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Reo ma'ohi : "si on ne fait rien, dans une génération nous aurons affaire à une langue morte"



Jacques Vernaudon, enseignant et chercheur en linguistique océanienne à l’Université de Polynésie française.
Jacques Vernaudon, enseignant et chercheur en linguistique océanienne à l’Université de Polynésie française.
Si comme Goethe le pense "L’âme d’un peuple vit dans sa langue", il est utile de s'interroger sur la vivacité de la transmission du reo ma’ohi dans la société tahitienne moderne, sur la place de cette langue et sur son avenir.
Au cœur de cette réflexion : le rôle capital que doit jouer la relation intergénérationnelle, en famille. Entretien avec l'enseignant-chercheur en linguistique océanienne Jacques Vernaudon en guise d’introduction à l’exposé qu’il donne avec Mirose Paia, sur le thème "Langues polynésiennes et plurilinguisme : qu'avons-nous appris de dix ans d'enseignement expérimental en Polynésie française ?", dans le cadre des Conférences pour tous de l’Université, à Outumaoro, jeudi 15 octobre à 18 h 15.

Où en est la pratique du tahitien, aujourd’hui dans notre collectivité ?

Jacques Vernaudon : Les données dont on dispose sont éparses. Lors du dernier recensement général de la population, en 2012 (ISPF, ndlr), dans la classe d’âge des 15 ans et plus, la proportion des personnes qui déclarent comprendre, parler, lire et écrire une langue polynésienne est de 69%.
Evidement, c’est du déclaratif : à la question, les gens répondent oui ou non. Ils ne sont pas évalués. En habitant en Polynésie, on se rend bien compte que les langues polynésiennes sont en perte de vitesse. Et on peut supposer que cette donnée statistique correspond à une surestimation : les gens déclarent une compétence qu’ils n’ont pas forcément ; ou à un niveau qui n’est pas celui d’un locuteur qui parlerait parfaitement.

Selon ce recensement de 2012, seule 23% de la population de Polynésie française âgée de 15 ans et plus déclare parler le tahitien en famille. Réciproquement, ils sont 70% à déclarer parler français dans ce même cadre familial. Sur les îles du Vent, 42% des personnes âgées de 70 à 79 ans, 23% des 40-49 ans et 11% des 15-19 ans déclarent une langue polynésienne comme étant "la plus couramment parlée en famille", ce qui témoigne d’un étiolement de la pratique de la langue d’origine au cours des générations.

Quelle est, selon vous, la part de ceux qui parlent correctement ?

Jacques Vernaudon : La question est de savoir à partir de quand quelqu’un parle-t-il correctement ou pas une langue. Une personne qui sait tenir une conversation minimale sur des sujets très familiers doit-elle être comptabilisée comme locuteur ? Ou bien faut-il être en mesure d’aborder des sujets complexes ? Les linguistes et psycholinguistes qui travaillent sur ces questions-là estiment qu’à partir du moment où l'on utilise quotidiennement une autre langue, même si le niveau n’est pas très élevé, on est déjà en situation de bilinguisme. Et je pense qu’à Tahiti cela représente une proportion relativement importante de la population. Même les plus jeunes – que l’on n’entend pas forcément parler – ont souvent une compétence en compréhension : si on ne leur a pas parlé et transmis la langue, ils ont souvent entendu leurs parents ou grands-parents parler dans des situations diverses de vie.
Globalement, nous sommes en présence, aujourd’hui, de gens qui parlent et qui comprennent le tahitien – la génération la plus ancienne – ; de gens qui parlent peu parce qu’ils sont dans une forme d’insécurité linguistique ; et de gens – les plus jeunes – qui souvent comprennent mais ne se sentent pas armés pour parler
.

Qu’est-ce qu’une telle situation nous laisse espérer quant à l’avenir du reo ?

