Tahiti Infos

Priorité à la création d’emploi


Tahiti, le 24 février 2026 - Pour la liste Te Mata U’i Moorea Maiao, candidate aux prochaines municipales sur l’île Sœur, l’emploi est la priorité. “Wane, Aline et Moux, s'ils viennent, sont les bienvenus.” Pour les candidats, il s’agit d’un moyen d’empêcher les jeunes de s’adonner à la drogue. Cette liste envisage également de faire revenir EDT à Moorea afin de faire baisser les factures à hauteur de 10 %.
 
La liste Te Mata U’i Moorea Maiao, menée par le syndicaliste Atonia Teriinohorai, a présenté ses colistiers ainsi que son programme, ce mardi. Dès leur arrivée aux manettes de la commune, ils comptent mettre en place un audit et faire un état des lieux pour pouvoir ensuite mettre en place des projets.
 
Atonia Teriinohorai précise que parmi ses priorités, dès les cent premiers jours de mandature, se trouve la réfection “des routes de quartier, ça c'est urgent et ça ne coûte pas cher, et le tāvana a la possibilité de lancer ces travaux rapidement”.
 
Il compte également, dans les cent premiers jours, “sécuriser les zones d'attente des élèves aux arrêts de bus. Ça aussi, ça fait partie du lancement immédiat”. Selon lui, cela permettra que les élèves ne se retrouvent plus “les pieds dans la boue et dans le noir”. Même si cela relève de la compétence du Pays, Atonia Teriinohorai assure que “c'est aussi le rôle du tāvana de protéger ses enfants, la population, donc nous, on le fera”

Une réduction du coût de l'électricité à hauteur de 10 % avec EDT

Autre point soulevé par Te Mata U’i Moorea Maiao, la question de l’électricité. La tête de liste rappelle que le tāvana sortant Evans Haumani et son équipe voulaient, lors de la mise en place de l’Épic Te ito rau no Moorea-Maiao, “mettre un système pour dire que Moorea va gérer l'activité et apporter une baisse des coûts”.
 
Mais aujourd’hui, le constat est tout autre : “le coût n'a pas baissé”. Atonia Teriinohorai promet à son tour de faire baisser les factures “et ça, on le fera parce qu'avec les discussions qu'on a eues avec les dirigeants d’EDT Engie, ils peuvent réduire le coût de l'électricité à hauteur de 10 %”.
 
Ce dernier affirme vouloir “travailler avec” EDT et rappelle que lors du black-out en janvier 2025, “il ne faut pas être hypocrite, EDT est venu, c'est grâce à eux (que l’électricité est revenue, NDLR), ils ont les moyens. Ils ont les pièces pour les échanges. Ce sont eux qui sont venus réparer, donc on va travailler avec. On a besoin de travailler ensemble parce qu’EDT, c'est quand même un pilier depuis des années.”
 
Mais Atonia Teriinohorai admet quand même que “l’Épic de Moorea est une bonne chose si on l'encadre bien” et rappelle que lorsqu’on monte un Épic, “tu essaies de voir le budget fonctionnement de l'Épic et tu t’interroges si ça vaut le coup. Ils ont changé plusieurs fois de directeur, ce qui a un coût quand même. Donc nous, avec l'erreur qu'ils ont faite, on va essayer de faire mieux”.

“Wane, Aline et Moux, s'ils viennent, ils sont les bienvenus”

Actuellement, les administrés de Moorea peuvent s’exprimer sur l’installation ou pas d’une grande surface à Maharepa.
 
La liste Te Mata U’i Moorea Maiao insiste sur le fait qu’elle est pour la création d'emplois” et qu’elle est donc favorable à l’installation de cette grande surface. “Que ce soient les Wane qui sont déjà implantés, ou Aline et Moux, s'ils viennent, ils sont les bienvenus”. Il avance que cela fera des embauches. “Ça fera à peu près plus de 100 salariés, ce n'est pas moins (…) car ce sont des grandes structures. Tout le monde peut venir, il n'y a pas de problème pour nous, du moment qu’il y a de la création d'emplois.”
 
Selon le syndicaliste, s’il y a de l’emploi, cela va palier la consommation de drogue. “Cela ne va pas régler totalement, mais on y tient car cette drogue est un fléau aujourd'hui, et on se bat contre ça”.
 
