eiaone, à Hiva Oa.
 
14 mai : Dans la continuité de la vidéo choquante d’un chien battu à Paea, l’association SCA Tahiti lance une pétition en ligne pour “faire respecter les lois existantes contre la cruauté animale”. Elle totalise déjà plus de 2 000 signatures. Une marche est également en préparation pour la fin du mois.
 
7 juillet : Une alerte écologique est lancée à Ua Pou après la découverte d’une plante envahissante encore jamais identifiée en Polynésie française : le miconia crenata, également connu sous le nom scientifique de Clidemia Hirta. Cette espèce figure parmi les cent variétés les plus nuisibles au monde, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
 
4 août : Météo-France place une large partie du territoire en vigilance orange pour risque de vague-submersion dont l’archipel de la Société, les Tuamotu-Ouest et Sud et les Australes.
 
29 août : La ressourcerie de Mahina franchit une nouvelle étape avec l’ouverture de son Fare du réemploi. Désormais, la boutique est accessible chaque vendredi matin.
 
14 octobre : Lutter contre les moustiques avec des moustiques stériles : c’est le pari du programme PAC-SIT, qui débute à Paea, fort de l’expérience concluante déjà menée à Tetiaroa. L’opération est supervisée par le laboratoire d’entomologie médicale de l’institut Louis-Malardé (ILM).
 
16 décembre : Un résident de Moorea de 68 ans violemment attaqué par trois chiens qui l'ont mordu à 280 reprises décède après 10 jours de soins intensifs à l’hôpital de Taaone. Le sexagénaire avait été attaqué à Papetoai alors qu'il se trouvait dans son jardin.
 
18 décembre : Alors que les 36 employés de la société SNVG 2 Moorea Terevau ne sont plus payés depuis octobre-novembre, la société de transport maritime entre Tahiti et Moorea est placée en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce. Une prochaine audience est prévue en mars.

C'était le 5 février : Deux enquête ouvertes après l'incendie de l'entrepôt d'Agritech

La procureure de la République, Solène Belaouar, confirme l’ouverture de deux enquêtes concernant la société Agritech. Le Pays précise en outre que plusieurs prélèvements ont été effectués afin d’analyser la pollution environnementale.
 
Deux enquêtes concernant la société Agritech sont confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) après le grave incendie qui a détruit fin janvier le hangar commercial de l’entreprise sur les hauteurs de Faa’a.
 
La recherche d’une éventuelle pollution des sols, de la rivière et atmosphérique est toujours en cours, alors que l’autopsie pratiquée sur une riveraine décédée le lendemain de l’incendie n’a pas permis de faire de lien entre son décès et les vapeurs inhalées. Cependant, des analyses plus poussées sont toujours en cours.
 
La Diren a effectué, dès le 30 janvier, une série de prélèvements qui ont révélé une pollution des eaux de la rivière de Tavararo. Douze anguilles mortes ont été recensées. D’après les résultats préliminaires des analyses, cette mortalité s’explique probablement par une forte concentration de polluants azotés issus des engrais stockés dans l’entrepôt d’Agritech.
 
Des prélèvements sur les végétaux situés à proximité du site doivent encore être effectués afin de mesurer l’impact de l’accident sur les produits locaux. Les services du Pays déconseillent en attendant de consommer les produits agricoles issus de parcelles proches du site de Tavararo. La baignade aux embouchures du canal de l’aéroport (Vaitupa et hôtel Hilton) est également déconseillée.

C'était le 18 mars : Rythmes scolaires, une réforme (déjà) sur la sellette

Devant le tribunal administratif de Papeete, le Syndicat de la fonction publique (SFP) plaide pour l’annulation des arrêtés instaurant la réforme des rythmes scolaires. La décision, qui sera rendue le 15 avril, pourrait contraindre l’exécutif à revoir sa copie.
 
Le Syndicat de la fonction publique dénonce une réforme des rythmes scolaires mise en place “sans concertation” et “dans la précipitation”, et demande donc son annulation. “Nous avions alerté le gouvernement et le ministère par plusieurs courriers. Nous leur disions : attention, vous modifiez les rythmes scolaires sans aucune préparation. Les communes et les agents de la fonction publique seront mis devant le fait accompli”, insiste Olivier Champion, secrétaire général du SFP. Des avertissements restés lettre morte, alors que, selon lui, les personnels ont été tout bonnement “écartés” des discussions.
 