Jacques Vernaudon : Compte tenu du fait que la génération des plus jeunes ne sera pas en mesure de parler à ses propres enfants, cela nous conduit assez inexorablement à une rupture.
Si on prend les échelles de l’Unesco au sujet de la vitalité des langues : au niveau de la transmission intergénérationnelle, on voit bien que la situation est critique ; concernant le critère de l’utilisation de la langue dans l’espace public, les espaces de la vie quotidienne où l'on parle tahitien se réduisent. Déjà, à l’aune de ces deux critères, selon la grille de l’Unesco, les langues polynésiennes sont en danger.


En danger, ça veut dire quoi pour une langue ?

Jacques Vernaudon : Que dans une génération, nous aurons des jeunes gens qui ne seront plus ni en situation de parler, ni de comprendre : si on ne fait rien, dans une génération nous aurons affaire à une langue morte.
De rares personnes continueront à parler, mais il s’agira d’une élite éduquée. Et la situation sera profondément injuste parce que les classes populaires, qui normalement sont les porteurs historiques de la langue, auront perdu ce capital. Au profit de quoi ? D’un français qui n’est même pas le français standard. Je ne jette pas l’opprobre sur le français local. Mais il se trouve que ce français-là n’est malheureusement pas celui qui permet d’obtenir des diplômes et accéder à un emploi
.

N’est-ce pas paradoxal d’observer ce phénomène alors que tout le monde s’entend sur l’importance culturelle, patrimoniale, sociétale de la langue tahitienne ?

Jacques Vernaudon : On est face à deux mouvements contradictoires – nous avons d’ailleurs écrit, avec ma collègue Mirose Paia, un article sur le sujet, sous le titre "Le tahitien, plus de prestige moins de locuteurs". La reconnaissance sociale de la langue s’est accrue sans cesse depuis une quarantaine d’années. Quand on demande aux parents s’il est important d’enseigner le tahitien, 97% répondent que cela est "important" voire "très important".
Paradoxalement, en même temps de moins en moins d’adultes pratiquent cette langue avec leurs enfants.
Je pense que deux idées viennent perturber la transmission du tahitien. Une première est que, depuis les années 60, la langue de la réussite, c’est le français. (…) La deuxième – que j’appellerais l’idéologie monolingue – est la croyance selon laquelle un enfant ne pourrait apprendre qu’une seule langue à la fois. Et face au choix, on opte naturellement pour le français.
Ce que nous dit la littérature scientifique à propos du plurilinguisme, c’est qu’un enfant peut très précocement être exposé à plusieurs langues et les apprendre parfaitement. Il n’y a pas à choisir en somme. Les enfants sont parfaitement équipés pour recevoir plusieurs langues. Et c’est même souhaitable, pour leur développement cognitif.


Comment inverse-t-on une tendance lourde comme celle qui porte le tahitien vers sa disparition ?

Jacques Vernaudon : Il faut informer. Les parents doivent savoir quels sont les bons usages linguistiques en famille. C’est un enjeu sociétal d’ensemble. On a souvent fait peser ces questions-là sur les épaules de l’école. C’est vrai qu’elle a un rôle important à jouer, ne serait-ce que parce que c’est elle qui historiquement a véhiculé le principe du monolinguisme. Mais l’école ne peut pas tout. La transmission des langues passe aussi et surtout par l’engagement des familles. J’entends bien évidemment l’engagement de celles qui disposent encore du capital linguistique (…). Et il y en a. Mais encore faut-il que la société soit convaincue de ce choix-là. C’est vrai que le tableau que l’on dresse pourrait paraître sombre ; mais j’insiste sur le fait qu’aujourd’hui en Polynésie française, de nombreux adultes sont en mesure de parler aux enfants une langue polynésienne, parce qu’ils ont le capital linguistique.

Comment se situe-t-on, sur cette question de la langue, par rapport aux autres collectivités polynésiennes du Pacifique ?