Quant aux commerces situés au centre de Maharepa, qui craignent un impact sur leur activité, Atonia Teriinohorai ne pense pas “qu’ils vont fermer, parce que les magasins à côté, les perlicultures, ça n'a rien à voir avec le commerce”.
 
La liste Te Mata U’i Moorea Maiao donne la liberté à tout le monde, à toutes les entreprises, d'ouvrir un magasin, le but c'est d'avoir des prix vraiment à la portée de l'ensemble des travailleurs”. Pour lui, l’important c’est que ces grandes surfaces vont créer de l’emploi et “les salariés seront déclarés, et c'est bon pour la Caisse de prévoyance sociale, et c'est bon aussi pour ceux qui partent à la retraite”.
 
Il précise également que ces sociétés vont payer des taxes et des redevances à la commune, donc c’est de l’argent qui va rentrer dans les caisses de la collectivité.

Tema’e : Wane est “un des employeurs qui embauche 3 000 salariés”

L'hôtellerie est le premier facteur économique du Pays (…) donc, pour moi, c'est aussi la création d'emplois”, rappelle la tête de liste te Mata U’i Moorea Maiao, Atonia Teriinohorai.
 
Le syndicaliste rappelle d’ailleurs que lors d’une manifestation à Tema’e, il y est allé avec un collectif “pour dire que je suis d'accord pour la création d'emplois (…) et priorité aux gens de Moorea”. Il ajoute que Wane est “quand même un des employeurs qui embauche 3 000 salariés ici dans notre pays, et autant d’emplois indirects. C'est le seul qui investit ici pour la population, c'est 90 à 95 % de Polynésiens qui travaillent. Après, il y a les cadres et c'est à peu près 5 à 10 %”.
 
Mais la tête de liste de Te Mata U’i Moorea Maiao insiste sur le fait que “ce sont des capitalistes, je ne les défends pas. Si jamais ça ne va pas, par mon rôle de délégué, je vais manifester (…) je bloque, je n'ai pas d'état d'âme. Je me bats pour les salariés, c’est tout”.  
 
Il assure que de toute façon, ce dossier est “politique (…). Ils ont changé tellement de position. Et on ne sait plus maintenant où on est.”
 
Atonia Teriinohorai s’engage même “personnellement”. “S'il faut aller garder cet endroit pour Moorea, moi je vais me battre et je vais y aller (…). On va mettre des maisons dessus, on va aller habiter dessus. C'est comme ça qu'il faut faire. Mais les gens n'ont pas vraiment le courage d'y aller.”
 
Autre cheval de bataille de la liste de Te Mata U’i Moorea Maiao : que l’accès à la plage soit facile pour les administrés. “C'est une décision politique”, insiste Atonia Teriinohorai. Ce dernier rappelle que ce combat date “des anciens (…) c'est nécessaire (…). Pour moi, il n'y a pas de prix pour les enfants”

Lycée, car-bass, centre culturel, garderies…

Concernant les enfants, justement, il met en avant le “courage” des élèves de Moorea, qu’ils soient scolarisés sur l’île ou à Tahiti. “Ils ont le courage de prendre le bateau quand il y a des tempêtes. Après, c’est le calvaire à Tahiti pour aller à l'école, et pour revenir ici, il n'y a pas de bus”.
 
Concernant la question des car-bas qui divise la population, la liste de Te Mata U’i Moorea Maiao pense que le car-bass “c'est bien, mais il faut bien encadrer, on peut trouver un terrain à Opunohu, c'est loin, c’est grand”. Atonia Teriinohorai et son équipe demandent d’ailleurs la rétrocession du domaine de Opunohu à la commune.
 
Enfin, Atonia Teriinohorai souhaite la construction d’un centre culturel digne de ce nom” à Opunohu. Aujourd'hui, il y a des personnes qui ne savent pas parler tahitien (…). Les plantes médicinales, cela manque ici (…). Le centre culturel, ça fait de l'économie, ça donne de l'emploi pour tout le monde”, avance le syndicaliste.
 
Il est également question pour cette liste de mettre en place des marchés communaux ou encore des garderies communales qui pourraient être gérées par des privés.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 24 Février 2026 à 20:01 | Lu 506 fois