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Rencontre entre Gaston Tong Sang et Marie Luce Penchard à Paris, Interview vidéo


Marie-Luce Penchard a reçu le président Gaston Tong Sang, lundi durant deux heures à Paris. Leurs échanges ne se sont pas limités à la seule question de la réforme du mode de scrutin. Le président polynésien a tenu à faire un tour d’horizon de la situation économique et social de la Polynésie française, à commencer par la trésorerie du Pays et la protection sociale généralisée.



Gaston Tong Sang : Malgrè les difficultés le Pays avance

Cet entretien était le premier d’une série qui verra, durant toute la semaine, la ministre de l’Outre-mer présenter les conclusions du « rapport Barthélémy » aux principaux responsables politiques polynésiens (horsmis ceux de l’UPLD qui n’ont pas souhaité se déplacer).

« Malgré nos difficultés, le Pays et les dossiers avancent » a martelé Gaston Tong Sang au sortir de son entretien avec Marie-Luce Penchard. Et le président de la Polynésie de citer, entre autres, la réforme de la fiscalité, le rapatriement de taxes du budget général « ce qui a permis de dégager des fonds pour les communes », ou encore les mesures prises en faveur du budget de la Protection sociale «voté en équilibre en 2011 ».
Après avoir rappelé cette réalité à la ministre de l’Outre-mer, Gaston Tong Sang a tenu à insister auprès d’elle sur la nécessaire intervention des bailleurs de fonds afin que la Polynésie française puisse obtenir le financement de son budget d’investissement. Selon lui, le Pays, mais aussi le secteur privé, et plus largement le monde économique « ont besoin du soutien des banques, aussi bien locales que métropolitaines ». Le président de la Polynésie a donc demandé que l’Agence Française de Développement (AFD) puisse exercer son rôle de banque de développement au sein de la Socredo et soit plus attentive aux dossiers économiques. A commencer par ceux qui ont franchi le cap de la défiscalisation : « Il y a malheureusement des projets qui, parce que les banques n’assurent pas leur quote-part sont aujourd’hui arrêtés. C’est dommageable pour l’emploi en Polynésie française. Or, la relance passe par des projets d’investissements » a-t-il souligné.


Ne pas toucher à la représentation des archipels

En ce qui concerne les conclusions du rapport Barthélémy, Gaston Tong Sang a indiqué à Marie-Luce Penchard qu’il n’était « pas question de toucher à la représentation des archipels ». Dans son esprit le projet de modification du mode de scrutin ne doit pas être seulement un projet politique car il convient d’inscrire aussi la Polynésie dans un schéma de développement économique : « les seuls secteurs où il est possible de développer des ressources endogènes, en adéquation avec la politique du président de la République ce sont les archipels. Les poissons s’y trouvent, la perle aux Tuamotu, le tourisme à Bora Bora et dans d’autres îles, etc… Il ne peut donc y avoir de projet politique sans tenir compte d’un programme de développement viable en Polynésie française ». Au total, sur cette question, Gaston Tong Sang demeure convaincu qu’il faut rééquilibrer la représentation au sein de l’hémicycle : «Il ne faut pas imaginer un mode de scrutin qui éliminerait certains pour favoriser d’autres. Il faut que le principe d’équité soit respecté. Et il y a un moyen : on peut réduire le nombre d’élus mais d’une manière intelligente, et surtout préserver les fondamentaux de l’autonomie. On ne peut pas tout dicter de Paris. Il faut laisser un espace de liberté aux élus ». Le président Tong Sang en veut pour preuve qu’ « il n’y a pas de crise sociale ouverte en Polynésie française ». Elle est la seule collectivité territoriale d’Outre-mer qui permette à Paris « de dormir sur ses deux oreilles ». Et de souligner qu’il n’est pas nécessaire de «dépêcher de Paris des ministres pour régler les problèmes sociaux. On n’a pas besoin de Paris pour fixer le prix de l’essence à la pompe. Nous prenons ces décisions nous-mêmes. Mais nous avons besoin de Paris pour nous accompagner dans nos projets de développement économiques » a-t-il confié.


Donner une légitimité au futur président

Outre la représentation des archipels, le président de la Polynésie française s’est montré favorable à une prime majoritaire et à un scrutin à deux tours «pour laisser le temps à chaque parti de décider s’il faut s’allier ou pas ». Mais plus que tout, il s’est dit persuadé qu’il fallait que « la majorité élue à l’Assemblée corresponde véritablement la représentation démocratique exprimée par les électeurs ». Dans ce contexte, Gaston Tong Sang a insisté auprès de la Ministre de l’Outre-mer sur l’intérêt de donner une légitimité au futur président de la Polynésie française. Il conviendrait, selon lui, de porter un regard sur la présidence du gouvernement et pas uniquement sur l’Assemblée. « La présidence est une institution à part entière depuis 2004. Le Parlement français en a décidé ainsi. Dès lors, pourquoi ne pas asseoir l’élection de ce président sur des bases légitimes ? De manière à ce qu’il ne soit pas remis en cause à chaque réunion de l’Assemblée de la Polynésie française ».
A propos des propositions du rapport Barthélémy visant à ne pas rendre aisée le dépôt d’une motion de défiance - le rapport prévoit que la motion ne puisse être déposée qu’à la majorité absolue des membres qui devraient en être signataires et soit votée au 3/5è afin d’éviter les alliances de circonstances – le président Tong Sang s’est montré dubitatif : « Cela fait un peu artifice. Pour moi il faut asseoir nos deux institutions, l’Assemblée et la Présidence de la Polynésie française, sur des bases durables. Nous sommes une collectivité autonome consacrée par la Constitution dans son article 74. Pourquoi ne pas considérer que la tête de liste de la liste qui décrochera la majorité dans la future assemblée soit automatiquement désignée comme président de la Polynésie française ? D’un bulletin on ferait deux votes. Il n’y aura pas de stabilité si l’on ne donne pas de stabilité aux fonctions de président de la Polynésie».


L’impôt foncier doit devenir communal

Il a par ailleurs écarté la possibilité qu’un ministre ne puisse redevenir représentant à l’Assemblée arguant du fait qu’« en métropole un ministre peut redevenir Député. Je ne vois pas pourquoi tel ne pourrait être le cas en Polynésie française ».
En outre, il s’est montré favorable à la limitation à deux mandats consécutifs de président de la Polynésie française.
Sur la remise en cause de l’autonomie fiscale de la Polynésie française, Gaston Tong Sang a considéré qu’il s’agissait « d’un faux problème. Là encore ce n’est pas la voie. Les maires savent très bien que je suis favorable à la réforme de la fiscalité pour donner plus aux communes. Je suis le premier à dire que l’impôt foncier doit devenir un impôt communal ».
Enfin, interrogé sur l’éventualité d’une abréviation du mandat de l’actuelle assemblée, Gaston Tong Sang a affirmé que c’était « au Président de la République et au Parlement de décider. Je pense personnellement que l’on ne peut pas gérer le pays sans majorité. Je le fais néanmoins actuellement. Et je parviens, malgré tout, à faire avancer de gros dossiers. Mais ce n’est pas pratique, ce n’est pas facile. C’est la situation du moment. On peut aussi imaginer qu’une majorité se dégage demain matin qui porterait la nouvelle loi électorale jusqu’à son terme. Je ne suis pas voyant. Moi, ce qui me préoccupe c’est de sortir la Polynésie française de cette situation de crise économique ».

Rédigé par communiqué de la délégation polynésienne à Paris le Mardi 7 Septembre 2010 à 05:54 | Lu 760 fois


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