Adduction en eau potable et assainissement des eaux usées, préservation des ressources et prévention des inondations font partie des objectifs fixés par le plan d'actions 2026-2030 (Crédit : archives Tahiti Infos).
Tahiti, le 15 janvier 2026 - 10,6 milliards de francs, c’est le montant alloué au plan d’actions 2026-2030 de la Politique de l’eau de la Polynésie française. Il se décline en trois axes : soutenir les communes en matière d’eau potable et d’assainissement des eaux usées, améliorer la connaissance et la gestion des ressources naturelles en prenant en compte la prévention des inondations, et adapter la gouvernance aux contextes locaux. Parmi les nombreux objectifs fixés, un “chantier majeur” passera par une loi du Pays dédiée à la protection des ressources en eau et des milieux humides.
Le deuxième plan d’actions (2026-2030) de la Politique de l’eau de la Polynésie française a été approuvé en conseil des ministres. Annexé à l’arrêté du 13 janvier 2026, le document de 39 pages dresse un état des lieux dans la continuité du premier plan d’actions (2021-2025) et fixe des objectifs à atteindre, chiffres à l’appui. “La Politique de l’eau instaure un premier cadre de gestion intégrée des ressources en eau associant les enjeux sanitaires, économiques et environnementaux, ainsi que la problématique du changement climatique et des risques naturels”, est-il rappelé en préambule.
Elle se décline en trois grandes orientations stratégiques dans le périmètre d’intervention du Pays : le soutien aux communes dans la mise en œuvre des compétences environnementales (eau potable et assainissement des eaux usées), la connaissance et la gestion durable de la ressource en eau douce et une gouvernance adaptée aux contextes locaux. Ce nouveau plan se compose de 71 actions et 20 résultats attendus pour un montant estimé à 10,6 milliards de francs, dont 10,2 en investissement.
Le deuxième plan d’actions (2026-2030) de la Politique de l’eau de la Polynésie française a été approuvé en conseil des ministres. Annexé à l’arrêté du 13 janvier 2026, le document de 39 pages dresse un état des lieux dans la continuité du premier plan d’actions (2021-2025) et fixe des objectifs à atteindre, chiffres à l’appui. “La Politique de l’eau instaure un premier cadre de gestion intégrée des ressources en eau associant les enjeux sanitaires, économiques et environnementaux, ainsi que la problématique du changement climatique et des risques naturels”, est-il rappelé en préambule.
Elle se décline en trois grandes orientations stratégiques dans le périmètre d’intervention du Pays : le soutien aux communes dans la mise en œuvre des compétences environnementales (eau potable et assainissement des eaux usées), la connaissance et la gestion durable de la ressource en eau douce et une gouvernance adaptée aux contextes locaux. Ce nouveau plan se compose de 71 actions et 20 résultats attendus pour un montant estimé à 10,6 milliards de francs, dont 10,2 en investissement.
Soutenir les communes
Sans cesse reportés, les impératifs en matière de distribution d’eau potable et d’assainissement des eaux usées fixés par le Code général des collectivités territoriales (CGCT) pèsent sur les communes. Pour garantir aux administrés une eau de bonne qualité et en quantité suffisante, le Pays s’engage donc à poursuivre un “fort soutien” financier aux opérations communales, notamment à travers le Contrat de développement et de transformation (CDT) en partenariat avec l’État. Une évolution des textes réglementaires est en marche, associée à la mise à disposition d’outils administratifs, comme des “documents types”. Plusieurs difficultés potentielles sont toutefois soulignées comme l’insuffisance des crédits des partenaires financiers et l’augmentation des coûts.
En matière de développement des services publics, l’objectif est d’atteindre 70 % de la population ayant accès à l’eau potable en 2030, contre 62 % en 2024, et 12 000 m3 par jour d’eaux usées traitées par des stations d’épuration publiques, contre 8 800 en 2024 (lire encadré ci-dessous). Ce soutien concerne aussi les familles, à travers la mise en place d’un dispositif d’aide aux ménages pour l’acquisition d’un total de 600 citernes individuelles.
Préserver la ressource
Mieux connaître l’état de la ressource en eau douce pour tendre vers une meilleure gestion, c’est la deuxième priorité de ce plan d’actions. “Parcellaires et incomplètes”, ces connaissances des milieux naturels vont être consolidées en incluant les pressions exercées (changement climatique, activités humaines, etc.) à travers la structuration du Système territorial d’observation et de contrôle des ressources en eau. Il s’agira aussi d’instaurer les bases d’une gestion durable et de repenser les outils d’aménagement des cours d’eau en intégrant l’écologie et la culture, mais aussi la prévention des inondations (lire encadré ci-dessous).
En parallèle, des schémas de gestion de l’eau à différentes échelles émergent : le premier schéma territorial en cours d’élaboration est celui des Tuamotu, tandis que les bassins versants de Fautaua et Punaru’u sont les premiers concernés, le prochain sur la liste étant Papeno’o. Les données collectées seront “bancarisées” et diffusées à l’aide d’outils numériques, dont un “portail de l’eau” hébergé sur le site de la Direction de l’environnement (Diren).
