Poings serrés, certificats à la main et surtout médailles autour du cou… La fierté peut se lire sur les visages de Rahiti et Kawehi Iorss après leurs excellentes performances à l’Open d’Australie. À ce moment-là, le frère et la sœur ne savent pas encore qu’ils viennent de graver leur nom dans le marbre du taekwondo polynésien.
Depuis quelques semaines, les deux combattants figurent au sein du Top 10 mondial au ranking de World taekwondo. Rahiti Iorss a signé le meilleur classement de l'histoire pour un athlète représentant la Polynésie française en se hissant à la cinquième place mondiale chez les moins de 74 kg grâce à sa finale disputée face au vice-champion champion olympique de Paris.
Sa petite sœur, Kawehi, a pu monter jusqu’au 7e rang – à égalité de points avec la 6e – dans la catégorie des moins de 62kg à la suite de sa médaille de bronze en Australie. Là aussi, c’est une première historique pour une athlète du Fenua. "Ça fait plaisir que tous les efforts payent, maintenant, il faut tenir le cap et aller chercher la première place", sourit Rahiti qui commence, petit à petit, à réaliser l’ampleur de ce qu’il vient d’accomplir.
“J’étais un exemple pour elle”
Le taekwondo est une histoire de famille chez les Iorss. Depuis près de 20 ans, Rahiti et Kawehi sont inséparables sur les tatamis du Tahitian martial spirit (TMS). “Petit, j'étais un exemple pour elle”, confie l'aîné. "J’ai commencé le taekwondo deux ans avant ma petite sœur qui a suivi mon rythme jusqu’à aujourd’hui. On a aussi une très bonne relation avec notre père qui est aussi notre coach", ajoute le désormais 5e mondial.
Cet aboutissement est le fruit de nombreux sacrifices insiste le nouveau conseiller technique fédéral, Philippe Pinerd, qui a été entraîneur de l’équipe de France de taekwondo aux Jeux olympiques de 2004 à Athènes (Grèce). "On travaille tous les jours avec un volume horaire de 16 à 20 heures par semaine. Nous devons bosser beaucoup plus que les autres fédérations afin d’exister au plus haut niveau puisque les déplacements pour participer aux compétitions à travers le monde sont chers et on ne dispose pas d'autant de moyen que les autres nations."
Une préparation aux petits oignons pour les Jeux
Les performances de Rahiti et Kawehi sont inspirantes pour tout le groupe tahitien en vue des Jeux du Pacifique à la maison l’année prochaine. Les entraînements de pré-sélection ont d'ailleurs déjà débuté au sein du nouveau pôle de combat situé au complexe de la Punaruu. Plus d’une vingtaine de combattants s’y entraînent et espèrent faire partie du contingent polynésien.
"On se donne huit mois pour accompagner nos athlètes. Nous avons mis en place un suivi quotidien personnalisé afin de sélectionner les 16 ou 8 personnes qui représenteront le Fenua l’année prochaine en fonction du nombre de catégories de poids proposées. Personne n’a sa place réservée", prévient Philippe Pinerd avant de s’envoler en direction de l’Asie pour y disputer l’Open international de Corée.
Rahiti rejoindra la délégation tahitienne en début de semaine et compte bien montrer à ses adversaires son nouveau statut avant, il l’espère, de remporter l’or à la maison en 2027 tout comme sa petite sœur.































