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Puffs qui finissent dans la nature : l’association Mama Natura alerte


©Mama Natura
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Tahiti, le 5 mars 2026 - Les déchets de cigarettes électroniques jetables, dites “puffs”, sont toujours plus nombreux à finir abandonnés dans la nature. Derrière leur design attrayant et leurs saveurs variées se cache une réalité environnementale alarmante. En plastique et dotées d’une batterie au lithium, ces cigarettes électroniques jetables sont extrêmement polluantes.
La présidente de l’association Mama Natura, Adeline Yvon, alerte sur la situation. Depuis le début de l’année 2026, l’association a mené huit collectes de déchets et, à chaque action, des puffs sont retrouvées. “Nous en avons ramassé entre 40 et 50 depuis le début de l’année. Ce sont des produits dits ‘jetables’ mais pas dans la nature”, déplore-t-elle.

Des cigarettes électroniques ne sont pas qu’un simple tube en plastique. Ce sont des déchets électroniques composés d’une batterie au lithium, d’un circuit électronique, d’une résistance métallique et d’un liquide contenant du propylène glycol, de la glycérine, des arômes chimiques et souvent de la nicotine, une substance hautement addictive.

En France métropolitaine, les puffs sont interdits à la vente depuis le 26 février 2025, notamment pour protéger les jeunes et limiter leur impact environnemental. En Polynésie française, une loi du Pays a bien été votée en 2025 pour règlementer la vente de ces produits, mais l’interdiction totale a été annulée par le Conseil d’État. Les bénévoles retrouvent ces déchets dans les parcs, sur les plages et dans les caniveaux. “Il s’agit de déchets électroniques qui devraient être déposés dans des filières spécifiques, comme celles gérées par Fenua Ma, et non abandonnés dans la nature” poursuit la présidente de Mama Natura.

“L’immobilisme complet des vendeurs”

Si ces produits jetables contiennent du plastique, une batterie au lithium et des substances chimiques comme la nicotine, on y trouve aussi des métaux tels que l’étain, le plomb, le chrome, le cuivre et le nickel. En Polynésie, une grande partie des déchets finit dans le lagon. Le plastique se fragmente en microplastiques qui sont ingérés par les poissons, la batterie peut laisser s’échapper des métaux dans le sol et l’eau, et la nicotine est toxique pour les organismes aquatiques. Ce que les poissons ingèrent peut ensuite se retrouver dans nos assiettes, tandis que les oiseaux marins peuvent confondre les fragments avec de la nourriture. Pour renforcer la prévention, l’association collabore avec l’influenceur _manu_fts sur Instagram. “Le message passe mieux de la part d’un jeune.”

Le syndicat Fenua Ma rappelle de son côté que ces déchets doivent être déposés dans les points d’apport volontaire pour déchets électroniques, à Tahiti et à Moorea, dont les emplacements sont consultables sur son site internet. Son directeur général, Benoît Layrle, exprime “son grand regret sur ce sujet” et déplore “l’immobilisme complet des vendeurs de ces produits dangereux”. Certaines boutiques disposent néanmoins de boîtes de recyclage mais il faut se renseigner en magasin. Il est également possible de déposer les puffs dans les bornes de collecte pour piles et batteries, notamment dans certaines stations-service.

Présentées comme pratiques et modernes, les puffs représentent aujourd’hui un défi écologique majeur pour le Fenua. Leur caractère jetable, combiné à un manque de collecte systématique, contribue à la pollution des espaces naturels et du lagon. Un petit objet, mais de lourdes conséquences.

Rédigé par Violaine Broquet le Jeudi 5 Mars 2026 à 17:20 | Lu 315 fois