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Quel avenir pour le centre psychothérapique de Faa'a?



Le personnel du centre psychothérapique pour adolescents de Faa'a est "fatigué" et "se sent incompris".
Le personnel du centre psychothérapique pour adolescents de Faa'a est "fatigué" et "se sent incompris".
FAA'A, le 28 novembre 2016. Le centre psychothérapique pour adolescents situé à Faa'a n'aura plus de local à partir du 16 décembre. Le lieu n'est plus adapté pour accueillir les jeunes. Le nouveau local n'a pas encore été désigné. La direction du CHPF assure avoir trouvé une solution. Mais le personnel soignant craint de ne plus avoir de salles pour recevoir leurs patients.

A quelques mètres du collège Notre-Dame-des-Anges, le personnel du centre psychothérapique pour adolescents de Faa'a est "fatigué" et "se sent incompris". Mercredi dernier, ils ont assisté à la pose de la première pierre du futur pôle de santé mentale. Le gouvernement était quasi au complet.

"Si la construction du pôle de santé mentale est nécessaire au fonctionnement d'un certain nombre de services, elle n'est en aucun cas suffisante", regrette l'association des soignants en pédopsychiatrie de Polynésie française (ASPPF). "Elle répond à une logique priorisant les projets bétons, en envoyant un message clairement en faveur de la centralisation des soins. Si ce projet à venir permettra l'ouverture de nouveaux services à Tahiti, reste la question de l'accès égalitaire et nécessaire aux soins de qualité pour les populations des différents archipels."

A Faa'a, depuis près d'un an et demi, un centre psychothérapique pour adolescents accueille de nombreux jeunes et leurs familles. L’unité de pédopsychiatrie comporte vingt-cinq personnes (médecins psychiatres, infirmières, psychologues, psychomotriciens...).

La taille du local surprend par rapport à la mesure du futur pôle de santé mentale. Il s'agit en fait d'une maison avec une grande pièce, qui doit accueillir les activités mises en place pour les adolescents (théâtre, sculpture…) et de trois bureaux. Une pièce sommairement équipée sert de salle de soins. Le centre psychothérapique pour adolescents abrite un accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) et un centre médico-psychologique

Depuis août, le personnel exerce son droit de retrait concernant le CATTP et n'assure plus les activités. "L'espace est trop petit et pas assez sécurisé", regrette Béatrice Tetuaveroa, présidente de l'association des soignants en pédopsychiatrie, et éducatrice spécialisée. Au CATTP, les professionnels proposaient des médiations thérapeutiques. "Avec des activités comme la sculpture, le théâtre, il s'agit de trouver un médium pour que les jeunes qui ont des difficultés à être en relation puissent exprimer des choses de façon différente", explique un éducateur.

Le bail de location de ce local arrive à échéance le 16 décembre. Que se passera-t-il ensuite ? La direction du CHPF, qui a en charge la gestion de ce personnel, leur a assuré qu'un nouveau local les accueillerait. Mais à trois semaines de ce départ, le personnel s'inquiète. "On a peur de ne plus avoir de local à partir du 16 décembre", souligne Béatrice Tetuaveroa. "Où va-t-on accueillir les jeunes adolescents ?"

Sollicitée la direction du CHPF n’a fait pas suite à notre demande.

Au-delà du problème de ce local à Faa'a, l'association craint une "politique centralisée de la santé mentale", indique Ozan Kuru, psychologue et membre de l'ASPPF. "Ou on privilégie la centralisation et les soins à deux vitesses ou on développe un système qui permet d'aller jusqu'au fond des vallées ?", interpelle-t-il.
L'équipe du centre psychothérapique effectue aussi des missions dans les îles "pas assez souvent faute de moyens", souligne Béatrice Tetuaveroa. A Rangiroa, l'association prend en charge depuis trois mois la location d'une maison pour pouvoir accueillir les patients dans un cadre adapté. Le CHPF devrait prendre à partir du mois de décembre la prise en charge de ce local. "Une fois par mois, on y va pendant cinq jours" explique Béatrice Tetuaveroa, "C'est mieux d'aller à la rencontrer des patients. En plus, ça coûte moins cher pour la CPS !"

Ces soignants en pédopsychiatrie et membres de l'association des soignants en pédopsychiatrie de Polynésie française ont eu un sentiment d'amertume en voyant poser la pierre du prochain pôle de santé mentale. "On a essayé de développer des antennes déconcentrées. Mais on a besoin d'avoir des moyens humains", explique Ozan Kuru. Les soignants du centre psychothérapique pour adolescents de Faa'a suivent 150 adolescents. Cinquante jeunes ont leur dossier en attente. "C'est important de ne pas couper les personnes de leur place dans la société. On peut pas s'occuper d'un enfant sans son environnement."

Quelle politique pour la santé mentale ?

Les travaux pour le pôle de santé mentale, derrière le CHPF, vont débuter au mois de décembre. Ils coûteront 3.5 milliards de Fcfp et sont prévus pour durer 36 mois. Le schéma d'organisation sanitaire, adopté par les représentants à l'assemblée, détaille la politique de santé mentale.
"La création du pôle de santé mentale constitue une avancée importante pour les Polynésiens et une opportunité unique de définir une nouvelle ambition", indique le schéma d'organisation sanitaire, adopté par les représentants à l'assemblée. "Le projet devra définir les orientations médicales du projet médical, commun entre les différents services/unités du pôle, et articulé avec les structures de terrain portant les soins primaires. Un point crucial du projet impactant la politique de santé mentale réside dans la capacité à proposer un dispositif ouvert sur l’extérieur, privilégiant le « hors les murs » et prenant en compte les archipels. Il va s’agir de préciser les articulations avec les structures existantes : sociales, médico-sociales et de soins primaires."
Le « hors les murs » c’est justement lorsque les équipes pluridisciplinaires se déplacent auprès des patients pour les inclure dans le monde qui les entoure et non pas les enfermer dans les lieux clos.

Rédigé par Mélanie Thomas le Lundi 28 Novembre 2016 à 08:29 | Lu 1544 fois

Tags : SANTE





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