Jacques Vernaudon : Aujourd’hui, en Nouvelle Zélande, le nombre de locuteurs du maori est de l’ordre de 4% sur la population globale, et c’est à peu près la même chose à Hawaii. La situation des langues en Polynésie française (il y en a sept différentes) est globalement moins dégradée. Ce n’est pas une raison de se satisfaire : on est aussi sur une pente descendante.
C’est aujourd’hui que nous devons décider si nous voulons que demain la population soit monolingue et ne parle que péniblement une autre langue comme l’anglais, apprise tardivement, ou si l’on fait le choix stratégique de transmettre nos langues à nos enfants. (…)


Quel intérêt en tire la collectivité ?

Jacques Vernaudon : Le plus immédiat est l’intérêt patrimonial. Il s’agit d’un capital culturel. Les principaux éléments de la culture sont véhiculés par le biais de la langue. Et j’insiste sur cet aspect patrimonial : il dépasse le simple ensemble polynésien. Les langues polynésiennes sont rattachées à l’ensemble linguistique austronésien qui prend lui-même ses racines en Asie du Sud-Est et qui s’étend jusqu’aux confins du Pacifique. Au plan des ramifications culturelles, c’est tout un univers.
Ensuite, il y une dimension identitaire dans la mesure où, appendre et parler une langue, c’est marquer son appartenance à une communauté. Lorsqu’on interroge les enfants qui ne savent pas parler le tahitien, ils reconnaissent volontiers pourtant que c’est leur langue. Et cette valeur identitaire ne doit pas être négligée : les gens déracinés sont des gens malheureux.
Le troisième critère, dont peu de gens parlent aujourd’hui, c’est le critère cognitif : parler deux ou trois langues précocement rend les enfants bilingues ou trilingues plus performants pour certaines tâches que s’ils étaient juste monolingues : ils sont plus aptes à apprendre de nouvelles langues ; leur surentrainement à gérer de l’information, du fait de leur plurilinguisme, leur donne des compétences accrues en matière d’attention sélective, notamment... Donc oui, les enfants bilingues en tirent un vrai bénéfice affectif, social, culturel et intellectuel.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 7 Septembre 2015 à 13:18 | Lu 24549 fois

Tags : REO MAOHI





Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

49.Posté par Pierre Carabasse le 15/09/2015 13:40 | Alerter
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Bonjour Lison, merci pour ton commentaire. Tu vis en Catalogne et tu connais très bien ce problème. De mon côté, il y a 52 ans que j'ai quitté l'Occitanie pour vivre à Tahiti et pourtant c'est l'occitan que j'apprends actuellement au lieu de me perfectionner en reo Tahiti. Mais l'étude du reo serait dû, pour moi, à une raison professionnelle, alors que l'occitan c'est uniquement une distraction. Tu m'as appris qu'une langue était vivante tant qu'elle était modifiée au cours des âges...

48.Posté par Lison le 15/09/2015 09:54 | Alerter
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je n'avais pas réagi à cette lecture mais je la reprends et à une plus humble échelle mais tout aussi importante localement, je pourrais rapporter cet entretien à la langue catalane, celle de mes ancêtres qui, il y a 2 générations (mes grands parents) ne parlaient que cela, qui à mon frère et moi nous fut interdite et qui aujourd'hui, avec l'afflux de population, tombe en oubli. Pourtant, à 15 km c'est l'Espagne et la Catalogne où on ne parle que le catalan et moi qui le savais seulement "à l'oreille", je me suis mise à le parler, le lire et l'écrire et j'attends d'avoir du temps pour me lancer dans de vraies études de cette langue. afin de contribuer modestement à sa survie.

47.Posté par Pierre Carabasse le 12/09/2015 11:44 | Alerter
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Bonjour Emere, nous sommes d'accord. Heureusement mes enfants ont appris l'anglais, mes petits enfants l'apprennent, par contre, moi, j'ai toujours été nul malgré 7 ans d'étude. Pour le reo Tahiti, il est un peu passé aux oubliettes et je le regrette... Mais priorité à l'avenir, la recherche d'emploi est devenue le gros problème de nos successeurs.