De l'autre côté, le gouvernement, avance des chiffres censés valider le bien-fondé de la réforme : 77 % des familles se déclareraient “moyennement” satisfaites et 60 % des enseignants s’en diraient satisfaits. Un bilan qui, selon l’exécutif, prouverait que la mesure fait aujourd’hui “consensus”. Autre argument avancé par les professeurs : les élèves seraient plus réceptifs grâce à cette nouvelle organisation.
 
Mais pour le SFP, ce bilan occulte des inégalités croissantes. La réforme a entraîné des disparités dans l’accès aux activités périscolaires et alourdi les charges financières des familles, contraintes de trouver des solutions de garde. “Après sept mois, bien sûr que tout le monde a dû s’adapter. Mais cette adaptation aurait dû être anticipée, préparée, discutée”, tranche Olivier Champion.
 
En avril, la réforme est annulée par la justice administrative.

C'était le 6 juin : Le Pays annonce le renforcement de la protection de la ZEE

Depuis Nice, où il assiste à la Conférence des Nations unies sur l'Océan, Moetai Brotherson annonce des réformes visant à renforcer la protection de notre domaine maritime en instaurant de nouveaux espaces protégés et des zones de pêche règlementées, couvrant 20 % de notre ZEE.
 
Après la création en 2018 de l’Aire marine gérée (AMG) Tainui Ātea faisant de la Polynésie une pionnière en matière de protection de son environnement marin, Moetai Brotherson annonce la création de zones de pêche règlementées de 15 nautiques autour des îles Marquises, des Gambier et des Australes, et de 30 nautiques aux îles de la Société, où cette activité sera réservée aux navires de moins de 12 mètres.
 
En parallèle, le Pays veut créer à l'ouest des îles de la Société un grand parc territorial de près de 220 000 km2 où seules les pratiques traditionnelles, les activités scientifiques et le tourisme durable seront autorisés. Un “espace d'intérêt biologique majeur, notamment pour les requins, les raies et les tortues”. Dans la même veine, le président du Pays annonce la création d'un immense parc territorial de 650 000 km2 aux Gambier, un archipel “connu localement pour la richesse de sa biodiversité mais ignoré par les scientifiques et les écotouristes”.

Dans la globalité, les espaces naturels protégés et les zones de pêche règlementées prévoient de couvrir une surface d'un peu plus d'un million de km2“soit environ 20 % de notre ZEE”. En renforçant ainsi le statut de Tainui Ātea et en posant les bases de ces futurs espaces protégés aux Marquises, Australes, Gambier et îles de la Société, Moetai Brotherson veut faire de la Polynésie française un “acteur central de la gouvernance océanique mondiale”.

C'était le 31 août : Du vinaigre contre les taramea à Moorea

Pour tenter de contenir la prolifération des taramea, des résidents de Moorea ont participé à une journée de sensibilisation à Temae, lors de laquelle 53 étoiles de mer mangeuses de corail ont été éliminées par de simples injections de vinaigre. Une technique qui a fait ses preuves au Vanuatu ou encore en Australie sur la Grande Barrière de corail.
 
Présentes dans la zone tropicale du bassin indopacifique, les taramea ou “couronnes d’épines” sont des étoiles de mer imposantes et venimeuses qui raffolent du corail, contribuant ainsi à sa régénération. Lorsqu’elles sont présentes en trop grande quantité, elles peuvent représenter une menace pour le récif corallien, sachant qu’un individu adulte peut dévorer jusqu’à 10 m2 de coraux par an.
 
En Polynésie, des vagues de prolifération de taramea sont observées depuis plusieurs décennies. Des campagnes de ramassage ont été réalisées dans plusieurs îles par le passé. Mais les injections de vinaigre ont aussi fait leurs preuves à l’international, à l’image des actions menées en Australie par la Fondation pour la Grande Barrière de corail avec un équipement semblable à une flèche sous-marine reliée à un réservoir. C’est cette technique simplifiée qui a été menée à Moorea, à l’initiative du duo parvenu à rassembler une petite dizaine de personnes autour de cette action citoyenne. “Trois injections de 10 mL suffisent”, indique le biologiste marin Théo Guillaume.