Un “chantier majeur” consistera à élaborer et faire adopter une loi du Pays dédiée à la protection des ressources en eau et des milieux humides ; un cadre réglementaire structurant qui viendra compléter le volet “Protection de la ressource en eau” du Code de l’environnement. Ce projet de loi intégrera notamment les dispositions relatives à la “police de l’eau” et aux usages susceptibles d’impacter la ressource.
Une gouvernance adaptée
“La période 2021-2025 a permis de poser les bases (...) en structurant le pilotage autour du Copil et du Cotech, et en renforçant la coordination de la politique par un poste dédié”, est-il précisé. Le plan d’actions 2026-2030 poursuit cette dynamique “en consolidant les moyens organisationnels, humains et techniques nécessaires à la mise en œuvre opérationnelle” et “en développant des mécanismes de coordination intersectorielle, dont une synthèse biennale des actions et une classification budgétaire rénovée”. Cet effort de cohérence vise à systématiser l’intégration des enjeux de gestion durable de l’eau dans les politiques publiques (un objectif de sept politiques sectorielles est fixé pour 2030).
Le Pays mise aussi sur la coopération régionale et internationale par le biais de partenariats, comme la récente adhésion à la Pacific Water & Wastewater Association (PWWA). Pour la période 2021-2027, la Politique de l’eau polynésienne bénéficie également d’une enveloppe européenne de plus de 3 milliards de francs. Localement, les actions de sensibilisation seront renforcées à travers des outils pédagogiques à destination des scolaires, mais aussi du grand public via l’élaboration d’un “guide des bonnes pratiques en rivière” et de communications ciblées (professionnels et particuliers). Un vaste chantier tourné vers l’avenir, tandis qu’une seconde Politique de l’eau “CAP 2040” se profile, destinée à “prolonger, actualiser et renforcer” les orientations de la première stratégie.
Le défi de l’assainissement
Aussi fondamental que la distribution en eau potable, l’assainissement des eaux usées n’en est pas au même stade malgré les enjeux sanitaires, environnementaux et économiques autour de la collecte, du traitement et des rejets dans le milieu naturel. En 2025, moins de la moitié des communes disposent d’un schéma directeur d’assainissement des eaux usées. Punaauia, Papeete, Moorea-Haapiti et Bora Bora sont dotées d’infrastructures collectives permettant de traiter des eaux usées produites par l’équivalent de 13 % de la population. La communauté de communes Teporionu’u a lancé pour 2025-2029 un projet à 5 milliards de francs de pose d’un réseau principal permettant d’acheminer les eaux usées des communes de Pirae et Arue à la station d’épuration de Papeete.
Concernant l’assainissement autonome, on dénombre environ 250 petites stations d'épuration, principalement à Tahiti, en partie dysfonctionnelles ou vétustes. Seule Bora Bora dispose d’un service public d’assainissement non collectif (SPANC), tandis qu’un projet similaire émerge au sein de la communauté des communes du sud de Tahiti (Terehēamanu) à travers une demande de financement en faveur d’un projet d’unité de traitement. Outre la poursuite du soutien financier aux communes, un “effort important” est prévu pour la mise aux normes d’une dizaine de stations d’épuration de lotissements sociaux de l’Office polynésien de l’habitat (OPH). Dans ce contexte, le contrôle des dispositifs d’assainissement des eaux usées apparaît “indispensable” ; la réglementation relative à l’hygiène des eaux usées sera d’ailleurs actualisée.
Au delà des contraintes, le territoire se positionne aussi comme force de proposition : “À l’occasion des ateliers de concertation relatifs à l’élaboration de la Politique de l’eau, divers besoins ont émergé, notamment la recherche de solutions innovantes d’épuration adaptées au contexte local et la création d’outils opérationnels pour répondre partiellement à un manque d’ingénierie communale. (...) Le Pays prévoit de mettre en valeur le retour d’expérience sur l’exploitation de certains dispositifs pilotes, tels que la phyto-épuration par jardins filtrants ou l’utilisation de procédés biologiques compacts et modulaires. Les procédés de traitement des boues ou des graisses peuvent également faire l’objet de retour d’expérience pour les îles éloignées.”
Eaux pluviales et inondations
Parmi les résultats attendus, il convient que les cours d’eau soient “aménagés dans un objectif de protection des biens et des personnes, et de lutte contre les inondations”. Les enjeux autour des caniveaux et autres exutoires du domaine public routier sont également évoqués, drainant les eaux de pluie et diverses pollutions vers les rivières. La protection des milieux naturels doit être davantage intégrée au programme de curage et de recalibrage des cours d’eau mené par la Direction de l’équipement (DEQ). Le diagnostic écologique des rivières devrait être mis à jour, tandis que la restauration de certains tronçons à Tahiti et Moorea est prévue via le projet Tah’ora porté par des chercheurs et la Diren. Autre piste envisagée : la collecte des eaux pluviales par des infrastructures de rétention d’eau à usage agricole.

