46.Posté par emere cunning le 12/09/2015 09:49 | Alerter
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Bonjour Pierre,
Pourquoi me poses-tu cette question ? Il me semble que la langue anglaise s'est, d'elle même et jusqu'ici, imposée comme telle. BUT any language could have done the job for me.
@ wakrap,
Arrête de broder et me faire dire ce que je n'ai pas dit. Nous n'avons aucune prétention, sinon qu'elles soient reconnues et aient droit à un peu de considération, comme toutes les autres et... a fortiori chez nous. Est-ce trop demander ?
Quand même dingue cette facilité que tu as à mettre au rebut tout ce qui ne flatte pas ton nombril.

45.Posté par tutua le 12/09/2015 08:56 | Alerter
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suite
Le Pays devrait faire des efforts, réunir les " savants " et les encourager, débloquer des fonds et permettre à ceux qui souhaitent apprendre le reo tahiti d'y parvenir GRATUITEMENT, au moins sur une décennie, il y aura du monde et il faudra que les enseignants parlent le même langage. Partir du tahitien, ensuite pour ceux qui veulent aller plus loin, élargir au marquisien, hawaiien, etc.

44.Posté par tutua le 12/09/2015 08:55 | Alerter
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le reo tahiti n'a pas vocation à devenir une langue internationale, sauf à l'échell du triangle polynésien, Ao Tearoa (nouvelle zélande) Hawaii, Rapa Nui.
Cette langue reflète le mode de pensée des Polynésiens, son identité, il faut faire des efforts pour qu'elle puisse
être mieux enseignée. Hors les autorités, je ne désigne pas seulement le politique, mais
les divers responsables qui ne cessent de s'en glorifier, ne font pas grand chose, restent dans leur cercle de savants
suite

43.Posté par wakrap le 11/09/2015 14:07 | Alerter
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"For sure. But how can we SHARE your wonderful ideas... out of talking the same language ?"
En utilsant des langues comprise et reconnues dans la plus grande partie dumonde, et surtout en n'ayant pas la prétention ridicule de vouloir diffuser les idées avec une langue que strictement personne à part un groupe de population locale n'utilise, car dans ce cas il n'y a pas de contradiction ou si peu.
Toute la différence entre la politique avec son business, et l'intérêt des peuples.

42.Posté par Pierre Carabasse le 11/09/2015 12:16 | Alerter
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Bonjour Emere,
"… hors de parler la même langue ?" tu as tout à fait raison sur de point. Mais à l'époque de la mondialisation cela suppose que nous parlions tous (les terriens) la même langue. Que proposes-tu comme langue internationale ? l'anglais ?

41.Posté par etienne le 11/09/2015 09:28 | Alerter
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post36, désolé, je refuse la responsabilité d'être ton dieu mais tu peux en appeler un autre pour t’éclairer sur la question!!!(humour).
post38, EXACTEMENT!!!

40.Posté par emere cunning le 10/09/2015 23:30 | Alerter
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@ Pierre Carabasse,
"L'important ce sont les idées !"
For sure. But how can we SHARE your wonderful ideas... out of talking the same language ?
@ étienne,
effectivement pour nos jeunes, tu as très certainement raison. Je dois avouer que j'ai du mal à suivre de ce côté là (la vieillure, très probablement).
@ wakrap,
Yes, business wakrap style, as usual.

39.Posté par Pierre Carabasse le 10/09/2015 11:29 | Alerter
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@34 : Danke Georg.
Traduction : Bonjour Monsieur Wittgenstein : « La frontière de ma langue représente la frontière pour mon monde »

38.Posté par Mauna BENNETT le 10/09/2015 10:47 | Alerter
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Mauruuru Moana e Umere, j'ai subi l'interdiction de parler ma langue maternelle à Manotahi en fin 1970, symbole à la main (cailloux) la risée des camarades. En 71,72,73,74 et 75, à l'école à Rarotoa pendant la période des vacances de juillet à Tahiti, ils avaient, en primaire, le reo maori tous les matins pendant 1 H . Sans baisser les bras et par amour pour mon Pays , mon Fils ,13 ans parle, écrit et lit le Tahitien, le Français et l'anglais, ma fille 10 ans idem (question de volonté, pas facile mais pas impossible), malheureusement, mon fils ne fais plus de Tahitien au collège à cause du Latin qui l'oblige à faire de l'espagnol. (rien contre cette langue que j'ai appris à Gauguin) mais voilà!! Il me semble (sauf erreur de ma part) que l'identité de chaque être humain passe par sa langue. Rien que pour dire à tous les Polynésien que nous sommes : a ha'a itoito a na'e i te âmo i to tatou reo. A tâ ho'e â to'a i muri i te mau ta'ata e ha'a nei i to tatou reo.

