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Premiers pas de la télémédecine en Polynésie



PAPEETE, le 9 août 2017 - Le lundi 31 juillet, la CPS et Fenua MedEx ont signé la première convention pour un projet de télémédecine sur le territoire polynésien. Alors que cela fait plus de 20 ans que le sujet apparaît comme un serpent de mer de l'organisation sanitaire locale, cette convention est le premier pas vers la concrétisation et la mise en place de la télémédecine en Polynésie.

Cela faisait 20 ans que cette ambition polynésienne était dans l'impasse, bloquée. " Mettre en place une télémédecine au service des soins primaires dans les archipels" est le sixième axe d’intervention et les orientations du Schéma d’organisation sanitaire 2016-2021 (SOS 2016-2021), alors que la télémédecine était déjà inscrite au SOS de 2002, la voie semble enfin se dégager.

En effet, le 2 juillet 2016, le ministère de la Santé et de la Recherche et la société Fenua MedEx signaient un contrat de projet pilote de médicalisation par la télémédecine pour l'atoll de Tetiaroa. Le 31 juillet dernier, au tour de la Caisse de prévoyance sociale de s’engager par convention, pour un an, avec cette même société. Cette signature ouvre enfin la voie à la télémédecine en Polynésie. " La convention va permettre à cette société d'avoir une assise bien plus solide pour pouvoir continuer à travailler et elle permettra à la CPS d'avoir une visibilité sur les actions de santé que cette société va mener à Tetiaroa", indique le ministre de la Santé et des Solidarités, Jacques Raynal.

La télémédecine c'est un sujet qu'il connaît bien, puisqu'il est, avec Hervé Vergeaud et Cléo Mourareau, à l'origine du projet de Fenua MedEx. Il s'est retiré du projet lors de sa nomination en tant que ministre de la Santé et des Solidarités.

Cette forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication est particulièrement adaptée aux particularités géographiques de la collectivité. D'ailleurs, le Docteur Rogeau, télémédecin pour Fenua MedEx, ne comprend pas que la Polynésie soit à peine en train de se mettre à la télémédecine. "C'est l'outil idéal pour un territoire comme la Polynésie française. Je n'arrive pas à comprendre que ce ne soit pas déjà en place. Nous parlions déjà de télémédecine quand j'étais à la faculté en 2002… ça fait plus de dix ans. C'est une perte de temps incroyable", s'agace le médecin généraliste.

Les travailleurs en poste sur des sites isolés, comme au Brando, à Marutea Sud ou encore ceux de l'Aranui, de Nukutepipi… paient leurs cotisations sociales, mais n'ont pas accès aux soins. La dispersion des îles du territoire explique la situation et ce malgré un réseau de santé publique très présent dans les îles et les archipels. "C'est une sorte de péché par omission", analyse Hervé Vergeaud, actionnaire et infirmier coordinateur de Fenua MedEx. "Les employeurs ne savaient pas trop ce qu'il fallait faire. Ils se sont organisés à la débrouille". Il ajoute, "Certains patrons on fait des demandes d'ouverture de dispensaire à la santé publique. Ils ont essuyé des refus parce que c'étaient des iles privées. C'est une situation qui s'est enkystée toute seule. En Polynésie, on estime à 800 le nombre de travailleurs sur site isolé n'ayant pas directement accès à un médecin. Que rien ne soit prévu pour ces gens, cela me semble un peu étrange", conclut-il.


trois fois moins d'arrêts maladie

Hervé Vergeaud, Cléo Mourareau, fondateurs de Fenua  le Docteur Renaud Rogeau et Léa Gueguan, infirmière
Hervé Vergeaud, Cléo Mourareau, fondateurs de Fenua le Docteur Renaud Rogeau et Léa Gueguan, infirmière
Fenua MedEx s'inscrit directement dans cette optique puisque la société a pour objet la médicalisation de population en situation d'isolement géographique. La convention concerne l'atoll de Tetiaroa. "La télémédecine existe sur le territoire de manière non encadrée depuis des années. Tous les postes isolés y ont recours quand ils appellent un médecin référent pour un avis médical ou un diagnostic. On fait de la télémédecine en Polynésie depuis plus de 20 ans. Nous n'avons rien inventé. Nous avons juste encadré la pratique. Nos infirmiers font appel au médecin généraliste, chaque recours. L'idée est de ne pas dégrader la prise en charge des patients. Nous voulons qu'il y ait systématiquement un avis médical", précise Hervé Vergeaud.

Sur le terrain, c'est un vrai soulagement pour Hervé Vergeaud et Cléo Maurareau : "en signant cette convention, la CPS a pérennisé l'activité. Si nous n'avions pas signé fin juillet, nous aurions tout arrêté même si cela représentait quatre ans de travail pour rien", explique-ils. "Avant la signature de cette convention, notre médecin n'était pas rémunéré sur ses actes. Il a accepté de collaborer avec nous en sachant qu'il n'était pas rémunéré parce qu'il croit au projet", raconte la gérante de Fenua MedEx. La société fait tourner aujourd'hui un télémédecin disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et un pool de sept infirmiers patentés. En 2016, Fenua medEx a effectué 946 consultations. Selon nos informations depuis que l’hôtel The Brando a recours à la télémédecine, le nombre d'arrêt maladie a été divisé par trois.

