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Réinsertion : la PJJ en première ligne pour éduquer les mineurs délinquants




Legende : Sonia Joachim-Arnaud, directrice territoriale de la Protection judiciaire de la jeunesse
Legende : Sonia Joachim-Arnaud, directrice territoriale de la Protection judiciaire de la jeunesse
PAPEETE, le 5 août 2015- Dans le cadre de sa rubrique hebdomadaire "mieux comprendre la justice", Tahiti Infos aborde aujourd'hui la question de la réinsertion. Sonia Joachim-Arnaud est la directrice territoriale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Elle nous présente les activités de cette administration pas comme les autres, dont le but est de tirer d'affaires les mineurs délinquants.

Tahiti Infos : En un mot, quelles sont les missions de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ?

La mission de la PJJ est de prendre en charge les mineurs délinquants dans le cadre de mesures éducatives. Nous encadrons uniquement des mineurs, qui ont de 10 ans à 18 ans. Au-delà de 18 ans, il y a encore une prise en charge dans deux types de mesures. La première est quand le mineur a un sursis avec mise à l'épreuve mais pour des faits commis mineurs, si on estime que l'accompagnement éducatif est encore nécessaire au-delà de ses 18 ans et si le magistrat décide de faire un transfert du dossier au juge d'application des peines, donc chez les majeurs. L'autre cas se passe dans le cadre d'une mesure qui s'appelle la mise sous protection judiciaire, qui peut aller au-delà des 18 ans sans jamais dépasser les 21 ans.

Donc vous vous occupez principalement des jeunes qui ne sont pas en prison, mais qui sont des petits délinquants qui sont passés devant la justice et qui vous sont confiés ?

La PJJ a vocation à prendre en charge tous les mineurs délinquants, quelque soit l’acte commis, dès lors qu’un magistrat de la jeunesse le confie au service dans le cadre d’une mesure éducative. Nous avons environ 400 jeunes en constant en ce moment. Actuellement 5 sont incarcérés, les autres sont soit suivis en milieu ouvert, donc soit dans leur famille soit placés en foyer ou en famille d’accueil. Ils rencontrent les éducateurs au service ou lors de visites à domicile. Nous n'avons pas de mineurs sous bracelet électronique. Ce dispositif est davantage proposé aux majeurs dans le cadre d’un aménagement de peine.

La PJJ représente combien de personnes ?

En Polynésie, l'équipe est composée de 24 personnes, pour éduquer 400 mineurs délinquants.

Vous parliez de cinq mineurs incarcérés, où sont-ils enfermés ?

Déjà 5 mineurs incarcérés c'est l'actualité du moment. On peut passer assez rapidement à 2 ou à 6 en fonction de la décision des juges.

La Polynésie est seul lieu où il n'y a pas de quartier des mineurs. Ils sont dans des cellules séparées qui leurs sont réservées, ils sont dans un bâtiment où il y a des majeurs mais ils sont un peu isolés artificiellement d'eux. Dans les maisons d'arrêt d'autres départements, il y a des quartiers des mineurs séparés, et ils font des activités qui sont préparées, annoncées, etc.

Quel est votre action envers eux ?

Pour eux, la PJJ a une intervention éducative en faveur de ces mineurs incarcérés, puisque notre mission est d'abord éducative. On doit proposer des activités aux mineurs en milieu carcéral car il ne faut pas qu'ils restent là à ne rien faire. Donc il y a des activités qui sont mises en place par la maison d'arrêt, et puis d'autres que la PJJ se doit de mettre en place. Il y a un temps de présence de deux heures par semaines où un éducateur va sur place pour proposer un certain nombre d'activité à ces mineurs. Toutes les interventions sont à but éducatif.

Toutes les interventions qui vont tourner autour du sport, des tags, du dessin, de la musique, de la vidéo, des jeux vidéo et autres, vont participer à ce que ces mineurs soient occupés, et ensuite il y a ce travail éducatif avec l'éducateur qui se fait en filigrane. On est dans la socialisation, dans la réinsertion et dans un temps d'activité. Par exemple avec le Taekwondo il y a des règles à respecter. Quand on fait de la vidéo aussi, il y a des règles à respecter. Quand on va faire de la musique il faut s'écouter et écouter les autres… C'est comme si on déplaçait les jeunes hors de Nuutania pendant ce temps éducatif. Parce qu'il y a le temps de la prison, car ils sont là aussi dans le cadre d'un suivi incarcération, et un temps pour la socialisation.

Le mineur suivi par la PJJ n'a pas le choix, il doit assister aux activités, il ne peut pas rester dans sa cellule. Mais l'éducateur essaye de lui proposer des choses qui permettent de susciter son adhésion (voir encadré).

Il y a aussi des activités plus courantes.