37.Posté par wakrap le 10/09/2015 10:36 | Alerter
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@ 35: classique confusion entre uniformisation et capacité à communiquer avec le plus grand nombre et le maximum de diffusion de l'information. Bien au contraire, la diversification est infinie aujourd'hui par rapport à ce dont on disposait jadis à la fois en bien matériel et en bien immatériel comme les idées. Oserais-tu prétendre qu'aujourd'hui les idées dans notre collectivité sont plus uniformes que dans un système tribal?

36.Posté par wakrap le 10/09/2015 10:21 | Alerter
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@ 33 Mon dieu, c'est semble t-il les polynésiens qui ne peuvent pas ressentir le rapport qu'ils ont eux même avec leur terre, leur langue et leur culture, pour te citer. Ceci car vous constatez que justement ils délaissent tout ceci par rapport à votre souhait. Bref, vous pensez et décidez à la place des individus. Vous prétendez savoir mieux qu'eux quel doit être leur rapport à la terre à la culture à la langue et vous en déduisez des actions à faire avec leur argent.
Business as usual du monde politique.

35.Posté par TuladiBouffi le 10/09/2015 09:49 | Alerter
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Excellente réplique de @ Carabasse - comme par hasard les générations de tahitiens qui ont été empêchées de parler le tahitien à l'école sont celles qui maîtrisent le mieux "leur" tahitien comme on dit. Les jeunes aujourd'hui veulent évoluer et s'ouvrir vers l'extérieure il est donc normal qu'ils s'attachent à apprendre des langues véhiculaires plutôt que vernaculaires. Le statut des langues régionales n'est qu'un artifice de la classe politique alors que concrètement tout est fait pour uniformiser la société y compris les programmes de l'éducation nationale et des medias dominants.

34.Posté par Georg Hoppenstedt le 10/09/2015 06:25 | Alerter
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@32: Guten Tag Herr Wittgenstein: « Die Grenze meiner Sprache bedeuten die Grenze meiner Welt »

33.Posté par etienne le 09/09/2015 18:45 | Alerter
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post 27, s'il fallait te suivre, on aurait continue a faire ce qu'a évoqué emere post21.
Les popa'a (culture différente), ne peuvent pas saisir la relation qu'a le Polynésien avec sa terre, sa langue et sa culture...il ne s'agit pas uniquement d’opportunités de travail ou de bizness comme on peut lire chez certains...
post29, je persiste a croire que c'est la meilleure solution pour intéresser la jeunesse (porteuse d'avenir non?) à l’ère numérique, et aussi la moins chère (ref aux cours particuliers). Et oui évidemment, y inclure les thèmes historiques, légendaires et culturels, etc...
Bien sûr que d'autres moyens sont a encourager: les familles, les associations, les églises, etc... même combat!!!

32.Posté par Pierre Carabasse le 09/09/2015 16:35 | Alerter
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Salut Wakrap, une citation de quelqu'un que tu connais :
«La langue n'est pas primordiale, ce n'est que le véhicule de la pensée, l'important ce sont les idées... » N.L. Taram
Voir aussi mon dernier article sur mon blog.

31.Posté par tutua le 09/09/2015 16:33 | Alerter
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P26

pov cloche ! en bon reo popa'a

30.Posté par Georg Hoppenstedt le 09/09/2015 16:21 | Alerter
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@27: Language policy has been and is always a political affair, like any other policy, like neoliberalism in economy for instance. Predicting results of battles is as difficult as any kind of prophecy. So why not defending and fighting for the existence of a language?

