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Opération sauvetage numérique pour le joyau chinois de l'art bouddhique



Opération sauvetage numérique pour le joyau chinois de l'art bouddhique
DUNHUANG (Chine), 25 mai 2013 - Déplaçant méthodiquement leur boîtier photographique sur un rail fixé à un échafaudage, des spécialistes illuminent avec un flash puissant la voûte d'une grotte finement décorée de danseuses apsaras polychromes dessinées il y a 1.400 ans.

Les éclairs et les clichés se succèdent, faisant apparaître des scènes de chasse, un Bouddha pacificateur, des divinités volantes, des cavaliers en amazone, des bodhisattvas, des caravansérails... la richesse des fresques de Dunhuang, dans le nord-ouest de la Chine, semble infinie.

La numérisation en cours de ces chefs-d'oeuvre rupestres s'inscrit dans un ambitieux projet pour les sauver. Dunhuang constitue un sommet de l'art bouddhique universel.

"C'est ici que se rencontrent les arts chinois, gréco-romains, islamiques et indiens", souligne Mimi Gates, ancienne directrice du Seattle Art Museum, belle-mère de Bill et l'une des grandes figures du soutien international à Dunhuang.

Les experts ont sonné la mobilisation générale pour les peintures murales, alarmés par l'afflux des touristes, essentiellement chinois.

Le site avait reçu 670.000 visiteurs en 2011. Le chiffre a bondi à 800.000 en 2012. On y a enregistré jusqu'à 18.000 entrées en une journée lors des derniers congés annuels d'octobre, soit six fois plus que le plafond préconisé de 3.000 visites quotidiennes. Cela met en péril de fragiles équilibres.

"Quand les touristes entrent dans les grottes, l'humidité, la température et le CO2 augmentent brusquement, et ces taux redescendent ensuite lentement", explique le professeur Wang Xudong, directeur-général de l'Académie de Dunhuang, l'organisme public chargé de gérer et sauvegarder le lieu.

"Au sein des fresques murales elles-mêmes se trouvent beaucoup de sels naturels qui ont filtré des rochers en 1.200 ou 1.500 ans, l'âge de ces peintures. C'est très perturbateur", confirme Neville Agnew, spécialiste en chef du Getty Conservation Institute, qui travaille avec l'Académie de Dunhuang depuis un quart de siècle.

"Le problème principal est que les portes (des grottes) doivent être ouvertes pour laisser entrer les visiteurs et, si l'humidité externe dépasse un seuil critique, comme cela arrive en été, alors les sels peuvent l'absorber et cela déclenche un processus de détérioration", ajoute-t-il.

Dunhuang est une oasis dans le désert et un carrefour millénaire sur la Route de la soie. Ses grottes de Mogao --quelque 500 cavités creusées dans une falaise-- sont dépositaires de mille ans d'art bouddhique, à partir du IVe siècle. Elles figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987.

Les experts au chevet des fresques doivent relever un défi majeur : comment en limiter l'accès sans frustrer les visiteurs ?

"Tous les Chinois dans leur enfance se voient enseigner ce qu'est Dunhuang, qui fait partie des grands sites célèbres. Alors, une fois devenus adultes, ils veulent venir ici, surtout qu'ils peuvent désormais se l'offrir", rappelle M. Agnew.

L'objectif est de réduire le temps que les touristes passent dans les grottes, tout en leur exposant quand même l'intérieur grâce aux reproductions numériques, explique le professeur Wang.

Concrètement, l'accueil des visiteurs sera radicalement modifié dès l'année prochaine. La prise en charge se fera dès l'aéroport, seule réelle porte d'entrée des touristes, en passant par un système de réservation et un circuit.

"Ce site va devenir l'un des meilleurs sur le plan de la gestion du public, en Chine sinon dans le monde", assure Neville Agnew. "Le libre accès --se présenter ici, acheter un ticket et entrer-- ne sera plus possible".

Un "cinéma dôme", actuellement en construction, diffusera les images haute définition des peintures. Et le temps de présence dans les grottes réelles sera raccourci.

"La visite standard comptera dix grottes, dont deux ou trois parmi celles que l'on juge prioritaires pour les visiteurs", assure M. Agnew.

D'où les bouchées doubles mises pour numériser peintures et sculptures. La pinacothèque de Dunhuang couvre une surface de 45.000 mètres carrés. L'équivalent d'un mur haut de trois mètres et long de... 15 kilomètres. Une tâche heureusement déjà entamée depuis plusieurs années.

"La numérisation est très ardue. Nous avons débuté dans les années 1990 mais à l'époque ce fut un échec. Nous avons poursuivi dans les années 2000 grâce aux progrès technologiques", relate Wang Xudong.

"Nous avons six équipes à l'oeuvre ici, avec un rythme de travail intensif. Chacune peut numériser trois à quatre grottes par an".



Par Sébastien BLANC

Rédigé par AFP le Vendredi 24 Mai 2013 à 22:28 | Lu 399 fois






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