C'était le 4 décembre : Trois blessés sur un chantier à Gaz de Tahiti

Un accident s’est produit sur le chantier de la nouvelle sphère en construction de Gaz de Tahiti à Motu Uta. Selon nos informations, une grande partie du sable qui recouvre la nouvelle sphère et qui devait servir de stabilisateur pour cette nouvelle cuve géante s’est décrochée et est tombée sur des ouvriers d’entreprises déléguées en contrebas. Bilan : trois blessés transportés au CHPF et Motu Uta paralysé pendant plusieurs heures.
 
Les questions sur l’implantation de ces sphères de gaz en périphérie directe de la ville de Papeete sont à nouveau soulevées depuis l’accident survenu sur le chantier de la nouvelle sphère de Gaz de Tahiti. Vers 10 heures, jeudi 4 décembre, une grande partie du sable et de la terre qui recouvraient cette cuve géante s’est décrochée pour tomber sur des ouvriers en contrebas. Selon les informations recueillies sur place, deux d’entre eux étaient légèrement touchés, un troisième était plus sévèrement blessé au dos, mais tous trois sont sortis de l’hôpital en fin de journée pour retrouver leurs foyers. Les trois ouvriers, pris en charge très rapidement par les salariés, puis par le Samu et les pompiers, ont été évacués vers le centre hospitalier de Taaone.
 
La chute de cet important volume de sable et de terre a aussi causé la destruction de l’échafaudage adjacent, et la direction de Gaz de Tahiti n’a pas précisé si la nouvelle sphère avait elle-même subi des dégâts.


“Il s'agit d'une sphère enterrée qui est en cours de travaux et une partie du sable, environ 750 m3, est tombée sur des ouvriers qui étaient en train de travailler”, a confirmé vers 12 heures la colonelle Cécile Macarez, directrice de la Protection civile en Polynésie française.
 
L’effondrement du sable et de la terre de la structure n’a pas fait que blesser les trois ouvriers, elle a aussi engendré une fragilité sur des canalisations de gaz qui courent le long du chantier. Le plan d'opération interne (POI) a dû être déclenché par Gaz de Tahiti afin de sécuriser cette conduite de gaz provoquant la fermeture de Motu Uta pendant plusieurs heures.

C'était le 6 décembre : Hinaupoko Devèze élue Miss France 2026

Elle était l’une des grandes favorites. Dans la nuit de samedi 6 à dimanche 7 décembre, Hinaupoko Devèze, Miss Tahiti 2025, a été élue Miss France 2026.
 
À peine élue et déjà grandement sollicitée, quand on lui pose la question de savoir comment elle se sent, Hinaupoko Devèze répond avec ironie : “Vous êtes la vingtième personne à me poser la question ce soir”. Un exercice avec lequel celle à qui a été attribué le prestigieux statut de Miss France 2026 va devoir se familiariser. “On ne naît pas Miss, on le devient”, avoue-t-elle, se sentant honorée de ce nouveau titre mais ne réalisant pas encore avoir été celle choisie parmi les 29 autres candidates. La couronne de Miss France qu’elle porte le lui rappelle pourtant bien. “Je n’ai pas encore eu le temps de la regarder mais je la sens bien sur ma tête”, lâche-t-elle dans un sourire.
 
Les pronostics la plaçant souvent au statut de favorite avaient donc vu juste. Un statut que la Miss France 2026 fraîchement élue a pourtant vu d’un mauvais œil.
 
Sur scène, juste avant le verdict final, c’est un duo électrique que nous l’avons vue former main dans la main avec une autre Miss venue du Pacifique, la première dauphine, Miss Nouvelle-Calédonie. Sauts de joie, rires, complicité ; les deux femmes étaient déjà amies avant le concours. “On a fait que crier, on a même lancé des petits clins d’œil à la caméra.”

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mercredi 7 Janvier 2026 à 16:12 | Lu 574 fois