"Notre projet initial c'est de montrer qu'un système de télémédecine peut être rentable tout en étant au service de la population. Nous avons basé les calculs de notre système sur un télémédecin pour un bassin de 1000 habitants. L'originalité de notre système c'est que nous travaillons per capita. À Tetiaroa nous comptons 200 habitants, à Marutea nous estimons le nombre à 100. Aujourd'hui, nous gérons 300 personnes. Notre projet est à 30 % de sa capacité. Nous faisons un calcul par tête d'habitant. C'est en quelques mots notre avenir en terme d'économie de santé", résume Hervé Vergeaud.

Maintenant que la première convention a été signée, le projet de Fenua medEx est" d'arriver à être conventionné pour Marutea sud et Nukutepipi. L'idée c'est de proposer à la santé publique de médicaliser un atoll de manière conventionnelle, comme une expérience. L'idée aussi c'est de montrer que le privé et le public peuvent travailler en collaboration pour le bien de la population."

Trois questions à Jacques Raynal, ministre de la Santé – " Nous sommes sur les rails d'un développement de la télémédecine "

La convention signée avec Fenua medEx a été signée alors même que le Pays affiche sa volonté de développer la télémédecine?
Le ministère de la Santé et le gouvernement sont très intéressés par tout ce qui concerne la e-Santé et grâce au développement actuel avec le schéma d'organisation de développement du numérique, puis le câble qui est développé et qui relie les archipels entre eux, évidemment que ce type de convention va être un modèle à suivre pour pouvoir développer d'autres actions de télémédecine qui ne concernent pas uniquement la téléconsultation, ça peut être aussi la télé-assistance ou de la télé-expertise.
Par exemple, à l'hôpital de Raiatea, il existe déjà des transmissions de téléconsultation au niveau de l'APURAD, mais on peut tout à fait développer ce système-là d'une autre façon.

Il y a-t-il vocation à une certaine collaboration entre le privé et le public sur ce secteur ?
Je le dis depuis très longtemps sans chercher à être entendu, je pense que ça vient petit à petit dans la mesure où on sent bien que le public à ses difficultés et que le privé pourrait, dans une certaine mesure, combler ou pallier les difficultés du public. Nous sommes maintenant dans une démarche de conjonction public-privé que nous allons essayer de formaliser et de modéliser pour voir dans quelle condition untel pourrait agir à la place de celui-ci ou en coopération avec celui-là.


Les avancées du secteur privé permettent-elles celles du public ?
Les acteurs privés, en parlant des médecins, font de la télémédecine depuis de nombreuses années pour certains notamment en radiologie. Il y a d'autres possibilités qui ont été développées au niveau de l'hôpital notamment et de la télésurveillance par exemple. D'autres acteurs peuvent venir dans ce domaine notamment Europ-assistance Océanie qui souhaite développer un système de téléassistance. Je pense que nous sommes au début d'un processus. Il y a probablement des hésitations, des essais, des expériences mais nous sommes sur les rails d'un développement de la télémédecine en général, pour les années à venir.


Lexique

La télémédecine : Partie de la médecine qui utilise la transmission par télécommunication d'informations médicales (images, enregistrements, etc.), en vue d'obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, une surveillance continue d'un malade, une décision thérapeutique.

La Téléassistance : Service d’assistance à distance permettant à une personne vivant seule d’être mise en relation, par un simple appel, avec des personnes désignées ou un service d’urgence.

La téléconsultation : cette pratique de télémédecine permet à un professionnel médical de consulter un patient à distance. Dans le cadre d’une téléconsultation, le patient peut avoir à ses côtés un professionnel de santé assistant le professionnel à distance ainsi qu’un psychologue,

La téléexpertise : cette pratique de télémédecine consiste, pour un professionnel médical, à solliciter l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux experts à partir d’éléments du dossier médical du patient,

La télésurveillance médicale : cette pratique de télémédecine permet à un professionnel de santé d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical du patient pour prendre des décisions sur sa prise en charge.

Le dossier médical partagé (DMP) :
le Dossier Médical Partagé (DMP) conserve les données de santé en ligne. Il permet de partager les informations médicales avec médecin régulateur et tous les professionnels de santé que le patient rencontre sur son parcours de soins. Il permet d'accéder rapidement à l'historique médical du patient et de connaître des informations essentielles en cas d'urgence (diabète, allergies, traitement médical en cours, opérations subies…)
*Definitions trouvées dans le Larousse et sur le site de l'assurance maladie

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Jeudi 10 Août 2017 à 04:00 | Lu 3845 fois





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