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Première Rencontre des entrepreneurs de Polynésie : “La confiance, c'est vraiment quelque chose d’important”


Tahiti, le 25 septembre 2025 - Le Medef-Polynésie veut faire de la première Rencontre des entrepreneurs du Fenua un temps de réflexion sur les conditions nécessaires au développement des entreprises. Fiscalité, réglementation, formation, accompagnement et innovation seront au cœur de cette journée organisée le mardi 27 octobre au Hilton Tahiti.    

Pour Yannick Cadet, président du Mouvement des entreprises de France en Polynésie Polynésie (Medef), difficile de parler de développement économique sans parler de la capacité des entrepreneurs à se projeter. La première Rencontre des entrepreneurs de Polynésie, sera organisée le mardi 27 octobre au Hilton Tahiti. L’événement se fait fort d’être un lieu de réflexion sur les moyens de donner davantage de visibilité aux entreprises et de favoriser leur développement. Son thème très explicite est “Cap Croissance”.    

Le Medef-Polynésie entend y réunir entrepreneurs, dirigeants, experts, décideurs publics et partenaires institutionnels autour d'une même question : comment faire grandir l'économie polynésienne dans un territoire marqué par son insularité ?    Pour Yannick Cadet, le contexte est complètement propice à cette réflexion. Car, la Polynésie connaît actuellement une croissance modérée. Mais plutôt que de se satisfaire de cette situation, le président du Medef estime qu'il faut déjà préparer la suite. “On est dans un contexte aujourd'hui où il y a une croissance qui est modérée, mais il y a de la croissance. Il y a 2 % d'augmentation du PIB en 2025. Donc c'est précisément à ce moment-là qu'on doit se poser la question de préparer la suite.”    

L’ambition du directeur Général de Poe-ma insurances est d'aller chercher davantage de croissance : “On doit pouvoir aller chercher 5 à 7 points de croissance du PIB, ce qui va générer derrière la création d'emplois et d’activité.”    Pour y parvenir, il estime que les entreprises doivent pouvoir investir, recruter, innover et surtout changer d'échelle. “Il y a un véritable tissu entrepreneurial. Il y a un vivier d'entreprises qui est important, mais il y a aussi un vivier principalement constitué de petites entreprises”, expose-t-il. La question est donc, selon lui, de savoir comment permettre à ces petites entreprises de grandir “pour faire en sorte que demain, elles soient moyennes, puis de grandes entreprises”.    

​“Les cartes, on les a en main”


“Entreprendre c'est prendre des risques, essayer de les mesurer, de les maîtriser. Donc pour entreprendre il faut avoir de la visibilité”, développe Yannick Cadet. Le président du Medef insiste notamment sur la stabilité de la réglementation. “Quand les règles ne sont pas stables, elles ne sont pas prévisibles. Évidemment que ça contraint la volonté d'innover, que ça contraint la volonté d'entreprendre. Ça fait peur.” Fiscalité, réglementation, droit du travail, innovation, numérique ou connectivité : autant de leviers sur lesquels, selon lui, la Polynésie dispose pourtant de marges de manœuvre.    

“Les cartes, on les a en main”, dit-il. Il cite notamment la capacité du Pays à définir sa fiscalité, son droit du travail et une partie de son cadre réglementaire.    

Cette question de la confiance commence, aussi, bien avant les difficultés. Yannick Cadet estime qu'un autre enjeu se situe dans la formation des futurs entrepreneurs et dans leur capacité à comprendre les mécanismes économiques de leur propre entreprise. Une lacune qui peut avoir des conséquences concrètes lorsqu'une personne se lance dans la création d'une très petite entreprise.    

“C'est certainement un élément qui fait qu'il y a pas mal d'entreprises qui disparaissent parce que la gestion financière et comptable de l'entreprise n'avait pas été faites correctement.” Il cite notamment une erreur de compréhension fréquente entre chiffre d'affaires et bénéfice.    

Un autre problème évoqué : les chefs d'entreprise ne demandent pas nécessairement de l'aide lorsqu'ils commencent à rencontrer des problèmes. “On n'a pas toujours l'information. Ce sont souvent des personnes qui le vivent un peu mal, elles ont un peu honte. Donc elles ne partagent pas forcément. Et quand on l'apprend, il est parfois trop tard.”    

D'où la nécessité, selon lui, de mieux mobiliser l'ensemble de l'écosystème économique autour des entreprises. Cette réflexion sera l'un des fils conducteurs de la journée du 27 octobre.    

Faire de la Polynésie “un laboratoire”


Cette réflexion sur l'innovation ouvre aussi une autre piste défendue par Yannick Cadet : celle d'une Polynésie capable de tester des solutions qui pourraient ensuite être exportées vers d'autres territoires. “Je pense qu'un petit pays doit avoir une capacité d'agilité supérieure à celle d'un grand pays.”  L’exemple du Swac [un système de climatisation utilisant l’eau fraiche des profondeurs marines, NDLR], développé en Polynésie, démontre qu'une innovation née dans un contexte insulaire peut convaincra à l’international.    

Yannick Cadet évoque aussi, à titre d'exemple, la possibilité de tester des véhicules autonomes sur le territoire. Avec un réseau routier insulaire, moins dense et plus limité que celui de grands pays, certaines expérimentations pourraient selon lui être plus faciles à organiser. “Je pense que sur un certain nombre de sujets, on doit avoir la capacité d'être ce laboratoire d'expériences.”    

La journée Rencontre des entrepreneurs ne sera pas seulement une succession de prises de parole. L’événement débutera à 8 heures avec une conférence inaugurale, suivie de quatre tables rondes. La première, consacrée à la création, la reprise et la transmission d’entreprises, posera la question de l’autonomie économique de la Polynésie. La deuxième s’intéressera aux freins à la croissance des entreprises, notamment en matière de fiscalité, de talents et d’administration. Après le déjeuner, les échanges porteront sur le numérique, l’intelligence artificielle et l’innovation dans un petit marché comme la Polynésie, avant une dernière table ronde consacrée aux infrastructures, au droit, à la concurrence et à la simplification administrative. La journée doit se terminer à 16h30.    

Une première édition appelée à se renouveler ? Pour cette première édition, le Medef veut rester sur un format d'une journée, dense mais suffisamment ouvert pour permettre les échanges. Des temps de pause sont prévus entre les différentes séquences, avec l'idée de favoriser les rencontres entre entrepreneurs et décideurs.    

Le président du Medef-Polynésie assume le caractère expérimental de cette première édition. Mais il imagine déjà des échanges avec d'autres territoires insulaires, notamment la Nouvelle-Calédonie et les autres réseaux Medef du Pacifique. L'idée serait de mutualiser certaines réflexions et certains moyens.    

Le syndicat patronal veut faire de cet événement un rendez-vous annuel et une première étape pour mettre autour de la même table ceux qui entreprennent, ceux qui décident et ceux qui accompagnent les entreprises. 

Rédigé par Violaine Broquet le Vendredi 25 Septembre 2026 à 18:58 | Lu 188 fois