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Primaire: Hamon et Valls dans un duel unique sous tension



Benoît Hamon, nouveau favori, et Manuel Valls, qui a déclenché une "campagne totale" contre son rival, se retrouvent mercredi soir pour l'unique débat télévisé avant le second tour de la primaire socialiste, qui s'annonce sans merci.
Le ton est très vite monté entre les deux candidats mercredi matin, M. Hamon dénonçant "le poison" distillé selon lui par Manuel Valls et ses soutiens sur le thème de la laïcité.
Après avoir fait feu sur le revenu universel de l'ancien ministre de l'Education, l'ex-Premier ministre l'a en effet attaqué sur sa position en matière de laïcité, qui serait "ambiguë" face à l'islamisme radical. "Il y a un débat à gauche sur la conception de la laïcité", a-t-il assuré.
Les lieutenants vallsistes ont pris moins de gants, tel le député de l'Essonne Malek Boutih. Il accuse son collègue des Yvelines, élu de Trappes frappé par les nombreux départs de jihadistes, d'être "en résonance avec une frange islamo-gauchiste". 
"Vous voyez le poison, là, +ambigu sur le communautarisme+, c'est fondé sur rien", a réagi M. Hamon mercredi. "C'est: +L'élu de Trappes est forcément ambigu avec le communautarisme+, donc on distille un poison".
Dans ce qu'Olivier Dussopt, porte-parole de Manuel Valls, a baptisé la "campagne totale", ces coups suscitent l'enthousiasme de la bataille chez certains. Beaucoup de militants en revanche manifestent leur inquiétude.
"Les vallsistes mènent une politique de la terre brûlée. Ils cognent comme des sourds pour mobiliser un maximum, mais cela ressemble à une attitude de mauvais perdants", a dit mardi un soutien d'Arnaud Montebourg, rallié à Benoît Hamon et dont les électeurs seront décisifs au deuxième tour.
 

- "Pas le pays des bisounours" -

 
"Le débat d'idées, le débat sur la clarification, ce n'est pas le pays des bisounours", réplique le député pro-Valls Philippe Doucet. 
A partir de 21H00, sur TF1, France 2 et France Inter, les deux candidats seront interrogés par les journalistes Gilles Bouleau, David Pujadas et Alexandra Bensaid. Ils auront deux minutes par réponse et pourront répliquer s'ils sont interpellés.
Trois thèmes au programme: le travail, avec notamment le revenu universel; l'environnement et la transition énergétique; et la sécurité, le terrorisme et l'international.
Après 30 ans à naviguer dans l'appareil socialiste, Benoît Hamon et Manuel Valls, qui ont tous deux démarré parmi les jeunes rocardiens, se retrouveront dans le décor aux tons rose-rouge du studio de la Plaine-Saint-Denis, près de Paris.
Dès l'annonce de sa deuxième place dimanche, Manuel Valls, crédité de 31,2% des voix (selon des résultats validés sur 94,4% des bureaux de vote) est passé à l'offensive contre Benoît Hamon (35,9%).
Il le considère comme le candidat des "promesses irréalisables" et l'accuse de lancer le "sable des illusions", ce qui le prédestine, selon lui, à une "défaite assurée" à la présidentielle.
L'identité du vainqueur de cette primaire, dont la participation a été jugée assez moyenne (1,6 million de votants au premier tour) aura aussi d'importantes conséquences sur les rapports de force entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Et sans doute sur l'avenir du PS et son positionnement futur.
S'ils gagnent la primaire, Hamon et Valls ont chacun écarté l'hypothèse d'un désistement pour un autre candidat.
Les quelque 300 parlementaires "légitimistes", qui ont soutenu la ligne Hollande-Valls jusqu'au terme du quinquennat, se rangeront-ils derrière Benoît Hamon s'il l'emporte, ou préfèreront-ils rallier M. Macron? 
Bernard Cazeneuve, insistant mardi sur l'appel à la mobilisation, a semblé défendre Manuel Valls. "On ne peut pas gagner l'élection présidentielle si on n'est pas ardemment dans la défense" du quinquennat, a-t-il dit.
Ségolène Royal pourrait ne pas soutenir le candidat socialiste. "Ce que je soutiendrai, c'est le rassemblement, avec le vainqueur des primaires bien évidemment (…), ou avec Emmanuel Macron", a-t-elle dit mercredi.
Abstentionniste au premier tour pour cause de déplacement en Amérique du sud, François Hollande ne votera pas non plus au second, selon son entourage.
Les trois premiers débats de la primaire ont été suivis respectivement par 3,8 millions, 1,7 million et 3,1 millions de téléspectateurs. Lors de la primaire de droite, c'est le dernier débat, Juppé-Fillon, qui avait été le plus suivi (8,5 millions).

avec AFP

Rédigé par RB le Mercredi 25 Janvier 2017 à 05:50 | Lu 167 fois




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