29.Posté par emere cunning le 09/09/2015 16:18 | Alerter
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@ etienne,
Sauf que le manuel électronique (qui risque de coûter) serait destiné et à la portée de quelques uns qui peuvent les apprendre par ailleurs. Et pour le ludique dont l’apport n’est pas négligeable, nous sommes peut-être servis avec nos ‘orero, himene, danses/aparima, etc. A mon humble avis, il n’y a que la télé (les nôtres l’adorent, hélas) et des émissions qui les sensibilisent et soient d’un abord facile avec du vocabulaire par thème, une profusion d’exemples pour expliciter les règles grammaticales, et je ne sais quoi encore (à réfléchir) ET TOUT CA… à l’heure des telenovelas. Yesss, cé pas gagné, je sais.

28.Posté par emere cunning le 09/09/2015 16:03 | Alerter
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@ wakrap, Tehoro,
La planète n’a rien à foutre de nous ? Oui ben, je te charge de lui signifier que c’est réciproque, my dear. Qui te parle d’en faire une langue internationale ? Wakrap rahi e… Tout de suite, l’autre extrême !
La priorité pour nous et nos politiques (merci à eux), ce sont NOS POPULATIONS. Elles saisissent bien comme il faut tout ce qui est fait pour elles quand ça leur est rendu et décortiqué… dans leurs langues. C’est quand même dingue ce mépris que vous avez d’elles, à croire que vous ne portez les yeux que sur vos nombrils (cradinguo na ni’a iho, a 'ui rii hoa. Tatou e, y’a des claques qui se perdent, hein Goethe ! lol)

27.Posté par wakrap le 09/09/2015 14:42 | Alerter
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@ 24 et 25. Combat probablement perdu d'avance car avec l'argent des autres, et car il est du même niveau que celui en France contre l'évolution de la langue avec la guerre contre les mots anglais. Les langues vivent et meurent en tant que langue d'usage parlé courant. Quel est le sens de vouloir figer par la loi et la contrainte une situation qui est celle de 1900 ou 2000 à l'échelle de l'évolution des civilisations humaines depuis des millénaires?

26.Posté par tehoro le 09/09/2015 14:23 | Alerter
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Pourquoi faire le REO !!!!! Les jeunes n'arrivent même pas a trouver du travail avec le tahitiens!!!!!!!! MDR on ne te demande pas de parler le tahitiens pendant une embauche
Je prefère qu'ils apprennent le MANDARIN au moins ils peuvent gagner leur vie avec cette langue

Déja que le ORERO ç sert a Quedal !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! A Apprendre par coeur et avoir des subventions de l'EUROPE !!! OUps.....

0 pointé le tahitien à l'écoles !!!!!! Perte de temps !

Il faut fermer la cellule avec les 2, 3 pantins qui restent là bas. Vaut mieux aller Pêcher, au moins ça rapporte !

Ceux qui veulent n'ont qu'a apprendre le tahitiens chez eux en famille, prendre des cours partilculier mais ne nous imposer pas une langue que l'on va pas utliiser tous les jours,

C'est pas la priorité

25.Posté par etienne le 09/09/2015 13:18 | Alerter
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Pour le coup, d'accord avec le commentaire d'emere post22 et 23 et stupéfait par le raisonnement d'autres, notamment par certains que l'on devine popa'a ou "métro". Et pourtant Vernaudon s'est exprimé dans un parfait français!! Il a bien présenté les choses sur l'importance de sa langue pour un peuple!!
post8, tu as raison et c'est triste comme constat, la solution la plus judicieuse à mon avis c'est que le gouvernement prenne en charge le projet d'un manuel électronique style "tell me more" version maohi (tahitien, paumotu,etc), en associant les spécialistes de la question (fare vana'a, linguistes, upf, comédien) pour rendre l'apprentissage ludique et donc intéressante chez nos jeunes. Vernaudon a établi le constat, il faut maintenant agir!!

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