Oui, il y a par exemple un jeu d'échec qui est proposé toutes les semaines pendant deux heures. C'est bien pour eux. Il y a une activité foot, avec une partie de l'équipe de la PJJ, éducateurs, éducatrice, secrétaires… Beaucoup de personnels y vont. Bientôt on pourrait mettre en place une équipe de va'a. Il y a aussi, mis en place par la maison d'arrêt, l'intervention d'un professeur des écoles, qui donne des cours de base en français, math… Leur niveau scolaire dépend. Certains sont niveau 3ème, d'autre sixième, CM1, parfois moins. Mais ça fonctionne, certains ont passé leur DNB et ont été lauréats !

Dans quels cas un mineur peut-il aller en prison ?

Il y a peu de mineurs qui sont incarcérés, et c'est forcément pour des choses graves parce que sinon il y a d'autres réponses. À travers des mesures éducatives qui sont contraignantes aussi. Un contrôle judiciaire avec un certain nombre d'obligations, ou un sursis avec mise à l'épreuve, c'est très contraignant. Ceux qui sont en prison, ce sont les cas les plus graves ou ceux qui ont tellement commis d'acte qu'il faut à un moment qu'il y ait un coup d'arrêt.

Quand on a un mineur incarcéré, notre mission est de trouver tous les moyens pour le faire sortir.

Quels sont leurs taux de récidive ?

Alors ça arrive que certains qui aient été incarcérés reviennent. Je n'ai pas les chiffres précis, mais il y en a forcément un ou deux qui reviendront à un moment ou un autre. Mais globalement ça fonctionne.

Pour les autres mineurs suivis, la récidive est autour de 16%. Les autres mineurs suivis bénéficient aussi d’activités réalisées collectivement. Ces activités sont parfois un média éducatif ou sont proposées dans le cadre d’un dispositif d’insertion accueil accompagnement plus connu sous le signe D2A. Des activités sont proposées à des mineurs qui sont identifiés en rupture de tout, l’objectif est de les ramener au droit commun. D'abord les rencontres avec eux sont rythmées, ils savent qu’ils sont attendus. Ce dispositif permet de leur proposer des activités collectives qui serviront à évaluer leur capacité à être dans un groupe, à se concentrer, à mesurer leurs compétences pour mieux les insérer. Il peut s’agir de football, de musique (ukulele), d’écriture, de chants de va’a.

Parfois il s’agit de participer à un événement sportif ou autre (Beach Soccer etc…). Ces mêmes activités peuvent aussi être proposées à tous les mineurs. Ce sont les éducateurs qui animent ces activités et parfois la Conseillère Technique Santé lorsqu’il s’agit d’ateliers autour de la santé, des addictions, parfois avec des partenaires comme la BPDJ (Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile) ou le CCSAT.

Des stars pour les mineurs incarcérés

Quatre stars locales ont participé aux actions de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en faveur des quatre mineurs incarcérés à Nuutania. Au programme du Jiu-Jitsu brésilien, du taekwondo, de l'écriture et du chant de rap, du street-art.

"C'est une première expérience ici, c'est la première fois que je vois ça personnellement. Je sais que ça se fait pour les majeurs, par exemple Yannick Noah a fait un concert dans une prison de la région parisienne l'année dernière.

Je pense qu'avec ce côté lumineux de la star, le message passe mieux. On leur dit 'vous êtes en prison mais on vous prend aussi en considération puisque vous n'êtes pas privés de choses qu'on voit à l'extérieur.' Et puis ça valorise, ils rencontrent les stars après l'atelier, qui ont des messages très positifs pour chacun d'eux, que même si leurs parcours sont différents, ils peuvent réussir dans leurs passions, c'est l'objectif aussi" explique la directrice de la PJJ, Sonia Joachim-Arnaud.



Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Mercredi 5 Août 2015 à 06:24 | Lu 1988 fois

Tags : JUSTICE, PJJ


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Commentaires

1.Posté par Oti le 05/08/2015 08:44 | Alerter
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Au lieu de leur filer des coups de pieds au cul, on leur apprend à faire des sports de combat et on leur offre des concerts de rap.... J'hallucine, pourquoi pas des séjours en hôtel de luxe à bora... Et on s'étonne de la dégradation de la sécurité dans nos rues... Et tout cela avec notre argent...

2.Posté par ponui le 05/08/2015 18:29 | Alerter
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....Faudrait surtout "éduquer" les parents de ces mineurs là ! Et ne pas hésiter à leur faire payer les conneries de leurs rejetons! La societé est en pleine décadence!!!

3.Posté par Oh le 06/08/2015 11:25 | Alerter
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Espérant juste qu'il s'assagisse et non pas qu'il utilise leur formation en sport de combat pour mieux intimider leur future victime.
La PJJ sera seule responsable de ses moyens donnés au délinquant. hein

4.Posté par Vai le 09/08/2015 08:09 (depuis mobile) | Alerter
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Alors pour Oti : d''où donner un coup de pied au cul a régler un problème??? Tous ces parents qui baffent leur gamin ont ils réussi à ce que leur gamin change??? Et ben non et ils leur refoutent des baffes encore et encore? Qui est le plus stupide?

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